📌 Expulsion de squatteurs : la facture d’énergie, document indispensable pour éviter la procédure judiciaire longue
Posted 26 janvier 2026 by: Admin

Le Moment De Stupeur : Quand Les Forces De L’ordre Vous Laissent Devant Votre Porte
Vous rentrez de week-end. La serrure ne répond plus à votre clé. À travers la fenêtre du rez-de-chaussée, vous apercevez des silhouettes inconnues installées dans votre salon. L’angoisse monte. Vous composez le 17. Les policiers arrivent rapidement, écoutent votre récit, constatent l’effraction manifeste, interrogent les occupants qui prétendent avoir « des droits » sur les lieux. Puis vient la phrase qui sidère : « Nous ne pouvons pas les faire sortir maintenant. Il faut passer par la préfecture. »
Ce scénario, loin d’être marginal, traduit un paradoxe juridique que des milliers de propriétaires découvrent dans la stupeur. Les forces de l’ordre présentes sur place ne restent pas par manque de volonté, mais par absence d’autorisation administrative. Sans ordre explicite du préfet ou décision judiciaire, l’expulsion immédiate demeure impossible, même face à une violation flagrante de domicile. Le titre de propriété que vous brandissez prouve votre statut de détenteur des murs, pas celui d’occupant légitime du logement. Cette distinction administrative, technique et méconnue, transforme une intervention policière en simple constat. Vous restez dehors, eux dedans.
Pourtant, la loi prévoit bien une procédure rapide : l’article 38 de la loi DALO permet une évacuation en moins de 72 heures. Le véritable blocage tient à un seul papier manquant dans le dossier transmis au préfet. Tant qu’il n’apparaît pas, la machine administrative reste grippée, et votre cauchemar s’éternise.

Le Verrou Administratif : Pourquoi Vos Droits De Propriétaire Ne Suffisent Pas
Cette impuissance policière repose sur un dispositif légal précis. L’article 38 de la loi DALO du 5 mars 2007 impose une validation préfectorale avant toute évacuation forcée. La police n’intervient jamais sur simple appel du propriétaire : elle exige un ordre du préfet ou une décision de justice. Sans l’un de ces documents, les forces de l’ordre constatent, enregistrent, mais ne délogent pas.
Le propriétaire doit d’abord déposer plainte pour violation de domicile, infraction sanctionnée par trois ans de prison et 45 000 euros d’amende. Ces peines visent autant les squatteurs que les propriétaires tentés de se faire justice eux-mêmes. Une fois la plainte enregistrée, le dossier part au préfet. C’est là que tout se joue.
Le préfet n’autorise l’évacuation que s’il a la certitude absolue qu’il s’agit d’un domicile protégé ou d’un local d’habitation prêt à être occupé. Votre titre de propriété prouve que vous possédez les murs, pas que vous y vivez réellement. Cette distinction administrative, floue pour le grand public, constitue le verrou du système. Un appartement vide entre deux locataires, une maison en travaux, un studio fraîchement hérité : autant de situations où le préfet hésite, temporise, puis renvoie le dossier vers la justice classique.
Sans preuve claire d’occupation effective du logement, la procédure administrative rapide devient inaccessible. Le propriétaire bascule alors dans un parcours judiciaire long de 18 à 24 mois. Entre-temps, les squatteurs s’installent, et le cauchemar s’enracine.

La Loi Anti-Squat 2023 : Une Arme Efficace Si Vous Connaissez Les Règles Du Jeu
Ce verrou administratif s’est pourtant desserré avec la loi n° 2023-668 du 27 juillet 2023. Ce texte, dit loi anti-squat, a durci les conditions d’évacuation tout en accélérant les délais pour les propriétaires capables de produire le bon dossier. Trois conditions se cumulent désormais : plainte déposée, preuve que le logement constitue votre domicile ou votre bien, et constat d’occupation illicite établi par un officier de police judiciaire, le maire ou un commissaire de justice.
Une fois le dossier complet reçu, le préfet dispose de 48 heures pour répondre. Ce délai ne concerne pas l’ancienneté du squat, contrairement à une idée reçue tenace. Vous pouvez activer la procédure administrative trois semaines ou deux mois après l’intrusion, dès lors que l’effraction reste prouvée. La vraie limite, c’est la complétude du dossier.
Après validation préfectorale, une mise en demeure fixe un dernier délai aux occupants : 24 heures minimum s’il s’agit de votre domicile, 7 jours pour les autres locaux d’habitation. Passé ce délai, l’évacuation par la force publique intervient sans nouvelle attente. En théorie, un propriétaire organisé peut voir les squatteurs délogés en moins de 72 heures totales.
Cette rapidité administrative reste conditionnée à un élément précis, souvent sous-estimé jusqu’au moment où il manque : la preuve matérielle que ce logement n’est pas un simple bien patrimonial, mais un espace de vie réel ou imminent.

Le Sésame Administratif : Facture D’Énergie Et Kit De Survie Anti-Squat
Cette preuve matérielle tient en un document banal, pourtant décisif : une facture d’énergie récente à votre nom avec l’adresse du logement squatté. Combinée à d’autres pièces, elle constitue le véritable sésame qui déclenche l’intervention préfectorale. Sans elle, le dossier reste bloqué, peu importe la solidité de votre titre de propriété.
Un propriétaire parisien en a fait l’amère expérience. Son appartement, vide entre deux locataires, ne contenait aucun meuble au moment du squat. Malgré sa plainte et son acte notarié, le préfet a rejeté sa demande d’évacuation administrative. Ce n’est qu’après production de devis de travaux signés, prouvant un usage imminent du logement, que le dossier a été débloqué.
Pour éviter ce type de paralysie, constituez dès maintenant un « kit de preuve d’occupation » conservé en copie numérique et chez un proche. Sept documents forment ce bouclier juridique : titre de propriété ou bail, factures récentes d’électricité ou d’eau à votre nom, avis de taxe d’habitation, attestation d’assurance habitation en cours, photos datées de l’intérieur avec vos meubles, devis de travaux pour un logement en rénovation, et constat de serrurier ou d’huissier en cas d’effraction.
Ces pièces transforment un propriétaire démuni en dossier recevable. La différence entre 72 heures d’évacuation administrative et 18 mois de procédure judiciaire tient souvent à cette seule préparation documentaire, effectuée avant que le squat ne survienne.










