📌 Budget 2026 : 380 000 foyers supplémentaires imposables et 23 niches fiscales supprimées, voici qui paiera la facture des 17 milliards
Posted 16 décembre 2025 by: Admin

Le Gouvernement Face Au Mur Budgétaire : 380 000 Foyers Dans La Ligne De Mire
La course contre la montre est lancée. Sébastien Lecornu et son gouvernement multiplient les négociations pour valider le budget 2026 avant le 31 décembre 2025. Les sénateurs se sont prononcés ce lundi 15 décembre sur la version définitive du projet de loi de finances (PLF), tandis que les députés examineront demain le budget de la Sécurité sociale (PLFSS). L’enjeu dépasse le simple calendrier parlementaire : il s’agit de combler un déficit abyssal.
Pour y parvenir, l’État mise sur une stratégie aussi simple qu’impopulaire : maintenir le barème de l’impôt sur le revenu à son niveau actuel, sans indexation sur l’inflation. Cette décision technique cache une réalité brutale révélée par l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) : 380 000 ménages supplémentaires basculeront dans le champ de l’imposition. L’objectif affiché ? Générer 17 milliards d’euros de recettes supplémentaires.
Cette mesure frappera en premier lieu des foyers modestes qui perdront leur statut de non-imposable, mais aussi des contribuables déjà imposés qui verront leur facture fiscale grimper automatiquement. Les répercussions s’étendent bien au-delà de la simple feuille d’impôt : secteur de la santé, prix des carburants, médicaments, retraites. Même les contribuables les plus aisés n’échapperont pas à ce tour de vis fiscal généralisé.

Fin Du Statut De Non-Imposable : Quand Les Foyers Modestes Payent La Facture
Cette bascule massive vers l’imposition touchera d’abord ceux qui pouvaient jusqu’ici compter sur leur statut de non-imposable. Des milliers de foyers modestes découvriront en 2026 qu’ils doivent désormais contribuer au budget de l’État, malgré des revenus qui n’ont pas fondamentalement progressé. Le gel du barème agit comme une imposition par l’inflation : les salaires augmentent mécaniquement, mais les seuils d’exonération restent figés.
Les conséquences dépassent largement la simple déclaration fiscale. Cette pression accrue se répercutera en cascade sur d’autres postes budgétaires critiques. Le secteur de la santé pourrait voir certains remboursements réduits, tandis que les retraités subissent déjà les effets d’une politique d’austérité ciblée. Plus inquiétant encore : les prix du carburant et des médicaments risquent d’augmenter sous l’effet cumulé de diverses taxes maintenues ou ajustées.
L’OFCE souligne une réalité paradoxale : même les contribuables aisés n’échapperont pas à ce tour de vis fiscal. Contribution différentielle, taxes exceptionnelles, nouvelles impositions sur les holdings patrimoniales… Le gouvernement ratisse large pour atteindre ses 17 milliards d’euros de recettes supplémentaires. Cette stratégie du « tout le monde participe » masque difficilement un déséquilibre : ce sont les classes moyennes et modestes qui supporteront proportionnellement l’effort le plus lourd, avec un pouvoir d’achat déjà fragilisé par deux années d’inflation persistante.

Retraités Et Grandes Fortunes : Un Double Étau Fiscal Se Resserre
Le gouvernement prolonge plusieurs taxes existantes tout en introduisant de nouvelles armes contre l’optimisation fiscale. La contribution différentielle sur les hauts revenus et la contribution exceptionnelle sur les grandes entreprises, initialement temporaires, s’inscrivent désormais dans la durée. Plus novateur : une taxe spécifique sur les holdings patrimoniales doit rapporter 6,5 millions d’euros supplémentaires en neutralisant certains montages fiscaux sophistiqués utilisés par les patrimoines les plus importants.
Mais c’est sur le front des retraites que la transformation s’annonce la plus significative. Le traditionnel rabattement fiscal de 10% sur les pensions cédera la place à un abattement forfaitaire unique de 2000 euros. Cette bascule technique produit des effets radicalement opposés selon les montants perçus. Les petites retraites bénéficieront d’un avantage fiscal accru, tandis que les pensions confortables verront leur imposition augmenter mécaniquement.
L’OFCE anticipe une redistribution silencieuse mais puissante : des dizaines de milliers de retraités aux revenus moyens-supérieurs découvriront un nouveau calcul fiscal nettement moins favorable. Cette mesure illustre la philosophie budgétaire du gouvernement : cibler simultanément l’optimisation des plus fortunés et les avantages fiscaux des classes aisées, même retraitées. Le message politique est clair : l’effort ne peut plus épargner ceux qui disposent de ressources confortables, quelle que soit leur source de revenus. Reste à savoir si cette double pression fiscale suffira à compenser les renoncements consentis ailleurs dans le budget.

Niches Fiscales Supprimées, Entreprises Épargnées : Les Arbitrages Controversés Du Gouvernement
Cette redistribution fiscale entre catégories de revenus s’accompagne d’une purge sans précédent : 23 niches fiscales disparaissent, jugées inefficaces par Bercy. La réduction d’impôt sur les frais de scolarité, longtemps plébiscitée par les familles de classe moyenne, figure parmi les suppressions les plus symboliques. Les avantages liés aux biocarburants subissent le même sort, fragilisant une filière déjà sous tension.
Ces suppressions menacent directement le pouvoir d’achat de centaines de milliers de foyers qui comptaient sur ces dispositifs pour alléger leur fiscalité. L’impact dépasse les seuls ménages : plusieurs secteurs économiques perdent leurs leviers d’attractivité fiscale, remettant en question certains modèles d’activité construits autour de ces avantages aujourd’hui caducs.
Paradoxalement, le gouvernement accorde aux entreprises ce qu’il refuse aux particuliers. La cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE) disparaîtra en 2028, avec deux ans d’avance sur le calendrier initial. Cette anticipation coûtera 1,3 milliard d’euros aux finances publiques, un manque à gagner assumé au nom de la réindustrialisation et de la compétitivité des PME.
Ce contraste budgétaire cristallise les tensions politiques. L’examen du projet de loi de finances à l’Assemblée nationale a révélé ces fractures : d’un côté, des ménages sollicités via suppressions de niches et hausses d’imposition ; de l’autre, des entreprises bénéficiant d’allégements anticipés. Les députés ont bataillé sur ces arbitrages contestés, sans parvenir à modifier l’architecture générale d’un budget qui redistribue clairement les priorités fiscales entre citoyens et acteurs économiques.










