📌 Dijon : 4 ans de prison pour un collégien qui a brandi un couteau et menacé sa principale avec une lettre évoquant une prise d’otages

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Posted 28 février 2026 by: Admin #Actualités

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La Condamnation Et Le Contexte Judiciaire

Le tribunal pour enfants de Dijon a frappé fort ce jeudi 27 février 2026. Quatre ans de prison, dont deux avec sursis probatoire : la sanction prononcée contre un collégien de Chenôve reflète la gravité exceptionnelle des menaces proférées le 15 mars 2024 contre la principale de son établissement. Cette décision, rendue à huis clos, marque une relative clémence face aux cinq années initialement requises par le parquet.

La peine interroge par son ampleur. À l’époque des faits, l’adolescent n’avait que 15 ans. Pourtant, la justice a évalué ses actes avec une rigueur rarement observée dans les juridictions pour mineurs. Le tribunal disposait d’une marge considérable : la loi autorisait jusqu’à vingt ans de réclusion criminelle pour de tels agissements. En optant pour quatre années fermes, dont la moitié aménagée sous surveillance probatoire, les magistrats ont tranché entre répression et réinsertion.

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Cette condamnation dessine les contours d’une justice à double tranchant. Elle sanctionne sans équivoque la violence symbolique et physique déployée ce jour-là au collège Edouard-Herriot, situé dans un quartier prioritaire dijonnais. Mais elle maintient une porte entrouverte vers la reconstruction, consciente que le prévenu reste juridiquement un enfant. Les avocats, présents à l’audience, ont confirmé ces éléments sans révéler davantage de détails sur les débats internes qui ont conduit à ce verdict nuancé.

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Le Déroulement Des Faits Du 15 Mars 2024

Tout bascule lors d’un banal cours d’anglais. Ce vendredi 15 mars 2024, l’élève de 3e, déjà exclu de la classe, se présente malgré tout devant la porte. Renvoyé vers le bureau de la cheffe d’établissement, il ne vient pas négocier sa réintégration. Il dépose une lettre glaçante évoquant une « prise d’otages » et mentionne explicitement « mes frères qui sont morts le 18 novembre 2015 ». Cette référence au raid policier de Saint-Denis, survenu trois jours après les attentats parisiens du 13 novembre, transforme instantanément l’incident en menace à dimension terrorisante.

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La principale du collège Edouard-Herriot n’a pas le temps d’achever sa lecture. L’adolescent sort un couteau et le pointe dans sa direction. Face à la lame, elle choisit la fuite et déclenche l’alarme anti-intrusion. Le dispositif d’urgence se met en branle. Les forces de l’ordre investissent rapidement l’établissement. Une demi-heure suffit pour interpeller le jeune homme, toujours sur les lieux.

Cette séquence révèle une escalade méthodique. L’exclusion du cours, la lettre préméditée, l’arme blanche : chaque étape traduit une préparation, même sommaire. La référence aux attentats de 2015 n’est pas fortuite. Elle vise à amplifier la terreur, à projeter l’ombre du terrorisme sur un collège dijonnais. Cette chronologie, reconstituée lors de l’enquête, a pesé lourd dans l’appréciation des magistrats face à un mineur dont les actes dépassaient largement le cadre d’une simple provocation scolaire.

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Les Déclarations Contradictoires De L’Adolescent

L’interpellation dévoile un premier décalage troublant. Lors de son audition, l’adolescent affirme d’abord vouloir « planter » sa professeure d’anglais, celle-là même qui l’avait exclu du cours. Mais cette version initiale s’effondre rapidement. Le mineur change de récit et prétend avoir été « recruté pour la tuer » contre rémunération. Un revirement radical qui interroge immédiatement les enquêteurs.

Le parquet de Dijon y voit « une volonté de se donner de l’importance ». Cette analyse, loin d’être anodine, repose sur l’expertise psychiatrique menée durant l’instruction. Le spécialiste confirme : ces déclarations relèvent davantage du fantasme que d’une réelle organisation criminelle. Aucun commanditaire, aucune transaction financière, aucune preuve d’un quelconque recrutement. Juste un adolescent fragile qui tente d’habiller ses actes d’une dimension spectaculaire.

Cet écart entre les faits et les récits fantasmés révèle un profil psychologique complexe. Le mineur oscille entre la violence impulsive contre une enseignante et la construction d’un scénario romanesque de tueur à gages. Cette instabilité narrative désamorce la piste terroriste tout en maintenant la gravité objective des menaces. Car si les motivations restent floues, la lame brandie devant la principale, elle, était bien réelle. Les magistrats devaient trancher : jusqu’où croire un adolescent qui ne cesse de réécrire sa propre histoire ?

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Les Plaidoiries Et La Satisfaction Des Parties

À l’audience, les versions s’affrontent. Samuel Estève, l’avocat du mineur, assume la défense d’« un gamin en difficulté qui voulait faire peur ». Il insiste : son client n’est « ni un tueur, ni un terroriste ». Une ligne de défense qui mise tout sur la fragilité psychologique, sur le contexte d’un collège situé en quartier prioritaire, sur l’impulsivité d’un adolescent dépassé par ses propres actes. L’argument vise à humaniser le prévenu, à rappeler qu’à 15 ans, la frontière entre provocation et passage à l’acte reste poreuse.

En face, Stéphane Colmant, avocat de la professeure menacée, ne partage pas cette lecture. Il martèle que « le pire a été évité » et refuse de minimiser les faits. Selon lui, « il n’y avait pas qu’une simple menace ». Cette formule frappe : elle valide la gravité objective de la situation, loin de toute tentative de désamorçage. La lame pointée, la lettre évoquant une prise d’otages, la référence aux attentats de 2015… autant d’éléments qui transcendent la simple intimidation.

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Lorsque le tribunal prononce quatre ans de prison dont deux avec sursis probatoire, Stéphane Colmant se dit « extrêmement satisfait ». Cette réaction traduit une forme de soulagement : la justice a reconnu la dangerosité réelle des actes sans céder à la tentation de l’excuse systématique. Entre la clémence du tribunal envers un mineur et la sévérité réclamée par les victimes, une ligne a été tracée. Reste à savoir si cette condamnation suffira à éviter qu’un autre « gamin en difficulté » ne bascule demain dans la même spirale.

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