📌 Enrico Macias face à la montée de l’antisémitisme en France : « Ça me crève le cœur » et son exil envisagé si Marine Le Pen est élue
Posted 31 janvier 2026 by: Admin

L’Émotion D’Une Légende Face À L’Antisémitisme En France
L’attaque de la synagogue de Rouen, où un homme sous OQTF a été abattu après une tentative d’incendie, a profondément ébranlé Enrico Macias. Sur le plateau de CNews, le chanteur octogénaire n’a pas caché son désarroi. « Non seulement je suis en souffrance, mais je suis brisé par tout ce qui se passe », confie-t-il, la voix chargée d’émotion. Alors qu’il prépare son 28e Olympia, l’interprète d’Adieu mon pays refuse pourtant de céder au désespoir total.
Face à Pascal Praud, Enrico Macias tient à nuancer son propos. « Il ne faut pas stigmatiser tout le monde, il faut pas généraliser. Il y a des musulmans qui sont touchés par tout ce qui se passe et je ne veux pas faire de la langue de bois », insiste-t-il. Cette volonté de ne pas alimenter les divisions témoigne d’une lucidité rare dans le débat public actuel.
La décoration du policier auteur des cinq tirs, décidée par le ministère de l’Intérieur, illustre la complexité de la situation. Pour le chanteur d’ascendance juive, cette montée de l’antisémitisme représente une blessure personnelle qu’il ne peut ignorer. « Je vais chanter avec des larmes dans mon cœur », promet-il, transformant son concert en acte de résistance symbolique. Cette « fête de l’espérance » qu’il évoque devient ainsi bien plus qu’un simple récital.

Une Vie Marquée Par Les Conflits Et La Violence
Cette souffrance trouve ses racines dans un parcours personnel jalonné de drames historiques. Né en 1938, Enrico Macias a vu le jour alors que l’Europe basculait dans la Seconde Guerre mondiale. « C’était déjà le début de la deuxième guerre mondiale », rappelle-t-il avec gravité. Une première cicatrice indélébile pour celui qui grandira ensuite dans l’Algérie coloniale.
La guerre d’Algérie viendra amplifier ce traumatisme. Le jeune Gaston Ghrenassia, son nom de naissance, devra quitter son pays natal en 1961, fuyant les violences et l’exil forcé. Cette déchirure nourrira son tube planétaire Adieu mon pays, hymne mélancolique d’un déracinement vécu par des milliers de pieds-noirs et de juifs d’Algérie.
Aujourd’hui octogénaire, le chanteur constate avec amertume que l’histoire se répète. « À la fin de mes jours, je vois la France déchirée par cet antisémitisme qui me crève le cœur », déplore-t-il face aux caméras. Trois périodes sombres pour une seule existence : la Shoah, la guerre d’indépendance algérienne, et maintenant cette résurgence des tensions communautaires en France.
Pourtant, malgré cette accumulation de douleurs, l’artiste refuse de baisser les bras. « Je vais chanter avec des larmes dans mon cœur. Ces larmes vont être aussi les larmes de l’espérance », promet-il. Une détermination qui puise sa force dans des décennies de résilience face à l’adversité.

Le Message D’Espérance Malgré La Déchirure
Cette résilience forgée par l’histoire se traduit aujourd’hui par un refus catégorique de céder au désespoir. « Il ne faut pas sombrer dans le catastrophisme », martèle Enrico Macias avec une conviction qui tranche avec l’émotion palpable de ses propos. Pour l’octogénaire, les larmes ne signent pas la défaite mais deviennent le terreau d’un sursaut collectif.
Son 28e Olympia, qu’il prépare activement, incarne précisément cette philosophie. L’artiste le présente comme « la fête qui continue, la fête de l’espérance ». Une célébration qui n’ignore pas la gravité du moment mais refuse de laisser la haine étouffer la vie culturelle et la fraternité. Le chanteur transforme ainsi la scène en tribune de résistance pacifique.
Son message se veut d’ailleurs inclusif, loin de toute stigmatisation communautaire. « Il ne faut pas généraliser. Il y a des musulmans qui sont touchés par tout ce qui se passe », insiste-t-il, refusant l’amalgame facile. Cette nuance, rare dans le débat public actuel, témoigne d’une lucidité qui dépasse les clivages simplistes.
« On va se relever de cette épreuve, on va tous se relever », conclut Enrico Macias avec une force qui contraste avec sa fragilité physique. Un optimisme volontaire qui puise dans l’expérience d’une vie entière à surmonter les fractures. Reste que derrière cette détermination affichée se profile une inquiétude plus profonde, celle d’un homme qui envisage désormais d’autres horizons face à l’évolution politique du pays.

Une Menace D’Exil Si Le RN Accède Au Pouvoir
Cette inquiétude trouve sa traduction la plus radicale dans un positionnement politique sans ambiguïté. Interrogé sur Radio J, la radio communautaire juive, Enrico Macias a franchi un cap : si Marine Le Pen remportait la prochaine élection présidentielle, il quitterait définitivement la France. « Je ne reste pas, bien sûr », a-t-il tranché sans l’ombre d’une hésitation.
Pour le chanteur, la destination ne fait aucun doute. « Israël de toute façon, c’est la seule destination qu’un juif habitant du monde peut avoir, peut espérer », affirme-t-il avec une conviction qui résonne comme un constat historique. Sa comparaison saisit par sa brutalité : « Avant, quand on était persécuté, c’était Auschwitz. Maintenant, c’est Israël ». Une formule choc qui mesure l’abîme entre hier et aujourd’hui, entre la déportation et le refuge.
Mais l’octogénaire insiste sur une nuance capitale. « Heureusement qu’on a Israël. Mais il ne faut pas y aller forcé, il faut aller de son plein gré en Israël », précise-t-il. Un départ choisi plutôt que subi, une émigration volontaire plutôt qu’un exil contraint. La distinction révèle toute l’ambivalence d’un homme attaché à la France mais prêt à rompre si l’arrivée au pouvoir de l’acolyte de Jordan Bardella venait confirmer ses pires craintes.
Cette déclaration fracassante dépasse le simple positionnement politique. Elle traduit l’angoisse profonde d’une partie de la communauté juive française face aux évolutions électorales et sécuritaires du pays.










