
Une Famille au Bord du Précipice : le Compte à Rebours Avant l’Expulsion
Le 19 janvier 2026, un avis d’huissier est venu briser le quotidien d’Eva Grand. Mère de quatre enfants, elle vit depuis lors sous la menace d’une expulsion programmée au 19 mars 2026, dans son appartement de la rue du Général-de-Gaulle à Saint-Chamond, dans la Loire.
La procédure judiciaire qui la rattrape est lourde : plus de 10 000 euros de dette locative réclamés par son bailleur, une décision de justice prononcée en décembre 2025 et un compte à rebours qui s’égrène inexorablement. Pour cette famille de cinq personnes, le risque est concret : se retrouver sans toit à quelques semaines de là.
« Et là, c’est la descente aux enfers », souffle Eva Grand. Une formule qui résume à elle seule l’ampleur de la chute — sociale, familiale, psychologique — que représente cette menace d’expulsion. Car derrière les chiffres et les procédures se cache une réalité humaine : quatre enfants dont la stabilité dépend d’une issue judiciaire et administrative encore incertaine.
Comment une famille en est-elle arrivée là ? La réponse se trouve dans une succession d’événements qui, depuis l’emménagement en mai 2022, ont progressivement transformé ce qui devait être un foyer en source de conflits insurmontables.

Aux Origines du Conflit : Dépression, Impayés et un Logement qui se Dégrade
Mai 2022. Eva Grand s’installe rue du Général-de-Gaulle avec ses quatre enfants, convaincue d’y trouver un cadre de vie stable. Quelques mois suffisent pour que la réalité rattrape cette espérance.
Dès l’automne, les loyers commencent à s’accumuler. La locataire invoque une dépression sévère qui plombe sa capacité à faire face à ses obligations financières. Un premier plan d’apurement est négocié avec le bailleur, mais Eva Grand ne parvient pas à le respecter pleinement. Son explication est directe : « Ma priorité, c’étaient mes enfants. »
Cette phrase résume l’arbitrage douloureux auquel elle dit avoir été confrontée — nourrir et protéger ses enfants au quotidien, ou honorer des échéances locatives que sa situation psychologique et financière rendait alors intenables. Un choix qui, sur le papier, se traduit en impayés ; dans les faits, en engrenage judiciaire.
Le bailleur, lui, pointe une réalité différente : les manquements répétés aux plans successifs ont rendu toute sortie amiable progressivement inopérante. L’impayé, antérieur au dégât des eaux, constitue selon lui le cœur du litige — et non ses conséquences.
C’est pourtant ce dégât des eaux survenu en juin 2024 qui va transformer une situation déjà fragile en rupture totale, précipitant la famille vers l’épreuve de force judiciaire de décembre 2025.



