📌 Leasing automobile : à 92 ans et en Ehpad, il doit payer 700€/mois pour une voiture qu’il ne peut plus conduire
Posted 18 mars 2026 by: Admin

Un Contrat De Leasing Signé À 92 Ans Pour Un Véhicule Haut De Gamme
En 2024, Max appose sa signature sur un contrat de location longue durée pour une Citroën C4 automatique de 130 chevaux, d’une valeur dépassant les 34 000 euros. Une voiture neuve, flambant neuve même, avec des mensualités de 700 euros à honorer jusqu’en 2027. Le détail qui interpelle : le signataire a alors 92 ans.
Ce n’est que deux ans plus tard, lors du placement du nonagénaire en Ehpad, que sa famille découvre la véritable nature de cet engagement. « On pensait qu’il avait acheté sa voiture, mais on a découvert ce contrat », confie Philippe, son petit-fils. En triant les documents administratifs de Max, les proches réalisent l’ampleur de la situation : il ne s’agit pas d’un achat classique, mais d’une location sur plusieurs années.
L’inquiétude monte rapidement. Le retraité de Salon-de-Provence a souscrit plusieurs assurances au moment de la signature, mais leur utilité reste à démontrer. La famille se retrouve face à un engagement contractuel courant jusqu’en 2027, alors même que l’état de santé de Max s’est considérablement détérioré depuis la signature. Un engagement à long terme qui interroge : comment un nonagénaire peut-il souscrire un leasing sur cinq ans sans qu’aucun dispositif de protection n’intervienne ? La voiture trône désormais inutilisée, tandis que les mensualités continuent de ponctionner les finances familiales.

Une Santé Dégradée Qui Rend Le Contrat Caduc De Fait
Aujourd’hui, Max ne conduit plus. Le nonagénaire de 94 ans vit désormais en Ehpad et se déplace en fauteuil roulant. La perte d’autonomie progressive a rendu toute conduite impossible depuis deux ans. Pourtant, le contrat court toujours, et les 700 euros mensuels continuent d’être prélevés.
La famille a tenté de faire valoir cette réalité médicale auprès du concessionnaire. Des attestations médicales émanant de médecins agréés ont été fournies pour documenter l’incapacité physique de Max à prendre le volant. Des justificatifs formels, indiscutables, qui prouvent noir sur blanc que l’état de santé du retraité ne lui permet plus de conduire.
La réponse du concessionnaire reste inchangée : le contrat doit être honoré jusqu’à son terme en 2027. « Nous avons fourni des attestations médicales », rappelle Philippe, qui ne comprend pas pourquoi ces documents n’ont aucun effet. Chaque tentative de négociation se heurte au même refus catégorique.
Le contraste est saisissant : un homme en fauteuil roulant, placé en établissement médicalisé, qui finance un véhicule de 34 000 euros qu’il ne pourra jamais utiliser. La Citroën C4 reste garée, inutilisée, pendant que les mensualités s’accumulent. Une situation absurde qui soulève une question évidente : à quoi servent les justificatifs médicaux si même une incapacité totale ne permet pas d’interrompre les paiements ?

Des Démarches Infructueuses Face À Un Refus Catégorique Du Concessionnaire
Cette impasse médicale se double d’une impasse commerciale. La famille pensait que les assurances souscrites lors de la signature protégeraient Max en cas de problème de santé. Erreur. « Contre toute attente, aucune des assurances auxquelles il a souscrit ne le protège. Pas même une assurance invalidité ou une assurance décès », révèle Philippe, dépité.
Le constat est édifiant : malgré plusieurs garanties ajoutées au dossier en 2024, aucune ne couvre l’incapacité physique survenue après la signature. Les proches découvrent alors que ces protections, présentées comme des sécurités, se révèlent inutiles dans leur situation. Les centaines d’euros versés pour ces assurances n’offrent aucun recours.
La famille va plus loin et accuse le vendeur d’avoir sciemment ignoré la fragilité du client. « Nous avons fait remarquer au vendeur qu’ils connaissaient la santé fragile de mon grand-père et la dégradation de ses capacités mentales, puisque c’était un client fidèle », affirme Philippe. Selon lui, le concessionnaire ne pouvait ignorer l’état d’un client régulier âgé de 92 ans au moment de lui faire signer un engagement jusqu’en 2027.
La crainte de la famille atteint son paroxysme avec une perspective glaçante : « Si mon grand-père venait malheureusement à décéder, on devrait quand même payer jusqu’aux termes du contrat ». Un engagement post-mortem qui pourrait contraindre les héritiers à financer pendant des mois une voiture pour un défunt.

Une Famille Acculée Qui Dénonce Un Système Défaillant
Face à cette situation kafkaïenne, Philippe ne décolère pas. Au-delà du cas de son grand-père, c’est tout un système qu’il remet en cause. « Il devrait y avoir des dispositifs pour protéger les personnes âgées et leurs familles », martèle-t-il. Selon lui, le droit français présente un vide juridique préoccupant concernant les contrats signés par des personnes vulnérables.
La famille envisage désormais la voie judiciaire. L’accusation ? Un possible « abus de faiblesse ». Comment expliquer qu’un nonagénaire puisse s’engager sur cinq ans pour un véhicule qu’il ne conduira vraisemblablement jamais jusqu’au terme ? Les proches pointent la responsabilité du vendeur qui, connaissant l’historique médical de son client fidèle, aurait dû anticiper cette issue prévisible.
Contacté par les médias locaux, le nouveau directeur du concessionnaire adopte une position prudente. Aucun commentaire public, simplement cette formule évasive : « des solutions sont à l’étude ». Une réponse qui n’apaise en rien les inquiétudes de la famille, qui continue de verser 700 euros mensuels pour un véhicule immobilisé.
L’affaire soulève une question sociétale majeure : jusqu’où la liberté contractuelle peut-elle s’exercer sans protection renforcée pour les consommateurs vulnérables ? Entre l’autonomie des seniors et leur exposition aux engagements à risque, la frontière reste floue. Et pour Max, cloué en fauteuil roulant, le compteur tourne toujours jusqu’en 2027.










