📌 Crèche pour poupées réalistes : 65 € par jour pour faire garder son bébé reborn dans le Nord
Posted 26 janvier 2026 by: Admin

Une Crèche Pour Poupées Qui Enflamme Les Réseaux Sociaux
Depuis le 19 décembre 2025, une discrète maison de Somain, dans le Nord, cristallise les passions sur internet. La vidéo du média « Sirènes », massivement relayée, a propulsé sous les projecteurs une initiative inédite : la première crèche française dédiée aux bébés reborn, ces poupées hyperréalistes conçues pour imiter à la perfection des nourrissons.
Derrière cette structure se tient Thérèse Dune, 56 ans, ancienne actrice pour adultes reconvertie en « nounou » d’un genre particulier. Chaque jour, elle accueille ces faux bébés confiés par leurs propriétaires, parfois déguisés en « parents », le temps d’une journée complète. Sur TikTok, le hashtag #RebornBaby cumule des millions de vues, révélant un phénomène longtemps resté confidentiel.
L’initiative divise radicalement. Entre fascination pour ce loisir émotionnel, tendresse devant l’attachement sincère des passionnés et malaise face à cette mise en scène du quotidien, la crèche de Thérèse devient le symbole d’une pratique hors normes. Un lieu où l’illusion franchit les portes du privé pour s’ancrer dans une routine assumée, professionnalisée et tarifée. Cette immersion dans un univers parallèle, soigneusement reconstitué, interroge autant qu’elle dérange.

Un Univers Parallèle Reproduit À L’Identique
L’intérieur de cette maison de Somain ne laisse aucune place à l’improvisation. Berceaux alignés, poussettes garées contre les murs, jouets d’éveil disposés sur des tapis moelleux : tout reproduit fidèlement l’environnement d’une micro-crèche traditionnelle. Selon Libération, les « parents » fournissent couches, vêtements de rechange et consignes détaillées, exactement comme pour de véritables nourrissons. Thérèse organise les journées avec le même sérieux professionnel qu’une auxiliaire de puériculture classique.
« Je me suis dit pourquoi on ferait pas des rencontres comme ça dans des crèches et puis garder même leur bébé », confie-t-elle pour expliquer la genèse du projet. Cette structure offre bien plus qu’un simple service de garde : elle devient un refuge émotionnel pour des propriétaires vivant leur passion en secret. Le cas d’une cliente illustre cette fonction libératrice. Après quinze années sans jamais oser sortir sa poupée en public, elle déambule désormais fièrement avec son landau dans ce sanctuaire.
« Elle se sent à l’aise, elle se sent pas jugée par les autres. Les gens qui sont à la crèche sont les mêmes personnes qui ont la même vision qu’elle », souligne Thérèse. Au-delà de la reproduction matérielle d’une crèche, c’est une communauté qui se construit ici, soudée par un même besoin d’acceptation. Un espace où l’illusion collective devient quotidien partagé, loin des regards extérieurs. Cette mise en scène minutieuse s’accompagne de rituels encore plus immersifs.

Des Scénarios Sur Mesure Pour Un Bien-être Revendiqué
Cette mise en scène ne s’arrête pas à l’aménagement des lieux. Les prestations proposées plongent dans une immersion totale où chaque détail compte. « Ces parents-là qui ont une taux de l’heure me demandent un scénario le temps que je garde leur bébé », précise Thérèse. Elle filme ensuite les activités de la journée et transmet ces vidéos aux propriétaires, relatant biberons, jeux d’éveil et moments de repos. L’illusion atteint son paroxysme lors des repas simulés : si la poupée « refuse » son petit pot, Thérèse le mange elle-même dans un éclat de rire complice.
L’effet produit dépasse la simple satisfaction d’un service rendu. « Elles sont dans un état euphorisant quoi. Elles sont heureuses », constate-t-elle en observant ses clientes. Cette euphorie révèle une fonction thérapeutique assumée. « Notre passion pour les rebornes, c’est le plaisir d’un bien-être, d’une chaleur », résume l’ancienne actrice. Elle franchit un cap dans ses déclarations : « Il y a pas besoin d’antidépresseur quoi avec les bébé reborn. »
Ce monde imaginaire devient refuge face aux douleurs réelles, un sas de décompression protégé des turbulences extérieures. Les rituels minutieux offrent une stabilité émotionnelle que certaines peinent à trouver ailleurs. Mais cette revendication d’un bien-être alternatif attire autant de soutiens que de critiques virulentes, obligeant Thérèse à défendre publiquement son activité controversée.

Tarifs Assumés Et Réponse Aux Détracteurs
Face aux critiques qui submergent les réseaux sociaux, Thérèse affiche une grille tarifaire sans ambiguïté : « Oui, c’est 9 € de l’heure. Euh et 65 € la journée. Et on fait pas mal de choses. » Ces 65 euros incluent l’ensemble des prestations personnalisées, du scénario vidéo aux soins simulés, mais aussi ce cadre sécurisant où chacun peut exister librement.
Les attaques ne l’ébranlent pas. « Pourquoi ils se permettent de juger ? C’est une honte pour eux de juger les gens qui ont du bonheur comme ça », rétorque-t-elle avec fermeté. Son argumentaire dépasse la simple défense : « Qu’est-ce qu’on leur fait de mal ? On leur fait rien. » Elle retourne ensuite les critiques contre leurs auteurs, pointant les véritables urgences sociales : « C’est à cause de vous, il y a tant de malheureux, tant d’enfants qui ne mangent pas leur faim, tant d’enfants qui ne rentrent pas dans les crèches. »
Cette contre-attaque révèle une conviction profonde. Pour Thérèse, son activité propose un service légitime et utile, bien loin des caricatures véhiculées en ligne. Elle revendique un espace où ses clientes échappent au jugement, trouvent apaisement et communauté. Dans cette maison de Somain, derrière les berceaux et les landaus, se dessine une réalité bien plus complexe qu’une simple excentricité : celle d’adultes en quête d’un refuge émotionnel, prêts à payer pour quelques heures de sérénité factice.










