📌 CNews condamnée à 100 000 euros d’amende : l’Arcom sanctionne des propos discriminatoires envers les Algériens et les Palestiniens dans « L’heure des pros 2 »
Posted 12 février 2026 by: Admin

La Double Sanction De L’Arcom Contre CNews
L’Arcom frappe fort ce 10 février 2026. Le régulateur de l’audiovisuel condamne CNews à une amende de 100.000 euros pour deux émissions d' »L’Heure des Pros 2 Été » diffusées les 8 et 12 août 2025. Une sanction historique qui intervient alors que Pascal Praud, figure tutélaire de l’émission, profitait de ses congés estivaux. Sans son encadrement habituel, l’antenne a basculé dans la dérive.
Le verdict est sans appel : défaut de maîtrise d’antenne à deux reprises. Les invités ont prononcé des propos que l’Arcom qualifie « de nature à inciter à la haine et à la discrimination ». La chaîne du groupe Canal+ écope d’une double sanction pécuniaire : 25.000 euros pour la première séquence, 75.000 euros pour la seconde. Un signal fort du gendarme de l’audiovisuel, qui n’avait jamais infligé un tel montant cumulé en une seule décision.
Cette condamnation révèle la violation répétée des obligations éditoriales par CNews. L’autorité de régulation dirigée par Martin Ajdari constate que la chaîne n’a pas su contrôler les dérapages de ses invités durant deux débats estivaux. Les manquements retenus concernent des propos visant spécifiquement les ressortissants algériens et les Palestiniens, franchissant la ligne rouge de l’incitation à la discrimination.

Les Propos De Noëlle Lenoir Sur Les Algériens
Le 8 août 2025, Noëlle Lenoir déclenche la première controverse. L’ancienne ministre déléguée aux Affaires européennes intervient dans un débat sur une décision du Conseil constitutionnel concernant la loi sur la rétention. Elle affirme alors que « millions d’Algériens présentent des risques majeurs » car ils « peuvent sortir un couteau dans le métro, dans une gare, dans la rue, n’importe où, ou prendre une voiture et rentrer dans une foule ».
L’Arcom ne tergiverse pas dans son analyse. Ces déclarations sont « de nature à inciter à la haine et à encourager des comportements discriminatoires à l’égard des ressortissants Algériens vivant en France ». La généralisation opérée par l’invitée stigmatise une population entière en l’associant systématiquement à la violence terroriste.
Consciente du scandale, Noëlle Lenoir publie un rectificatif sur les réseaux sociaux dès le lendemain. Trop tard. L’autorité de régulation balaie cette tentative de rattrapage : « Ce correctif diffusé sur la chaîne, qui est de nature à préciser l’intention de l’invitée, est en l’espèce sans incidence sur la caractérisation des manquements retenus à l’encontre de l’éditeur ». La responsabilité incombe à CNews, qui n’a pas su empêcher la diffusion de ces propos. Verdict : 25.000 euros d’amende.
Quatre jours plus tard, une nouvelle séquence allait aggraver considérablement le dossier de la chaîne.

La Tirade De Françoise Laborde Sur Les Palestiniens Et Les Musulmans
Le 12 août 2025, Françoise Laborde provoque un second scandale encore plus grave. L’ex-membre du CSA participe à un débat sur un contrôleur aérien suspendu pour avoir dit « Free Palestine » à l’équipage d’une compagnie israélienne. Elle y développe une double stigmatisation qui va coûter cher à CNews.
Selon elle, les « Occidentaux » percevaient les Palestiniens comme des « opprimés » avant le 7 octobre. Mais après les attaques terroristes, ces mêmes « Palestiniens se révèlent être les sauvages, sanguinaires, les plus épouvantables qu’on puisse imaginer ». L’assimilation d’un peuple entier à des terroristes franchit une ligne rouge.
La sÅ“ur de Catherine Laborde ne s’arrête pas là . Elle dénonce dans les aéroports parisiens un « grand nombre de bagagistes très marqués physiquement par la religion musulmane, qui auraient la petite barbe qui va bien », qu’elle accuse de constituer « carrément des lobbies » et de présenter « un risque de radicalisation ». Cette fois, l’amalgame vise directement les musulmans sur leur apparence physique.
L’Arcom tranche sans appel : ces « stigmatisations sont de nature à encourager des comportements discriminatoires ». La gravité des propos justifie une sanction trois fois supérieure à la précédente : 75.000 euros d’amende.
Ces deux séquences révèlent un problème structurel qui dépasse les simples dérapages estivaux.

Un Palmarès Historique De Sanctions
En sept ans d’existence, CNews accumule un record sans précédent : 26 sanctions de l’Arcom pour un montant total de 630.001 euros. Un bilan que « Mediapart » documente méthodiquement, révélant une récurrence troublante dans la nature des manquements.
Les amendes ciblent systématiquement les mêmes failles : propos discriminatoires et islamophobes laissés sans réaction par les présentateurs. L’incapacité chronique de la chaîne à modérer ses invités ne relève plus du dérapage isolé mais d’un dysfonctionnement structurel du contrôle éditorial.
L’institution dirigée par Martin Ajdari se cantonne jusqu’ici aux sanctions pécuniaires. Jamais elle n’a franchi le cap d’une suspension de diffusion ou d’un retrait d’autorisation, pourtant prévus par les textes réglementaires en cas de violations répétées.
Cette clémence relative interroge. À quel seuil l’accumulation de manquements justifie-t-elle des mesures plus coercitives ? La multiplication des amendes, visiblement sans effet dissuasif sur la ligne éditoriale de CNews, pose la question de l’efficacité réelle du dispositif de régulation face à une chaîne du groupe Canal+.
Le montant total approche désormais les trois quarts de million d’euros. Un coût que le diffuseur semble prêt à assumer pour maintenir sa stratégie de programmation controversée.










