📌 CDI jeunes résiliable sans motif : le Medef propose un contrat inspiré du CPE qui avait déclenché une vague de manifestations en 2006

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Posted 2 février 2026 by: Admin #Actualités

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Le Retour D’un Spectre : Un CDI Résiliable Sans Motif

Vingt ans après l’onde de choc du CPE, le Medef provoque un nouveau séisme social. Dans une note transmise le 28 février aux organisations syndicales, la première organisation patronale française propose un contrat à durée indéterminée d’un genre inédit : un CDI « pouvant être rompu sans motif pendant les premières années ». La formule, à peine voilée, ressuscite les fantômes de 2006.

L’architecture du dispositif repose sur une flexibilité radicale. L’employeur pourrait mettre fin au contrat à sa convenance durant la phase initiale, sans avoir à justifier sa décision. En contrepartie, le salarié bénéficierait d’une « indemnisation croissante en lien avec l’ancienneté » en cas de rupture. Un mécanisme censé équilibrer la précarité subie et la protection accordée.

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Le Medef invoque un objectif explicite : faciliter l’embauche des jeunes et dynamiser le marché du travail. Selon l’organisation patronale, la rigidité du CDI classique constitue un frein majeur au recrutement des primo-entrants. Ce nouveau contrat viserait à lever ce verrou en offrant aux entreprises une souplesse qu’elles réclament depuis des années.

Mais cette liberté de rompre sans motif interroge la nature même du CDI, socle historique de la sécurité de l’emploi en France. Entre promesse d’insertion professionnelle et risque de précarisation institutionnalisée, le débat s’annonce explosif.

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Une Inspiration Italienne Et Des Échos Du Passé

Pour justifier sa proposition, le Medef se tourne vers l’Italie et son « contrat à droits progressifs », instauré en 2016 dans le cadre d’une vaste réforme du marché du travail. Ce dispositif transalpin prévoit une montée en puissance graduelle des protections accordées au salarié, tout en offrant aux entreprises une flexibilité accrue lors de l’embauche. Selon l’organisation patronale française, ce modèle « a contribué à la baisse du chômage structurel dans le pays ».

Pourtant, au-delà de la référence étrangère, les similitudes avec le CPE de 2006 sautent aux yeux. Comme le contrat porté par Dominique de Villepin, le nouveau CDI cible prioritairement les jeunes et primo-entrants. Comme lui, il autorise l’employeur à rompre le contrat sans motiver sa décision pendant une longue période initiale. La philosophie demeure identique : parier sur la flexibilité pour stimuler les recrutements.

Cette convergence troublante n’échappe à personne. Là où le CPE prévoyait une période d’essai de deux ans, le Medef propose désormais plusieurs années de rupture sans justification. Une durée imprécise qui alimente les inquiétudes. L’histoire se répète-t-elle, ou le patronat a-t-il tiré les leçons du passé en habillant différemment une mécanique éprouvée ? La frontière entre innovation juridique et recyclage contesté reste floue, et c’est précisément ce flou qui nourrit la colère syndicale.

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Levée De Boucliers Syndicale : « Une Déclaration De Guerre »

La réponse syndicale ne s’est pas fait attendre. Dès le samedi 31 janvier, la CGT a publié un communiqué cinglant : « Alors que nous fêtons cette année les 20 ans de la victoire contre le CPE, le Medef ose remettre le couvert » et « réussit à faire pire que le CPE qui avait 2 ans de période d’essai ». L’organisation va plus loin en qualifiant le projet de « déclaration de guerre contre les jeunes et les salarié.e.s ». Une ligne rouge est tracée : la CGT « refusera catégoriquement de s’engager dans toute négociation qui comporte ces éléments ».

Du côté de l’Unef, le ton monte également. Le syndicat étudiant dénonce un « nouveau CPE déguisé » et brandit la menace d’une mobilisation si la mesure était « imposée ». Refusant que la jeunesse devienne une « variable d’ajustement économique », l’Unef accuse le dispositif de viser à « créer une génération de jeunes travailleurs précaires, corvéables à merci, sans droits ni protections ».

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Cette double offensive syndicale rappelle le climat de 2006, lorsque la rue avait contraint le gouvernement au retrait. Les appels à refuser toute négociation et à mobiliser les forces progressistes résonnent comme un avertissement adressé au patronat et aux pouvoirs publics. La bataille ne se limite pas au contenu technique du contrat : elle interroge la place accordée aux jeunes dans le modèle social français et ravive une mémoire collective encore vive.

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Au-Delà Du CDI : Smic Adapté Et Mesures Complémentaires

Au-delà de la question du contrat résiliable, le Medef a dévoilé un arsenal de mesures visant à flexibiliser l’emploi des jeunes. La plus controversée : adapter le niveau du Smic pour certains primo-entrants, dans une logique d’« incitation à l’embauche » via la négociation collective et sur une durée limitée. L’idée d’un « Smic-jeunes », longtemps taboue en France, refait ainsi surface en pleine tempête sociale.

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L’organisation patronale souhaite également supprimer les délais de carence entre deux CDD, réduire la durée minimale des temps partiels pour les jeunes et allonger la durée légale des CDD pour « faciliter les transitions vers l’emploi ». Ces assouplissements contractuels s’accompagnent d’un engagement affiché sur le renforcement de la formation professionnelle.

La cible est clairement identifiée : les jeunes NEET (« ni en emploi, ni en études, ni en formation »), qui représentaient 12,3% des Français de 15 à 29 ans en 2023 selon les chiffres brandis par le Medef. Pour l’organisation patronale, ces chiffres justifient une refonte en profondeur des règles d’embauche.

Mais cette batterie de propositions alimente les craintes syndicales d’une précarisation généralisée : un CDI résiliable sans motif, un salaire minimum ajustable à la baisse, des CDD enchaînables sans délai. Un triptyque qui dessine les contours d’un modèle où la flexibilité patronale deviendrait la norme pour toute une génération.

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