📌 César 2026 : l’hommage à Brigitte Bardot interrompu par des huées et des cris « raciste ! »
Posted 28 février 2026 by: Admin

L’Incident Qui A Glacé La Salle De La 51e Cérémonie
La séquence aurait dû être un moment de recueillement. Un court magnéto retraçant les moments phares de la carrière de Brigitte Bardot s’est déroulé sur l’écran géant de la salle Pleyel. Images cultes, extraits de films mythiques, archives soigneusement sélectionnées : tout était réuni pour saluer l’empreinte de l’actrice emblématique de Saint-Tropez dans le cinéma français. Une construction similaire à l’hommage solennel rendu l’année précédente à Alain Delon, dans un registre empreint de dignité.
Mais lorsque les lumières se sont rallumées, l’atmosphère a basculé. Un cri a déchiré le silence : « raciste ! » Lancé depuis l’assemblée, ce mot a résonné dans toute la salle avant d’être rapidement ponctué de huées distinctes. Le malaise s’est installé, palpable, transformant ce qui devait être une séquence commémorative en un moment de tension inédit. Jamais dans l’histoire récente des César un hommage posthume n’avait provoqué une telle réaction hostile.
Le contraste était saisissant. Là où Alain Delon avait reçu un hommage unanime et apaisé, Brigitte Bardot cristallisait une fracture. La salle, habituellement consensuelle lors de ces séquences mémorielles, révélait une division profonde. L’intention commémorative de l’Académie se heurtait à un refus catégorique d’une partie du public, témoignant d’un basculement dans la manière de considérer certaines figures historiques du septième art français.

Brigitte Bardot : Une Icône Disparue Deux Mois Plus Tôt
L’actrice s’était éteinte le 28 décembre 2025, à l’âge de 91 ans. Un combat discret contre la maladie avait précédé sa disparition, loin des projecteurs qui avaient illuminé sa carrière. Près de deux mois plus tard, l’Académie des César faisait le choix de lui rendre hommage lors de cette 51e édition, un geste qui semblait évident au regard de son statut dans l’histoire du cinéma français.
Car Brigitte Bardot avait marqué son époque d’une empreinte indélébile. De « Et Dieu… créa la femme » aux succès des années 1960, elle incarnait une figure majeure du septième art français, symbole de libération et d’élégance. La séquence diffusée ce soir-là retraçait précisément ces moments phares : l’actrice emblématique de Saint-Tropez, la star mondiale, l’icône qui avait révolutionné l’image de la femme à l’écran.
Mais cette dimension artistique ne pouvait occulter une réalité : la réception posthume de Bardot restait profondément clivante. Son parcours après le cinéma, ses prises de position controversées avaient façonné une image duale. D’un côté, l’héritage cinématographique indiscutable. De l’autre, des engagements qui divisaient. L’Académie avait choisi de célébrer la première dimension, une partie du public refusait d’oublier la seconde. La décision d’organiser cet hommage, bien qu’attendue pour une personnalité de cette envergure, portait en elle les germes de la polémique qui allait éclater.

La Fracture Révélée Sur Les Réseaux Sociaux
La tension de la salle s’est instantanément propagée en ligne. En quelques minutes, X (anciennement Twitter) s’est embrasé. Les commentaires ont afflué, révélant une division aussi brutale que celle observée à l’Olympia. « Brigitte Bardot a été huée pendant son hommage lors des #César2026. Merci. » La formule, lapidaire, résumait le camp de ceux qui saluaient ces huées comme l’expression d’un désaccord assumé. « Bravo à celles et ceux qui ont osé huer l’hommage à Brigitte Bardot », renchérissait un autre message, transformant l’incident en acte de courage.
Face à ces applaudissements virtuels, la réaction inverse ne s’est pas fait attendre. « Brigitte Bardot huée et traitée de raciste à la fin de la projection en son hommage ! Honte à eux qui se reconnaîtront. Pauvre France », dénonçait un internaute, pointant ce qu’il percevait comme un manque de respect flagrant envers une disparue. D’autres évoquaient une « profanation de mémoire », un « acharnement posthume indigne ».
Aucun terrain d’entente n’émergeait de ces échanges. D’un côté, l’impossibilité de séparer l’œuvre des positions militantes controversées. De l’autre, le refus catégorique de voir un hommage cinématographique perturbé par des considérations extérieures au septième art. La polémique s’étendait bien au-delà de la cérémonie, cristallisant deux visions irréconciliables de la mémoire et de l’héritage culturel.

Un Moment De Tension Dans Le Grand Rendez-Vous Du Cinéma Français
Cette fracture numérique prolongeait une réalité bien tangible : les César demeurent un événement traversé par les débats et les prises de position fortes. Chaque année, des millions de téléspectateurs suivent la cérémonie sur Canal+, tandis que toute la profession se rassemble pour célébrer le cinéma français. L’édition 2026 n’a pas dérogé à cette tradition d’engagement. Camille Cottin avait marqué la soirée d’un discours vibrant. L’Académie assume sa mission : célébrer autant les performances artistiques que l’état du cinéma français, dans toute sa complexité.
Pourtant, l’incident autour de Bardot révélait une tension inédite. Sur le tapis rouge, l’atmosphère était restée élégante et feutrée. Michèle Laroque et Ben Harper avaient officialisé leur apparition ensemble sous les flashs. À l’intérieur, les récompenses s’étaient succédé dans un climat solennel. Mais l’hommage litigieux avait brisé ce consensus fragile.
La question posée dépassait désormais le simple cadre de la soirée : jusqu’où la mémoire cinématographique peut-elle s’affranchir des engagements contemporains ? L’Académie des César se retrouvait face à ses propres contradictions, entre célébration du patrimoine et exigence morale d’une profession en pleine transformation. L’incident Bardot révélait les limites d’un exercice devenu périlleux : honorer une figure historique devenue clivante dans une industrie en quête de nouvelles valeurs.










