📌 Brigade des mineurs de Marseille : les dessous glaçants de la manipulation de ce policier qui dupait tous ses collègues

Posted 29 août 2025 by: Admin
La Manipulation Parfaite : Quand Le Prédateur Se Cache Derrière L’Uniforme
Dix années d’une imposture glaçante. De 2011 à 2015 à Épinay-sur-Seine, puis de 2018 à 2021 à Marseille, Julien Palisca a orchestré une double vie d’une sophistication saisissante au cœur même des brigades des mineurs. Comment ce natif de Saint-Étienne, décrit comme nonchalant et perpétuellement de bonne humeur, a-t-il réussi l’impensable : tromper des policiers formés à débusquer les prédateurs les plus retors ?
La réponse tient dans un machiavélisme minutieusement construit. Sur son bureau trônaient deux photos : celle de « Lulu », sa prétendue compagne aux cheveux châtains extraite du Facebook d’un contact, et celle de « Gabin », soi-disant fils de sa cousine dont il aurait la garde. En réalité, l’image était celle d’un jeune DJ belge. Cette mise en scène s’accompagnait d’un théâtre quotidien sordide : Palisca commentait devant ses collègues des SMS de « Gabin » qu’il s’envoyait lui-même.
L’ancien scout d’Europe complétait cette façade par son engagement affiché comme président bénévole de l’association Virlanie, censée protéger les enfants des rues de Manille. Une couverture idéale pour justifier ses voyages répétés en Asie, véritables expéditions criminelles déguisées en missions humanitaires.
« C’est un menteur redoutable », diagnostique un psychologue de la police après son arrestation. Ses collègues, « stupéfaits », réalisent avoir été « manipulés » par cette « intelligence » perverse qui les a tous fait « adhérer » à sa cause.
Les Signaux D’Alarme Ignorés : Quand L’Institution Ferme Les Yeux
Pourtant, derrière cette façade parfaitement orchestrée, des signaux d’alarme troublants auraient dû alerter. À Épinay-sur-Seine, des collègues avaient déjà observé que Palisca s’impliquait « particulièrement dans les dossiers concernant les garçons en fugue entre 8 et 15 ans ». Une spécialisation qui aurait dû interroger dans un service où la répartition des affaires suit normalement d’autres critères.
L’anomalie s’accentue lors de sa mutation marseillaise. Plusieurs policiers s’étonnent de le voir traîner systématiquement devant l’imprimante, épluchant les procédures de ses collègues et scrutant les dossiers contenant des images pédopornographiques. Plus troublant encore : de nombreux clichés de jeunes Philippins de moins de 10 ans tapissent son espace de travail, justifiés par son engagement associatif.
Sur le terrain, son comportement devient plus explicite. « Il allait toujours vers les petits garçons et non vers les petites filles », confie une policière du groupe Habitat indigne où Palisca avait été « placardisé ». L’épisode le plus révélateur survient dans un Carrefour : il donne son numéro de téléphone à un enfant, sous les yeux d’une collègue médusée.
Ces observations répétées, ces comportements déviants, cette sélectivité suspecte… Autant d’indices que l’institution n’a pas su interpréter, préférant faire confiance à l’uniforme plutôt qu’aux faits. Une cécité qui allait permettre au prédateur de poursuivre impunément ses activités pendant des années.
L’Acharnement D’Un Collègue Lucide : Christophe A., L’Homme Qui A Tout Révélé
Cette cécité institutionnelle n’était pourtant pas partagée par tous. Au cœur du commissariat marseillais, un homme observait, analysait et s’inquiétait. Christophe A., qui avait partagé le bureau de Palisca pendant dix-huit mois, nourrissait un « sentiment diffus d’ambiguïté » envers son coéquipier. Malgré leur excellente entente professionnelle, quelque chose clochait dans le comportement de ce collègue trop parfait.
L’électrochoc survient en août 2020 lorsqu’un mineur vient déposer plainte contre Palisca. Là où l’institution choisit la prudence et la protection corporatiste, Christophe A. décide de mener sa propre enquête. Dans l’ombre, il accumule les preuves, confronte les témoignages, vérifie les incohérences. Plus il creuse, plus ses soupçons se transforment en certitudes.
Mais ses révélations se heurtent à un mur. Hiérarchie et collègues préfèrent croire aux protestations d’innocence du policier modèle plutôt qu’aux accusations troublantes. L’omerta fonctionne à plein régime jusqu’à ce jour de mars 2021 où Palisca, dans une provocation ultime, annonce à Christophe A. qu’il va « effacer son iCloud ».
La colère explose. Christophe A. lui renverse son bureau dessus. Cette confrontation physique marque la fin d’une mascarade qui aura duré trop longtemps. Deux mois plus tard, l’IGPN est enfin saisie.
La Chute Du Faux Prophète : De « Mère Thérèsa » Aux Aveux Cyniques
L’intervention de l’IGPN en mai 2021 marque le début de la fin pour cette imposture minutieusement orchestrée. Face aux enquêteurs, la façade de respectabilité s’effrite progressivement, révélant la véritable personnalité de celui qui se présentait comme un protecteur des plus vulnérables.
Interrogé sur son choix de carrière par l’enquêteur de personnalité, Palisca ose une réponse d’un cynisme glaçant : « J’ai toujours eu ce côté mère Thérèsa ». Cette comparaison blasphématoire illustre parfaitement les mécanismes de déni et de rationalisation d’un prédateur qui s’était convaincu de sa propre légende. L’homme qui exploitait sa fonction pour accéder aux plus fragiles se drapait encore dans les oripeaux de la charité.
Plus troublant encore, sa réaction lors de la confrontation judiciaire. Quand la juge d’instruction lui lit ses propres notes de voyage, où il décrivait crûment ses actes d’abus sur des enfants philippins, elle observe qu’il « bougeait la tête de droite à gauche et souriait ». Cette attitude détachée, presque amusée, face à l’énormité de ses crimes révèle une absence totale d’empathie et de conscience morale.
L’association Virlanie, censée protéger les enfants des rues de Manille, avait constitué la couverture parfaite. Président bénévole de l’antenne marseillaise, Palisca transformait son engagement humanitaire en terrain de chasse, pervertissant jusqu’à la notion même de protection de l’enfance.