📌 IBM : Un salarié en arrêt maladie depuis 15 ans réclame une augmentation et perd son procès
Posted 25 janvier 2026 by: Admin

Une Rémunération Sans Contrepartie Depuis 15 Ans
Depuis 2012, Ian Clifford perçoit chaque mois 5 125 euros sans mettre les pieds au bureau. Cet employé britannique d’IBM bénéficie d’un dispositif exceptionnel : un plan de santé lui garantissant 75 % de son salaire durant son arrêt maladie. La raison de cette absence prolongée ? Une leucémie de stade 4 diagnostiquée il y a quinze ans, qui l’empêche totalement d’exercer ses fonctions.
Le mécanisme mis en place par la multinationale américaine relève de la protection sociale de haut niveau. Contrairement aux systèmes d’indemnisation classiques, limités dans le temps, ce dispositif assure au quinquagénaire un revenu stable jusqu’à ses 65 ans. Concrètement, il touche environ 61 500 euros annuels – soit 54 000 livres sterling – sans aucune obligation de retour au travail.
Cette situation peu commune illustre les engagements que peuvent prendre certaines grandes entreprises envers leurs salariés frappés par la maladie. IBM assume financièrement l’état de santé de son employé depuis plus d’une décennie, lui épargnant la précarité que connaissent nombre de malades chroniques contraints de quitter le monde du travail. Un traitement privilégié qui, paradoxalement, ne suffit plus au principal intéressé.

Une Plainte Pour Discrimination Qui Défie L’entendement
En février 2022, Ian Clifford franchit un cap inattendu : il saisit le tribunal du travail de Reading pour discrimination liée au handicap. Son grief ? L’absence totale d’augmentation salariale durant ses quinze années d’arrêt maladie. Alors qu’IBM lui verse fidèlement 75 % de sa rémunération initiale chaque mois, le quinquagénaire estime que cette somme fixe ne reflète plus la réalité économique actuelle.
L’argument avancé repose sur l’inflation. Depuis 2012, le pouvoir d’achat des 5 125 euros mensuels s’est effectivement érodé. Ce qui permettait d’acheter certains biens et services il y a quinze ans nécessite aujourd’hui des sommes supérieures. Pour Ian Clifford, l’entreprise aurait dû indexer ses versements sur l’évolution du coût de la vie, comme elle l’aurait fait pour un salarié actif occupant son poste.
Le paradoxe juridique saute aux yeux : un employé qui ne fournit aucune prestation de travail réclame une revalorisation salariale à son employeur. Cette démarche interroge les limites de la solidarité d’entreprise et la nature même du contrat de travail lorsque celui-ci devient une simple obligation financière unilatérale. La justice britannique allait devoir trancher cette question aussi délicate qu’inédite.

Le Verdict Sans Appel De La Justice Britannique
Le juge du tribunal du travail de Reading a rapidement tranché. La plainte d’Ian Clifford est rejetée sans ambiguïté. Dans sa décision, le magistrat souligne que l’employé bénéficie déjà d’un « avantage très substantiel » et d’un « traitement favorable » de la part d’IBM. Aucune discrimination liée au handicap n’a été retenue.
L’argumentaire juridique repose sur une analyse factuelle : la multinationale verse 75 % du salaire initial depuis quinze ans sans aucune contrepartie productive. Ce dispositif dépasse largement les obligations légales britanniques en matière d’arrêt maladie. Le plan de santé mis en place par l’entreprise constitue une mesure volontaire exceptionnelle, non une obligation contractuelle soumise aux révisions salariales classiques.
La justice rappelle également que les augmentations de salaire récompensent habituellement la performance, l’ancienneté active ou l’évolution des responsabilités. Ian Clifford, bien qu’officiellement employé, n’a exercé aucune fonction depuis 2012. Réclamer une indexation sur l’inflation revenait à exiger qu’IBM transforme un geste de solidarité en rente évolutive permanente.
Ce verdict établit un précédent juridique clair : la générosité patronale ne crée pas automatiquement de nouveaux droits salariaux. Malgré cette défaite judiciaire, l’employé britannique conserve l’intégralité de ses avantages financiers jusqu’à son départ à la retraite.

1,72 Million D’Euros Au Total Jusqu’À La Retraite
Malgré l’échec de sa démarche judiciaire, Ian Clifford continuera de percevoir 5 125 euros mensuels jusqu’à ses 65 ans. IBM maintient intégralement ses engagements financiers envers son employé, sans réviser à la baisse les conditions du plan de santé initial. Cette décision témoigne d’une cohérence remarquable dans la gestion humaine d’un dossier sensible.
Sur l’ensemble de la période d’arrêt maladie, qui s’étendra sur trente ans au total, le quinquagénaire britannique aura ainsi perçu 1,72 million d’euros sans avoir travaillé. Un montant vertigineux qui place cette situation parmi les cas les plus exceptionnels de protection sociale d’entreprise jamais documentés au Royaume-Uni.
Ian Clifford justifie sa plainte par une motivation paternelle : « Je voulais simplement assurer la prise en charge de mon fils. » Atteint d’une leucémie de stade 4, il estime qu’il est « hautement improbable » qu’il survive au-delà de 65 ans. Cette perspective médicale sombre explique en partie sa volonté d’obtenir des ressources supplémentaires pour sécuriser l’avenir de sa famille.
La multinationale informatique aurait pu réviser sa position après le procès. Elle a choisi la continuité. Ce maintien des engagements, malgré la contestation judiciaire, illustre une approche corporative rare : privilégier la responsabilité sociale sur la rigueur financière immédiate, même face à des circonstances juridiquement délicates.










