📌 Incendie mortel de Crans-Montana : les propriétaires du bar La Constellation accusés d’homicide involontaire après 40 morts

Posted 9 janvier 2026 by: Admin
L’Incendie Meurtrier Du Nouvel An À Crans-Montana
La nuit du 31 décembre 2025 devait incarner la fête, l’insouciance des sommets enneigés. Dans le bar La Constellation, niché dans la station huppée de Crans-Montana, des centaines de vacanciers s’apprêtaient à célébrer l’arrivée de 2026. Mais en quelques minutes, le réveillon a basculé dans l’horreur. Un feu s’est déclaré, dévorant l’établissement à une vitesse fulgurante, piégeant les fêtards dans un brasier mortel.
Le bilan humain est accablant : 40 morts et 116 blessés. Des familles entières venues chercher la magie de la montagne suisse ont été fauchées par les flammes et la fumée toxique. Les secours, mobilisés en pleine nuit dans des conditions extrêmes, n’ont pu que constater l’ampleur du désastre. L’incendie, d’une violence rare, a consumé le bar en un temps record, ne laissant aucune chance à de nombreuses victimes.
Ce qui devait être un moment de joie s’est transformé en tragédie nationale. Les autorités suisses ont immédiatement ouvert une enquête pour comprendre comment un tel drame a pu se produire dans un pays réputé pour sa rigueur en matière de sécurité. Les premiers éléments pointent vers des négligences graves dans la gestion de l’établissement, soulevant des questions vertigineuses sur les responsabilités de ceux qui tenaient les rênes de La Constellation.
Le Couple Moretti Dans La Tourmente Judiciaire
Les regards se tournent désormais vers Jacques et Jessica Moretti, propriétaires du bar depuis 2022. Le couple d’origine corse, actuellement retranché dans un chalet à quelques kilomètres du lieu du drame, fait face à des accusations qui glacent : homicide involontaire, blessures involontaires et mise en danger. Les négligences présumées en matière de sécurité incendie leur sont directement imputées.
Ce vendredi 9 janvier, ils seront à nouveau auditionnés par la justice suisse. Leur stratégie est claire : nier toute responsabilité. Pourtant, les premiers éléments de l’enquête dressent un portrait accablant de la gestion de La Constellation. Les normes de sécurité auraient été systématiquement ignorées, transformant l’établissement en piège mortel lors de cette nuit fatale.
Acquéreurs du bar il y a seulement quatre ans, les Moretti semblaient avoir trouvé leur eldorado dans les hauteurs alpines. Mais derrière la façade du commerce florissant se cachait une réalité bien plus sombre. Les inspections révèlent des manquements criants aux règles élémentaires de protection contre les incendies, des défaillances qui ont directement contribué à la propagation fulgurante des flammes.
L’étau judiciaire se resserre. Si les preuves s’accumulent, le couple pourrait porter seul le poids d’une des pires catastrophes que la Suisse ait connues ces dernières décennies. Une responsabilité écrasante qui commence à révéler d’autres zones d’ombre dans leur parcours.
Les Pratiques Frauduleuses Révélées Par Un Ex-Employé
Derrière les manquements sécuritaires se cache un système de fraude bien rodé. Un ancien salarié du bar a accepté de témoigner auprès de France Télévisions, levant le voile sur les méthodes peu scrupuleuses de Jacques Moretti. « Les machines à pression pour la bière blonde étaient coupées volontairement par le patron, et on avait pour consigne de remplir les bières avec des canettes d’une marque qui s’appelle Saint-Gotthard. Il achetait ça chez Aldi », révèle-t-il.
La supercherie ne s’arrêtait pas là. Les clients qui commandaient de la Grey Goose, vodka haut de gamme vendue à prix fort, se voyaient servir un alcool bas de gamme. « On nous a demandé de garder les bouteilles vides de Grey Goose et de les remplir avec une bouteille bas de gamme », poursuit le témoin. Une pratique d’escroquerie pure qui permettait à Moretti de maximiser ses marges sur le dos des vacanciers.
Les employés n’étaient pas mieux traités. Pour compenser les heures supplémentaires non déclarées, tous percevaient une partie de leur salaire au noir. Un fonctionnement illégal qui révèle l’ampleur des dérives dans la gestion de La Constellation. Ces témoignages dessinent le portrait d’un patron habitué à contourner les règles, qu’elles concernent la qualité des prestations ou le droit du travail.
Ces révélations prennent aujourd’hui une dimension tragique : un homme capable de telles malversations quotidiennes pouvait-il accorder l’importance nécessaire aux normes de sécurité ? La question hante désormais l’enquête.
Un Passé Judiciaire Compromettant
Ce n’est pas la première fois que Jacques Moretti se retrouve face à la justice. En 2008, le gérant de La Constellation avait été condamné en Savoie à quatre mois de prison ferme dans une affaire de proxénétisme. Une condamnation qui jette aujourd’hui un éclairage troublant sur le profil de l’homme désormais soupçonné d’homicide involontaire.
Ce passé judiciaire révèle un parcours marqué par le mépris des règles et le franchissement de lignes rouges. Entre escroquerie sur les consommations, travail dissimulé et antécédents pénaux lourds, le portrait qui se dessine est celui d’un individu habitué à opérer en marge de la légalité. La question se pose désormais de savoir si les autorités suisses avaient connaissance de ce passé lors de la délivrance des autorisations d’exploitation du bar en 2022.
Pendant que l’enquête se poursuit, le couple Moretti reste terré dans son chalet, situé à quelques kilomètres seulement du lieu du drame. Leur nouvelle audition, prévue ce vendredi 9 janvier, s’annonce déterminante. Face aux accusations qui pèsent sur eux, ils comptent nier toute responsabilité. Mais entre les témoignages accablants des anciens employés, les manquements sécuritaires présumés et ce passé judiciaire qui refait surface, leur défense s’annonce difficile.
Quarante familles attendent des réponses. Et la justice suisse devra établir si cette tragédie était évitable.










