📌 Incendie mortel de La Constellation : la serveuse décédée avait déposé plainte contre le bar pour travail non déclaré

Posted 15 janvier 2026 by: Admin
L’Incendie De Crans-Montana Et La Bataille Juridique Posthume
Dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier, le bar La Constellation s’est transformé en piège mortel. L’embrasement de bougies vers les mousses du plafond a déclenché un incendie dévastateur qui a pris de court les jeunes fêtards. En quelques minutes, le lieu était englouti par les flammes. Le bilan s’avère terrible : 40 morts et une centaine de blessés.
Parmi les victimes figure Cyane Panine, serveuse franco-suisse de 24 ans. Mais une révélation glaçante vient bouleverser ce drame : la jeune femme avait entamé une procédure contre l’établissement avant de périr dans ses flammes. Me Sophie Haenni, avocate de sa famille, a dévoilé sur BFMTV que Cyane avait déposé « une requête en conciliation auprès du service de protection des travailleurs pour obtenir un contrat, son certificat de travail et ses certificats de salaire ».
Cette action juridique éclaire d’une lumière crue les conditions de travail au sein du bar. La jeune serveuse réclamait ce qui lui était dû, signalant des irrégularités manifestes dans sa situation professionnelle. Un conflit latent opposait donc la victime à ses employeurs, Jessica et Jacques Moretti, bien avant que la tragédie ne survienne.
Les Larmes Controversées De Jessica Moretti
Cette bataille juridique prend une dimension encore plus troublante au regard de la réaction publique de la gérante. Vendredi 9 janvier, à sa sortie du tribunal, Jessica Moretti s’est effondrée en larmes devant les caméras. « Mes pensées constantes vont vers les victimes et les gens qui se battent aujourd’hui. C’est une tragédie inimaginable », a-t-elle déclaré, sanglotant. « Jamais, jamais on aurait pu imaginer ça. Ça s’est passé dans notre établissement et je tiens à m’excuser. »
Ces excuses publiques n’ont pourtant pas convaincu la famille de Cyane. Bien au contraire. « La famille de Cyane n’a pas vraiment bien pris la réaction de Mme Moretti par rapport à ses excuses. Ils ont été passablement heurtés », révèle Me Sophie Haenni. La raison ? Un décalage flagrant entre l’image véhiculée et les faits. « Pour eux, ça ne correspond pas au comportement qu’elle a eu le soir du 31 décembre », précise l’avocate.
Ce contraste interroge. Comment concilier ces larmes devant les caméras avec l’attitude adoptée lors de la soirée tragique ? Pour les proches de la victime, cette communication de crise sonne faux. Leur douleur se double désormais d’un sentiment de colère face à ce qu’ils perçoivent comme une tentative de réhabilitation d’image, alors même que les révélations sur les conditions de travail de Cyane continuent d’affluer.
Épuisement Et Conditions De Travail Dénoncées
Derrière cette façade d’employeurs attentionnés se cachait une réalité bien différente. Cyane confiait régulièrement à ses proches souffrir de ses conditions de travail. « Elle disait avoir le sentiment d’être utilisée », rapporte Me Sophie Haenni. Un témoignage glaçant qui éclaire d’un jour nouveau les relations entre la jeune serveuse et ses employeurs.
Les confidences de Cyane à sa famille dressent le portrait d’une salariée à bout de forces. Peu avant son décès, elle faisait part de son épuisement aussi bien physique que moral. Plus révélateur encore : elle exprimait son incompréhension face au manque d’empathie et de compréhension des Moretti. Des mots qui contredisent frontalement la version des gérants, lesquels affirment avoir entretenu des liens quasi familiaux avec leur employée.
Cette souffrance au travail n’était pas restée sans réponse juridique. La requête en conciliation déposée auprès du service de protection des travailleurs témoigne d’une situation suffisamment dégradée pour nécessiter l’intervention des autorités. Cyane réclamait ce qui lui était légitimement dû : son contrat, ses certificats de travail et de salaire. Des documents élémentaires qu’un employeur se doit de fournir, mais qui semblaient faire défaut dans cet établissement pourtant prisé de la station valaisanne.
La Relation Professionnelle Fantasmée Par Les Gérants
Le dossier révèle un fossé troublant entre le discours public des Moretti et la réalité documentée. Jessica affirme que Cyane était sa « petite protégée », « comme sa petite sœur ». Jacques va plus loin, la décrivant « comme sa belle fille », notamment en raison de sa relation avec Jean-Marc, leur fils adoptif. Une proximité familiale mise en avant pour humaniser leur image, mais que les faits contredisent radicalement.
Me Sophie Haenni tranche sans détour : la relation était uniquement professionnelle et cordiale. « Cyane et les époux Moretti ne se sont jamais tutoyés », précise l’avocate. Les messages échangés entre eux, y compris le jour même de l’incendie, en attestent clairement. Dans ces SMS, Jessica Moretti ne semble adresser que des « ordres » à sa jeune employée. Le vouvoiement systématique, la froideur des échanges et le ton directif démentent toute familiarité.
Quant à la relation avec Jean-Marc, l’avocate rectifie : elle était purement professionnelle, sans lien personnel étroit. « L’image que tente de donner la famille Moretti est en contradiction avec certains éléments du dossier », martèle Me Sophie Haenni. Ces textos professionnels, conservés dans le dossier judiciaire, constituent désormais des pièces à conviction qui éclairent d’une lumière crue la véritable nature des rapports entre la victime et ses employeurs.










