📌 H&M ferme son centre logistique belge : 440 suppressions d’emplois et disparition de la marque Monki
Posted 5 avril 2026 by: Admin

La Fermeture Du Centre Logistique De Ghlin : 440 Emplois Sur La Sellette
Le 5 mars 2026, H&M a tranché : son centre logistique de Ghlin, en Belgique, fermera ses portes. Ce site assurait jusqu’alors la distribution vers l’Europe du Sud pour l’ensemble du groupe suédois. La décision frappe de plein fouet les 440 salariés qui y travaillent, soit la totalité de l’effectif local.
Le géant de la fast fashion justifie ce choix par une réorganisation de sa chaîne logistique européenne. Les opérations de Ghlin seront transférées vers l’Espagne et l’Italie, dans une logique de concentration géographique censée améliorer l’efficacité du groupe. Sur le papier, l’argument tient. Sur le terrain, la réalité est brutale.
« Abasourdis » : c’est le mot employé par le président du syndicat des travailleurs pour décrire l’état des équipes. « La plupart des membres du personnel sont d’ailleurs rentrés chez eux », confie-t-il. Une réaction qui traduit autant le choc que l’impuissance face à une annonce tombée sans préavis réel. Après des années de service au sein d’un site stratégique, ces centaines d’employés se retrouvent soudainement privés de perspectives dans une région où les alternatives restent limitées.
Cette fermeture s’inscrit dans une vague plus large de suppressions de postes et de fermetures de boutiques en France, révélant une transformation profonde du modèle H&M.

Une Restructuration Justifiée Par Un Contexte Économique « Particulièrement Exigeant »
Pour H&M, cette décision ne relève pas du choix stratégique offensif, mais bien de la nécessité défensive. Le groupe suédois pointe un secteur de la mode pris dans un étau : « Depuis plusieurs années, le secteur de la mode évolue dans un environnement particulièrement exigeant », affirme l’entreprise dans son communiqué officiel.
Derrière cette formulation prudente se cache une réalité plus crue : la forte concurrence qui érode les marges et impose des arbitrages brutaux. Face à l’offensive des acteurs ultra-rapides comme Shein ou Temu, et à la montée en puissance du marché de la seconde main, H&M se retrouve coincé entre pression sur les prix et exigences logistiques croissantes.
La fermeture de Ghlin s’inscrit dans cette logique de rationalisation. Le groupe évoque « des ajustements et des évolutions nécessaires à l’organisation logistique en Europe du Sud ». Traduction : concentrer les flux vers l’Espagne et l’Italie permettrait de réduire les coûts d’exploitation tout en maintenant la couverture du marché sud-européen.
Mais cette restructuration ne se limite pas à la Belgique. En France, de nombreuses boutiques ont également fermé leurs portes ces derniers mois, confirmant un mouvement de fond qui touche l’ensemble du réseau physique. Le message est clair : H&M privilégie désormais l’efficacité opérationnelle à l’expansion territoriale, quitte à sacrifier des sites historiques et des centaines d’emplois au passage.

La Fin De Monki : Fusion Des Marques Pour S’Adapter Au Digital
Cette rationalisation logistique s’accompagne d’une refonte plus profonde du portefeuille de marques. H&M a annoncé la disparition progressive de Monki en tant qu’enseigne autonome, une décision qui prolonge la logique d’optimisation déjà à l’œuvre dans la restructuration belge.
Contrairement à Ghlin, il ne s’agit pas ici d’une simple fermeture. Monki sera intégrée au site Weekday, créant ainsi une plateforme unifiée censée répondre aux nouvelles attentes des consommateurs. « Intégrer l’expérience distincte de la marque Monki au site Weekday », justifie le groupe, qui mise sur cette fusion pour capter une clientèle désormais « plus tournée vers le digital ».
Derrière cette opération se dessine une stratégie claire : simplifier l’offre pour mieux concentrer les investissements numériques. Plutôt que de maintenir plusieurs boutiques en ligne et réseaux physiques distincts, H&M fait le pari de la consolidation digitale. Un choix qui reflète l’évolution des habitudes d’achat, où la frontière entre marques s’estompe au profit d’une expérience client fluide et multicanale.
La fermeture des boutiques Monki accompagne celle de nombreux autres points de vente, confirmant que cette fusion n’est pas un simple ajustement cosmétique. C’est une réponse directe à la pression d’acteurs natifs du digital qui ont bouleversé les règles du jeu. En regroupant ses forces, H&M tente de reconquérir un terrain perdu face à des plateformes ultra-réactives qui ont su capter l’attention d’une génération connectée.

Des Résultats Financiers Alarmants À L’Origine De La Mutation
Ces réorganisations ne relèvent pas d’une simple anticipation stratégique. Elles répondent à une réalité financière brutale qui contraint H&M à réagir avec urgence.
Durant l’été 2024, le groupe suédois a enregistré une baisse des ventes de près de 30%, accompagnée d’une chute spectaculaire du bénéfice net de 2,3 milliards de couronnes suédoises. Le chiffre d’affaires global a lui aussi reculé de 3%, s’établissant à 59 milliards de couronnes. Des indicateurs qui traduisent bien plus qu’un simple ralentissement conjoncturel.
Ces chiffres révèlent une érosion continue de la position du géant face à une concurrence qui a su capter les nouveaux codes de consommation. Là où H&M peinait à renouveler son offre et à accélérer sa présence digitale, d’autres acteurs imposaient des cycles de renouvellement ultra-rapides et une expérience client entièrement repensée.
Face à des résultats aussi préoccupants, la direction n’avait guère d’autre option que de repenser son modèle en profondeur. La fermeture de Ghlin, la fusion Monki-Weekday et les multiples fermetures de boutiques s’inscrivent ainsi dans une même logique : réduire les coûts fixes, concentrer les ressources sur les canaux les plus performants et tenter de reconquérir une rentabilité compromise.
Cette mutation forcée témoigne d’une industrie textile en pleine recomposition, où même les géants historiques doivent accepter de réinventer leurs fondamentaux pour survivre dans un marché impitoyable.










