📌 François Ruffin propose un président au SMIC et 20 millions d’économies à l’Élysée pour financer 400 postes d’infirmiers
Posted 27 janvier 2026 by: Admin

L’Annonce Choc D’Une Candidature Atypique
Lundi soir, François Ruffin a franchi le Rubicon. Face aux caméras du 20 h de TF1, le député de la Somme a officialisé sa candidature à la primaire de la gauche pour 2027. Mais ce n’est pas l’annonce en elle-même qui électrise le débat public. C’est la proposition qui l’accompagne : un président payé au SMIC. Une déclaration aussi radicale que calculée, visant directement « la France qui se lève tôt », ces huit millions de personnes qui ont maintenu le pays debout durant la crise sanitaire.
« Je suis un député qui se paie au SMIC, comme président de la République ça sera pareil », affirme-t-il sans détour. Cette posture, inédite dans le paysage politique français, rompt avec les codes traditionnels de la fonction présidentielle. Ruffin ne cherche pas à séduire les apparatchiks. Il s’adresse aux invisibles, ceux que les discours policés n’atteignent plus.
Avec son mouvement Debout, l’ancien insoumis trace une ligne de fracture nette. Ni socialistes, ni écologistes traditionnels, ni même mélenchonistes : Ruffin se positionne en électron libre. Son pari ? Que l’authenticité et la radicalité sociale peuvent encore mobiliser un électorat désabusé. Une stratégie risquée, mais qui a le mérite de la clarté : l’exemplarité ne se décrète pas, elle se vit au quotidien.

Un Projet Présidentiel Aux Économies Drastiques
Au-delà du symbole salarial, François Ruffin chiffre sa rupture. Vingt millions d’euros : c’est le montant qu’il promet de retrancher au budget de l’Élysée. Une coupe budgétaire qu’il traduit immédiatement en équivalent social : « C’est 400 postes d’infirmiers », martèle-t-il. Le calcul est simple, l’image percutante. Dans un pays où les services publics asphyxient, chaque euro détourné du faste présidentiel devient une trahison.
« L’exemple doit venir d’en haut », insiste le député. Cette phrase résume toute sa philosophie politique. Là où d’autres candidats promettent des réformes structurelles, Ruffin propose d’incarner le changement dès le premier jour. Pas de discours sur la sobriété : une application immédiate, visible, quantifiable. Son SMIC présidentiel n’est pas une posture morale abstraite, c’est un engagement comptable vérifiable.
La radicalité du projet interroge pourtant sa faisabilité. Aucun chef d’État européen n’a jamais tenté pareille expérience. Les critiques fusent déjà : comment financer les déplacements diplomatiques, assurer la sécurité, maintenir la représentation nationale avec un budget amputé ? Ruffin balaie les objections. Pour lui, le protocole républicain n’a pas besoin d’or et de dorures. L’autorité présidentielle se construit ailleurs, dans la proximité et la cohérence.
Ce pari sur l’austérité volontaire trace une ligne idéologique claire. Elle sépare ceux qui croient encore que la fonction présidentielle exige du faste de ceux qui estiment qu’elle doit refléter la réalité populaire. Un clivage qui, au-delà des économies promises, interroge la nature même du pouvoir.

Stratégie De Rassemblement Dans Une Gauche Fragmentée
Cette radicalité budgétaire s’inscrit dans un paysage politique éclaté. François Ruffin ne se présente pas seul : Marine Tondelier et Clémentine Autain ont déjà déclaré leur candidature à la primaire de la gauche. Mais les poids lourds restent à l’écart. Les Insoumis refusent obstinément toute participation, tandis que Raphaël Glucksmann maintient ses distances. Une fragmentation qui pourrait condamner la gauche avant même le premier tour.
Ruffin, lui, joue la carte du rassemblement volontariste. Détaché de Jean-Luc Mélenchon depuis 2024, il se positionne désormais comme l’homme du consensus possible. Son mouvement Debout ne porte pas les stigmates de la France insoumise, ce qui lui permet de tendre la main aux écologistes comme aux socialistes. « Celui qui remportera la victoire, c’est celui qui soulèvera l’espoir », affirme-t-il, refusant la fatalité de la division.
Les chiffres qu’il avance témoignent de son pragmatisme : 500 parrainages d’élus et 100 000 soutiens citoyens. Des objectifs ambitieux mais atteignables, qui lui permettraient de se présenter même sans investiture collective. Cette double stratégie révèle sa détermination : rassembler d’abord, mais avancer seul si nécessaire. Un pari risqué dans un camp habitué aux guerres intestines.
Reste à savoir si cette posture d’unificateur convaincra. La gauche française excelle dans l’art de transformer ses primaires en champs de bataille. Ruffin mise sur l’épuisement des querelles d’appareil et sur l’appel du concret face aux luttes d’ego.

La Polémique Enfle : « Il Suffit D’être Pauvre Pour Être Honnête »
Cette stratégie d’unification par le symbole ne convainc pas tout le monde. Sur le plateau d’Estelle Midi sur RMC, David Riolo a vertement attaqué la proposition salariale de Ruffin. « C’est bien connu, il suffit d’être pauvre pour être honnête ! », lance le journaliste avec ironie. Une critique frontale qui résume l’embarras d’une partie de l’opinion : l’équation entre revenus modestes et intégrité morale tiendrait-elle vraiment la route ?
Riolo enfonce le clou en pointant l’isolement international de cette mesure. « C’est tellement formidable qu’aucun pays ne le fait ! », argue-t-il, suggérant que l’absence de précédent révèle peut-être une impraticabilité réelle plutôt qu’un courage politique. Pour le chroniqueur, cette annonce relève davantage de la « supercherie » que du projet crédible. Un qualificatif brutal qui traduit le scepticisme d’une partie des observateurs face aux postures radicales.
Cette sortie médiatique illustre la fracture que provoque Ruffin. D’un côté, ses soutiens y voient un geste de cohérence après des années de discours sur les inégalités. De l’autre, ses détracteurs dénoncent une opération de communication sans substance, voire une infantilisation du débat démocratique. La question du salaire présidentiel devient alors un révélateur des divisions plus profondes sur la nature même du pouvoir.
Le député de la Somme pourrait répondre prochainement à ces accusations. Mais le débat est lancé : un président au SMIC serait-il un symbole salvateur ou une distraction face aux vrais enjeux de gouvernance ?










