📌 Affaire Mazan : les enquêteurs découvrent un second téléphone et des preuves de manipulation à distance chez Dominique Pélicot
Posted 21 février 2026 by: Admin

L’Enquête Qui A Fait Basculer L’Affaire : Des Découvertes Progressives Glaçantes
Tout commence par une perquisition de routine au domicile de Dominique Pelicot. Les enquêteurs mettent la main sur un téléphone sans carte SIM et un caméscope, des objets qui ne suscitent alors qu’une vague méfiance. Chargé d’extraire les données du téléphone, le sous-brigadier Laurent-Perrier ne mesure pas encore l’horreur qui se cache dans la mémoire de l’appareil. Première anomalie : l’interface est presque vide, à l’exception de Skype et de la galerie photos.
En ouvrant l’application Skype, le policier découvre une liste de pseudonymes. Il clique sur la première conversation et tombe sur un message qui le glace. « Je bugue et je me demande si j’ai bien compris ce que je viens de lire. C’était la recette où il expliquait qu’il donnait dix cachets de Temesta 2.5 à son épouse pour l’endormir, et qu’il pouvait venir après », révèle-t-il dans le podcast Crimes et témoignages. Un protocole méthodique, détaillé comme une notice d’utilisation : administrer les anxiolytiques, attendre l’endormissement profond, puis mettre la victime à disposition d’inconnus recrutés en ligne.
Malgré cette découverte accablante, Dominique Pelicot est libéré à l’issue de sa garde à vue. Mais Laurent-Perrier refuse d’abandonner. Il reprend l’analyse du téléphone, persuadé que d’autres secrets sommeillent dans les données numériques. Ce qu’il va découvrir ensuite dépassera ses pires craintes.

Course Contre La Montre Numérique : Quand Le Suspect Efface Les Preuves À Distance
Laurent-Perrier replonge dans l’application Skype, déterminé à percer le système de Pelicot. Il y découvre une multitude de messages et des photos grisées, inaccessibles. Au fil de ses lectures, il comprend le stratagème : pour accéder aux fichiers du téléphone sans carte SIM, le suspect se connecte à un réseau wifi. Cette découverte technique ouvre la voie à une première révélation choc : des clichés de jeunes filles de 16 à 18 ans, endormies et attachées, « style sado-masochiste ».
Mais alors que le policier poursuit son inspection, un phénomène inquiétant se produit. « La première conversation disparaît, la deuxième conversation disparaît », raconte-t-il. Pelicot, connecté à distance, efface les preuves en temps réel. Une course contre la montre s’engage. Laurent-Perrier réagit immédiatement : il coupe le wifi et bascule son téléphone en mode avion pour « figer les messages pour ne pas qu’ils disparaissent ». Un réflexe salvateur qui préserve les éléments compromettants.
L’affaire prend une ampleur insoupçonnée. Dominique Pelicot est également impliqué dans deux autres crimes graves. Les téléphones sont alors transmis à une unité spécialisée en cybercriminalité, seule capable de sécuriser définitivement les données. Ce que ces experts vont extraire de la carte mémoire va révéler l’existence d’une victime principale, une femme soumise pendant des années à un calvaire méthodiquement orchestré.

La Découverte De La Victime Principale : Gisèle Pelicot Dans L’Objectif De Son Mari
L’unité cybercriminalité poursuit l’exploitation de la carte mémoire. C’est là qu’apparaît une image qui glace le sang des enquêteurs : une femme âgée, dénudée, en porte-jarretelles, allongée sur un lit, le corps totalement inerte. Laurent-Perrier comprend immédiatement qu’il ne s’agit pas d’une simple photographie, mais de la preuve visuelle d’un système criminel d’une tout autre ampleur.
En croisant cette découverte avec les conversations Skype et les vidéos extraites, le mécanisme se dessine avec une clarté effroyable. Dominique Pelicot droguait son épouse Gisèle avec des anxiolytiques, la plongeait dans un état d’inconscience totale, puis la livrait à des inconnus recrutés sur une plateforme de rencontres. Chaque agression était filmée, archivée, documentée avec une méticulosité glaçante.
Les fichiers s’accumulent. Les enquêteurs commencent à quantifier l’horreur : environ 300 viols estimés, perpétrés sur plusieurs années. Un chiffre vertigineux qui révèle non pas un acte isolé, mais un système organisé, répété, minutieusement orchestré. Gisèle Pelicot ignorait tout de ce calvaire nocturne. Elle vivait aux côtés de son bourreau sans jamais soupçonner qu’elle était la victime d’une des affaires criminelles les plus glaçantes de ces dernières décennies.
Restait désormais la tâche la plus délicate : lui annoncer la vérité.

Le Fardeau De L’Annonce : Révéler L’Indicible À Une Victime Inconsciente De Son Calvaire
Laurent-Perrier sait ce qui l’attend. Il doit convoquer Gisèle Pelicot, s’asseoir face à elle, et lui révéler une vérité qui défie l’entendement. Comment annoncer à une femme qu’elle a subi environ 300 viols sans jamais en avoir conscience ? Comment trouver les mots pour décrire l’impensable ?
Le sous-brigadier prépare minutieusement cette première audition. Chaque phrase, chaque formulation est pesée. Il n’existe aucun protocole pour ce genre de situation. « C’est à moi d’expliquer à cette pauvre dame que c’est elle la victime. Et d’annoncer à une victime qu’elle a été violée peut-être 300 fois. Ce n’est pas rien », confie-t-il avec une gravité palpable.
Le poids émotionnel est écrasant. Derrière le policier méthodique qui a traqué les preuves numériques, se cache un homme confronté à l’une des missions les plus éprouvantes de sa carrière. Pourtant, Laurent-Perrier refuse de flancher. « Il fallait vraiment que je m’applique, pour cette victime que je ne connaissais pas encore. C’est ce que j’ai fait. J’ai tenu mon cap jusqu’au bout ».
Cette détermination professionnelle face à l’horreur absolue illustre le courage nécessaire pour mener de telles investigations. Car au-delà de l’enquête technique, c’est toute une dimension humaine qui se joue dans ce face-à-face imminent avec Gisèle Pelicot.










