📌 IBM : Un salarié en arrêt maladie depuis 15 ans réclame une augmentation de 75% de son salaire devant la justice
Posted 22 janvier 2026 by: Admin

Un Arrêt Maladie Prolongé Grassement Rémunéré
L’histoire d’Ian Clifford défie les conventions du monde du travail. Diagnostiqué d’une leucémie de stade 4 en 2012, cet employé britannique d’IBM n’a plus mis les pieds au bureau depuis quinze ans. Pourtant, chaque mois, son compte bancaire affiche un virement régulier de 5 125 euros. Le secret de cette rémunération sans présence ? Un « plan de santé » exceptionnel mis en place par son employeur, lui garantissant 75 % de son salaire initial sans aucune obligation de service.
Les chiffres donnent le vertige. Avec 54 000 livres sterling par an, soit environ 61 500 euros annuels, le quinquagénaire bénéficie d’une sécurité financière que peu de salariés en arrêt maladie peuvent espérer. Ce dispositif, loin d’être temporaire, s’étend jusqu’à ses 65 ans, âge légal de départ à la retraite au Royaume-Uni. Une protection sociale d’entreprise qui illustre les différences majeures entre les politiques de ressources humaines des multinationales.
Cette compensation généreuse soulève une question inattendue : que se passe-t-il lorsqu’un salarié absent depuis plus d’une décennie estime que ces milliers d’euros mensuels ne suffisent plus ?

La Plainte Inattendue : Réclamer Une Augmentation Sans Travailler
Février 2022. Ian Clifford franchit un cap que peu auraient osé envisager : il saisit le tribunal du travail de Reading pour attaquer IBM. Son grief ? L’absence totale de revalorisation salariale pendant ces quinze années d’absence. Le quinquagénaire invoque une « discrimination liée au handicap », estimant que son employeur aurait dû ajuster sa rémunération au fil du temps, comme pour n’importe quel salarié actif.
L’argument central de sa plainte repose sur l’inflation. Depuis 2012, le coût de la vie au Royaume-Uni a considérablement augmenté, grignotant mécaniquement le pouvoir d’achat de ses 5 125 euros mensuels. Pour Ian Clifford, cette érosion monétaire constitue une forme de préjudice que l’entreprise aurait dû compenser par des augmentations régulières, malgré son inactivité professionnelle totale.
Le paradoxe juridique fascine autant qu’il interroge. Comment justifier une hausse de salaire pour un poste non occupé depuis plus d’une décennie ? La demande bouscule les codes habituels du droit du travail, où la rémunération reflète généralement une contribution effective à l’entreprise. Reste à savoir si la justice britannique allait valider cette logique inédite ou rappeler les limites de la générosité patronale.

Le Verdict Sans Appel De La Justice
La réponse du tribunal ne se fait pas attendre. Le juge chargé d’examiner la plainte d’Ian Clifford la rejette sans ambiguïté, considérant que l’employé a déjà bénéficié d’un « avantage très substantiel » et d’un « traitement favorable » de la part d’IBM. Pour la justice britannique, l’entreprise a largement dépassé ses obligations légales en maintenant un flux financier constant pendant quinze années consécutives d’absence totale.
Le tribunal rappelle une réalité fondamentale : le plan de santé d’IBM constitue une mesure exceptionnelle, non une rémunération classique soumise aux revalorisations salariales habituelles. En garantissant 75 % du salaire sans aucune contrepartie productive, l’entreprise a déjà fait preuve d’une générosité rare dans le monde du travail. Réclamer en plus des augmentations régulières reviendrait à transformer un dispositif de protection sociale en droits acquis indexés.
Malgré cette procédure judiciaire à son encontre, IBM choisit de maintenir intégralement ses engagements financiers. Ian Clifford continuera donc de percevoir ses 5 125 euros mensuels jusqu’à sa retraite, un dénouement qui interroge sur la frontière ténue entre solidarité d’entreprise et revendications légitimes face à l’inflation galopante.

Un Pactole De 1,72 Million D’euros Jusqu’à La Retraite
Au-delà de l’échec judiciaire, Ian Clifford conserve un avantage financier considérable. D’ici ses 65 ans, l’employé d’IBM aura perçu la somme vertigineuse de 1,72 million d’euros au total, soit l’équivalent de trois décennies de rémunération sans avoir exercé la moindre activité professionnelle. Ce calcul prend en compte les quinze années déjà écoulées et les années restantes jusqu’à son départ à la retraite.
Le quinquagénaire justifie sa démarche contentieuse par des motivations familiales. Il affirme qu’il est « hautement improbable » qu’il survive au-delà de 65 ans compte tenu de sa leucémie de stade 4, et souhaitait simplement maximiser les ressources destinées à assurer l’avenir de son fils. Une explication qui humanise un dossier perçu par beaucoup comme une tentative opportuniste face à un employeur déjà exceptionnellement généreux.
Cette affaire illustre les zones grises du droit du travail moderne : jusqu’où s’étend la responsabilité d’un employeur envers un salarié durablement absent ? IBM a choisi la voie de la continuité, maintenant ses versements mensuels malgré la plainte. Un geste qui témoigne d’une éthique d’entreprise rare, mais qui soulève également la question des limites de la solidarité patronale face aux revendications salariales dans des contextes aussi atypiques.










