📌 Jordan Bardella annonce la dissolution des milices d’ultradroite et d’ultragauche s’il accède au gouvernement
Posted 22 février 2026 by: Admin

Le RN Assume Une Rupture Franche Avec Les Organisations Radicales
Le 21 février à Provins, Jordan Bardella a tranché. Venu soutenir Julien Limongi pour les municipales, le président du Rassemblement national a posé une ligne rouge sans équivoque : « Nous n’avons aucun lien de près ou de loin avec des organisations d’ultradroite ». Une déclaration qui intervient dans un climat de tensions exacerbées, quelques jours avant la marche prévue à Lyon en hommage à Quentin Deranque, militant d’extrême droite tué dans des circonstances violentes attribuées à l’ultragauche.
Bardella ne s’est pas contenté d’un démenti défensif. Il a franchi un cap en annonçant que, s’il accède au pouvoir, il prononcera « la dissolution des milices d’ultragauche, mais aussi d’ultradroite ». Cette promesse, rare dans le discours du RN, marque un tournant rhétorique. En visant explicitement les deux extrêmes, le parti cherche à couper court aux accusations de complaisance et à se positionner comme garant de l’ordre républicain face à toutes les violences.
Cette stratégie de démarcation n’est pas anodine. Elle répond à une nécessité politique pressante : éviter que des mouvances radicales ne captent l’attention médiatique au détriment de l’image du parti. En traçant cette frontière nette, Bardella tente de neutraliser les polémiques récurrentes qui fragilisent sa crédibilité auprès d’un électorat en quête de respectabilité institutionnelle. Reste à savoir si cette rupture affichée suffira à effacer les zones d’ombre qui persistent dans l’histoire militante du mouvement.

Les Fantômes Du Passé : Les Exclusions Qui Embarrassent Encore Le Parti
Malgré les assurances publiques, le passé militant du RN laisse des traces difficiles à effacer. En juin 2024, Jordan Bardella avait déjà évoqué le GUD (Groupe Union Défense), mouvement étudiant d’extrême droite dissous la même année après des décennies d’activisme violent. Cette référence n’était pas anodine : elle visait directement des figures compromettantes restées longtemps dans l’orbite du parti.
Parmi elles, Gabriel Loustau, fils d’Axel Loustau, ancien élu RN, et Frédéric Châtillon, ex-président du GUD et proche historique de Marine Le Pen. Leur implication dans des actes de violence homophobe a contraint la direction à prendre des sanctions, sous la pression médiatique et interne. Ces exclusions révèlent une réalité inconfortable : des liens documentés entre d’anciens cadres et des réseaux violents, malgré les démentis répétés.
L’organisation identitaire Tenesoun, active dans le sud-est, a également été écartée du giron lepéniste. Ces purges successives témoignent d’une volonté de nettoyer les rangs, mais soulèvent une question centrale : comment un parti peut-il revendiquer une rupture totale avec l’ultradroite tout en ayant longtemps toléré ces proximités ? Les adversaires du RN ne manquent pas d’exploiter cette faille, rappelant systématiquement ces accointances pour contester la crédibilité de la « dédiabolisation ».
Cette fragilité historique complique la stratégie de normalisation. Alors que Bardella tente de projeter une image d’intransigeance républicaine, ces épisodes récents alimentent les soupçons et offrent des munitions à ceux qui contestent la sincérité de cette transformation affichée.

Bardella Contre-Attaque Et Accuse Macron De Radicaliser Le Paysage Politique
Face aux accusations, Jordan Bardella ne reste pas sur la défensive. Il retourne l’argument contre Emmanuel Macron, qu’il désigne comme le véritable architecte de la radicalisation politique française. Cette contre-offensive fait suite à la réunion gouvernementale convoquée par le président sur les groupes d’action violente, perçue par le RN comme une manœuvre de diversion.
« Emmanuel Macron porte la responsabilité morale dans l’explosion de la violence d’extrême gauche et de l’ultragauche dans notre pays », assène Bardella. Selon lui, la stratégie présidentielle lors des législatives anticipées de 2024 a délibérément favorisé l’élection de députés d’extrême gauche à l’Assemblée nationale, créant un déséquilibre dangereux. Cette présence renforcée aurait, d’après le président du RN, légitimé les discours radicaux et encouragé les passages à l’acte.
Les conséquences de cette politique seraient mesurables : multiplication des actes violents lors des manifestations, stigmatisation systématique du RN présenté comme la menace principale, et détérioration générale de la sécurité publique. Bardella dénonce un double standard : Macron appellerait à faire barrage au RN tout en fermant les yeux sur les débordements de l’ultragauche, qu’il aurait lui-même contribué à installer dans le jeu parlementaire.
Ce renversement rhétorique vise à déplacer le curseur du débat. Plutôt que de se justifier sur ses propres zones grises, le RN transforme le président en bouc émissaire, responsable d’avoir attisé les tensions qu’il prétend aujourd’hui vouloir réguler.

Enjeux Électoraux Et Repositionnement Stratégique À L’Approche Des Municipales
Cette offensive contre Macron s’inscrit dans un calendrier électoral précis. Le déplacement de Jordan Bardella à Provins le 21 février visait à soutenir Julien Limongi, candidat RN aux municipales, illustrant la volonté du parti de conquérir le terrain local tout en affûtant son discours national.
Le timing révèle une stratégie à double détente. D’une part, le RN poursuit sa normalisation en expurgeant publiquement les éléments radicaux de son histoire militante. D’autre part, il capitalise sur les tensions créées par ses adversaires pour se présenter en victime d’un système politique partial. Cette posture lui permet de mobiliser son électorat tout en attirant les déçus des partis traditionnels.
Face à cette montée en puissance, l’exécutif maintient sa doctrine du « cordon sanitaire ». Emmanuel Macron a renouvelé son appel à faire barrage au RN lors des législatives anticipées de 2024, stratégie que Bardella qualifie justement d’aveu d’échec politique. Le président se retrouve coincé : durcir le ton risque d’alimenter la victimisation du RN, tandis que l’ignorer lui laisserait le champ libre.
Ce bras de fer dépasse la simple joute rhétorique. Il redéfinit les équilibres à l’Assemblée nationale et conditionne les alliances futures. À l’approche des municipales, chaque camp teste ses arguments, conscient que la bataille des perceptions déterminera l’issue des prochaines échéances électorales.










