📌 Enrico Macias brisé par l’antisémitisme en France : « Il y a des musulmans qui sont aussi affectés par ces événements »
Posted 27 janvier 2026 by: Admin

Un Artiste Meurtri Par La Montée De L’Antisémitisme En France
L’émotion était palpable sur le plateau de CNews lorsqu’Enrico Macias, visiblement bouleversé, a réagi à la tentative d’incendie d’une synagogue à Rouen. L’homme sous OQTF, abattu par un policier après son geste, a déclenché chez le chanteur de 87 ans une onde de choc profonde. « Je suis brisé par tout ce qui se passe », confie-t-il à Pascal Praud, la voix étranglée par l’émotion.
Alors qu’il prépare son 28e Olympia, l’interprète d’Adieu mon pays refuse pourtant de céder à la facilité du discours radical. « Il ne faut pas stigmatiser tout le monde, il ne faut pas généraliser. Il y a des musulmans qui sont touchés par tout ce qui se passe », précise-t-il avec lucidité. Cette nuance n’efface pas sa souffrance : face à la multiplication des actes antisémites, l’artiste d’ascendance juive assume son refus de « faire de la langue de bois ».
La décoration du policier auteur des tirs, décidée par le ministère de l’Intérieur quelques jours après les faits, illustre la complexité d’une situation qui déchire la société française. Pour Enrico Macias, cette actualité brûlante résonne avec une intensité particulière, ravivant des blessures qu’il croyait appartenir au passé. Sa détermination à maintenir « la fête de l’espérance » malgré tout témoigne d’une résilience forgée par des décennies d’épreuves.

Une Vie Marquée Par Les Conflits Et Les Déchirements
Cette détresse trouve ses racines dans un parcours jalonné de ruptures historiques. « Moi, je suis né en 1938. C’était déjà le début de la deuxième guerre mondiale », rappelle Enrico Macias, établissant une continuité troublante entre les époques. L’octogénaire a grandi dans l’ombre des persécutions, avant de vivre la guerre d’Algérie qui l’a contraint à l’exil. « Adieu mon pays », son titre phare, n’était pas une fiction artistique mais le cri d’un déracinement forcé.
Aujourd’hui, le constat est amer : « À la fin de mes jours, je vois la France déchirée par cet antisémitisme qui me crève le cœur ». Cette formule résume la tragédie d’une existence traversée par trois périodes sombres. Le chanteur qui espérait trouver en France une terre d’accueil définitive assiste, impuissant, à la résurgence de démons qu’il croyait disparus.
La comparaison s’impose d’elle-même : enfant pendant la Shoah, jeune adulte chassé d’Algérie, vieillard confronté à une nouvelle vague de haine. Trois générations, trois guerres, une même communauté ciblée. Pour l’artiste qui a fait de la fraternité méditerranéenne son message artistique, cette répétition historique relève du cauchemar éveillé.
Pourtant, face à Pascal Praud, Enrico Macias refuse de capituler devant le fatalisme. Cette lucidité douloureuse sur le présent ne signifie pas l’abandon de tout espoir pour l’avenir.

Un Message D’Espérance Malgré Les Larmes
Cette lucidité ne condamne pas l’artiste au silence. Au contraire, Enrico Macias transforme sa souffrance en acte de résistance culturelle. « Je vais chanter avec des larmes dans mon cœur. Ces larmes vont être aussi les larmes de l’espérance », affirme-t-il en évoquant son 28e Olympia. Un concert qu’il présente comme « la fête de l’espérance », refusant que la haine dicte son agenda artistique.
Le chanteur trace une ligne claire entre lucidité et défaitisme : « Il ne faut pas sombrer dans le catastrophisme ». Cette nuance révèle toute la complexité de sa position. Reconnaître la gravité de la situation sans abandonner la bataille. Pleurer sans capituler. Témoigner sans désespérer.
« On va se relever de cette épreuve, on va tous se relever », martèle-t-il avec une conviction qui surprend après un constat si sombre. Ce « tous » n’est pas anodin : il rappelle son refus exprimé sur CNews de « stigmatiser tout le monde ». L’espoir collectif reste possible, à condition de ne pas céder aux généralisations.
Cette dialectique entre larmes et espérance traduit toute l’ambivalence d’un homme qui continue de croire en la France tout en préparant mentalement d’autres horizons. Car si le message reste optimiste sur scène, les coulisses révèlent des réflexions plus radicales sur son avenir dans l’hexagone.

Une Menace D’Exil Si Marine Le Pen Accède Au Pouvoir
Ces réflexions trouvent leur expression la plus radicale dans un entretien accordé à Radio J. Interrogé sur son avenir en cas de victoire de Marine Le Pen à la présidentielle, Enrico Macias tranche sans détour : « Je ne reste pas, bien sûr ». Une déclaration qui contraste avec l’optimisme affiché sur scène, révélant une ligne rouge infranchissable dans sa relation avec la France.
La destination est déjà arrêtée. « Israël de toute façon, c’est la seule destination qu’un juif habitant du monde peut avoir, peut espérer », explique-t-il avec une conviction nourrie par l’histoire. Cette certitude s’appuie sur une comparaison glaçante : « Avant, quand on était persécuté, c’était Auschwitz. Maintenant, c’est Israël ».
Le parallèle, brutal, dit tout de sa vision du monde contemporain. Israël n’apparaît plus comme un choix parmi d’autres, mais comme l’ultime refuge face à la résurgence des persécutions. « Heureusement qu’on a Israël », ajoute-t-il, soulignant le caractère vital de cette échappatoire.
Une nuance subsiste néanmoins dans ce scénario d’exil. « Il ne faut pas y aller forcé, il faut aller de son plein gré en Israël », précise l’artiste. Cette distinction entre départ choisi et fuite contrainte témoigne d’une dernière dignité revendiquée : partir debout plutôt que chassé. Un principe qui résonne avec toute l’histoire d’un homme ayant déjà dû quitter l’Algérie en 1961, et qui refuse de revivre ce traumatisme sur le sol français.










