📌 Inde : Trois sœurs se suicident après la confiscation de leurs téléphones, plongées dans une addiction aux dramas coréens
Posted 5 février 2026 by: Admin

La Tragédie Des Trois Sœurs : Chronique D’Un Drame Annoncé
Mercredi matin, trois adolescentes indiennes se sont jetées du balcon de leur appartement situé au 9e étage d’un immeuble de Ghaziabad, dans la banlieue de New Delhi. Les victimes, trois sœurs âgées de 12, 14 et 16 ans, venaient de voir leurs téléphones portables confisqués par leurs parents. Une décision familiale qui a précipité un drame aux contours aussi modernes que glaçants.
Les autorités indiennes ont ouvert une enquête jeudi pour comprendre les circonstances exactes de ce triple suicide. Selon les premiers éléments recueillis par la police, le père des adolescentes avait récemment pris la décision radicale d’interdire l’accès aux dramas coréens et aux jeux en ligne qui occupaient l’intégralité du temps de ses filles. La confiscation des téléphones devait marquer un tournant dans l’éducation de ces jeunes filles totalement absorbées par leurs écrans.
Ce drame ravive brutalement les inquiétudes quant aux conséquences d’une dépendance excessive aux contenus numériques chez les adolescents indiens. Il pose également la question de la popularité grandissante de la culture pop coréenne dans le pays, devenue pour certains jeunes bien plus qu’un simple divertissement : une échappatoire totale à la réalité.

Une Addiction Hors De Contrôle : Déscolarisation Et Isolement Numérique
Les signes d’une dépendance extrême étaient pourtant visibles depuis longtemps. Selon les informations rapportées par The Indian Express, les trois sœurs avaient quitté l’école depuis plusieurs années et consacraient l’intégralité de leur temps à leurs téléphones portables. Une déscolarisation progressive qui avait fini par les couper totalement de toute vie sociale en dehors de l’écran.
Face à cette situation alarmante, leur père Chetan Kumar avait tenté de reprendre le contrôle. Il avait récemment interdit à ses filles de regarder des dramas coréens ou de jouer à des jeux en ligne, confisquant leurs téléphones dans l’espoir de briser ce cercle vicieux. « Mes trois filles avaient une profonde addiction à tout ce qui venait de Corée, des films aux séries télévisées », a-t-il confié à l’agence Press Trust of India après le drame.
L’ampleur de cette obsession dépassait le cadre d’un simple passe-temps adolescent. Les jeunes filles exprimaient régulièrement leur désir de quitter l’Inde : « Elles disaient souvent qu’elles voulaient aller en Corée », rapporte leur père. Une fixation qui révèle à quel point ces adolescentes avaient progressivement substitué leur réalité quotidienne par un univers fantasmé, au point de ne plus supporter la moindre séparation d’avec leurs écrans. Cette déconnexion du réel allait prendre une dimension tragique aux yeux des enquêteurs.

« Un Univers Parallèle Coréen » : Quand La K-Culture Coupe Du Réel
L’analyse policière confirme l’ampleur du décrochage. Alok Priyadarshi, l’officier en charge de l’enquête, livre un constat sans appel au Indian Express : les trois sœurs « vivaient dans un univers parallèle coréen ». Une formulation qui résume brutalement la réalité découverte par les enquêteurs – trois adolescentes ayant totalement substitué leur environnement indien à une immersion permanente dans la culture sud-coréenne.
« Elles étaient sous l’influence des K-dramas. Elles avaient quitté l’école et passaient tout leur temps à regarder des dramas coréens sur leur téléphone portable », précise l’officier. Ce témoignage révèle un mécanisme d’addiction qui dépasse la simple consommation de contenus : il s’agit d’une fusion identitaire avec un univers fictionnel, au point de rejeter toute existence en dehors de l’écran.
Cette immersion totale explique la réaction extrême des jeunes filles face à la confiscation de leurs téléphones. Privées de leur unique point d’ancrage émotionnel et social, elles se sont retrouvées brutalement confrontées à une réalité qu’elles avaient méthodiquement évacuée depuis des années. Pour les enquêteurs, le drame n’est pas simplement celui d’une interdiction parentale, mais celui d’une rupture insupportable avec un monde devenu plus réel que la réalité elle-même. Un phénomène qui interroge désormais bien au-delà de ce drame familial.

L’Essor De La K-Culture En Inde : Un Phénomène Qui Interroge
Ce drame ravive des inquiétudes déjà présentes sur la dépendance croissante aux contenus numériques et à la culture pop coréenne chez les adolescents indiens. Les autorités s’alarment face à une génération ultra-connectée dont l’exposition aux K-dramas et jeux en ligne s’intensifie sans garde-fou réel.
L’expansion de la culture sud-coréenne en Inde trouve son origine en 2012 avec le succès planétaire de « Gangnam Style » du chanteur Psy. Depuis, le phénomène n’a cessé de s’amplifier. La cuisine coréenne, les produits de beauté K-beauty et les séries télévisées ont conquis les grandes métropoles indiennes, créant un véritable engouement générationnel qui dépasse la simple mode passagère.
Cette diffusion massive pose aujourd’hui des questions sociétales majeures. Si la consommation culturelle reste légitime, ce drame illustre les dérives possibles lorsqu’elle devient exclusive et compulsive. Les professionnels de santé mentale soulignent que la déscolarisation combinée à l’isolement numérique crée un terreau propice aux comportements à risque.
Le cas des trois sœurs de Ghaziabad révèle une faille dans l’accompagnement parental et institutionnel face aux nouvelles formes d’addiction. Entre interdiction brutale et permissivité totale, la recherche d’un équilibre s’impose désormais comme un enjeu prioritaire pour toute une génération d’adolescents indiens happés par ces univers parallèles numériques.










