📌 Lynx protégée tuée dans l’Ain : ses deux petits de 7 mois recherchés après la mort de leur mère lapidée
Posted 23 janvier 2026 by: Admin

Un Drame En Plein Haut-Bugey : Chronologie D’un Acharnement Mortel
Début janvier, un promeneur du Haut-Bugey assiste à une scène qui glace le sang : un chasseur lapide méthodiquement un lynx errant, manifestement affaibli. L’alerte est immédiatement donnée. Mais les témoignages révèlent que cette agression n’est pas un acte isolé. La veille, ce même individu avait déjà pris pour cible l’animal, pénétrant illégalement sur une propriété privée pour lui jeter branches et cailloux. Un acharnement délibéré sur deux jours consécutifs.
L’équipe du Centre Athénas, structure jurassienne spécialisée dans le secours de la faune sauvage, se mobilise en urgence. À leur arrivée, le constat est sans appel : la femelle lynx est dans un état critique. Son corps décharné, son regard éteint, ses mouvements hésitants trahissent un calvaire qui ne date pas d’hier.
Les soigneurs procèdent immédiatement aux premiers examens. Ce qu’ils découvrent dépasse la simple maltraitance ponctuelle : les blessures révèlent une succession de violences étalées sur plusieurs semaines. L’animal, supposé bénéficier de la protection légale accordée aux espèces menacées, a manifestement été traqué et agressé à répétition. La question qui s’impose désormais aux enquêteurs comme aux défenseurs de la biodiversité : comment un tel enchaînement de cruauté a-t-il pu se produire sans être détecté plus tôt ?

Un État De Santé Catastrophique Révélant Un Calvaire De Plusieurs Semaines
Les examens vétérinaires confirment l’ampleur du drame. La femelle lynx ne pèse que 10 kg, soit moins de la moitié du poids normal d’un adulte de cette espèce. Une maigreur extrême qui témoigne d’une incapacité prolongée à se nourrir. Les radiographies révèlent rapidement la cause : un projectile de mi-décembre a perforé l’un de ses yeux, la rendant aveugle et incapable de chasser pour survivre.
Mais ce n’est pas tout. Les soigneurs découvrent un second impact, plus ancien, logé dans l’arrière-train. Un calibre différent, prouvant que l’animal a essuyé au moins deux tirs distincts. « Un acharnement », tranche sans détour le Centre Athénas dans son rapport médical. Deux agressions par arme à feu, espacées dans le temps, contre une espèce légalement protégée.
Malgré les traitements administrés en urgence, la femelle succombe le 13 janvier à une méningite consécutive à ses plaies infectées. Son organisme affaibli n’a pas résisté aux complications neurologiques provoquées par la blessure à l’œil. Entre la première balle reçue et sa mort, près d’un mois s’est écoulé – un mois d’agonie, de famine et de vulnérabilité totale face à de nouvelles agressions.
Cette autopsie médico-légale transforme radicalement la nature de l’affaire. Il ne s’agit plus d’un simple incident isolé, mais d’une série d’actes violents coordonnés qui soulèvent désormais de graves questions sur les motivations réelles des auteurs.

Entre Justification Et Accusations : Une Affaire Judiciaire En Cours
Les révélations médicales ne clôturent pas le dossier. Elles l’ouvrent sur un terrain judiciaire où les versions s’opposent frontalement. Le chasseur identifié reconnaît avoir lancé des pierres sur l’animal, mais conteste toute intention malveillante. Sa défense ? Il voulait simplement éloigner le lynx, sans percevoir son état de faiblesse extrême ni sa cécité partielle.
Une explication qui ne convainc pas les associations de protection de la faune. Pour elles, la répétition des agressions sur deux jours consécutifs, dont une sur propriété privée après intrusion illégale, révèle une volonté délibérée de nuire. Comment croire à une simple tentative d’éloignement quand on franchit une clôture pour jeter branches et cailloux sur un animal déjà moribond ?
Deux procédures judiciaires distinctes sont désormais en cours. La première vise l’auteur inconnu des tirs d’arme à feu pour tentative de destruction d’une espèce strictement protégée – un délit passible de trois ans d’emprisonnement et 150 000 euros d’amende. La seconde cible les jets de pierres, qualifiés juridiquement de perturbation intentionnelle d’un animal sauvage.
Les enquêteurs cherchent maintenant à déterminer si ces actes relèvent d’une négligence coupable ou d’un braconnage caractérisé. La découverte de deux calibres différents suggère l’implication de plusieurs tireurs, élargissant potentiellement le cercle des responsables. Dans le Haut-Bugey, l’affaire mobilise autant les tribunaux que les consciences.

Course Contre La Montre Pour Sauver Deux Orphelins En Danger
Pendant que la justice suit son cours, une urgence d’une tout autre nature mobilise les équipes du Centre Athénas. Les deux petits de la femelle lynx, âgés d’environ sept mois et demi, errent quelque part dans le Haut-Bugey. Séparés de leur mère depuis près d’un mois, ils se trouvent dans une situation critique.
À cet âge, les jeunes lynx restent étroitement dépendants de leur mère pour la chasse et la survie. Sans elle pour leur apprendre à traquer efficacement leurs proies, leurs chances de passer l’hiver s’amenuisent jour après jour. Plusieurs témoignages les signalent pourtant encore vivants, aperçus à plusieurs reprises à proximité du site où leur mère a été capturée.
Le Centre Athénas lance un appel pressant à la population locale. Chaque observation compte. Si vous repérez ces deux jeunes lynx, contactez immédiatement le 06.76.78.05.83 ou envoyez un courriel à centre.athenas@orange.fr. Les soigneurs espèrent pouvoir les recueillir avant que la malnutrition ou le froid n’aggravent leur situation.
Cette course contre la montre révèle une dimension supplémentaire du drame : les conséquences d’un braconnage ne s’arrêtent pas à la mort de l’animal visé. Elles se prolongent dans la fragilisation de toute une lignée, menaçant les efforts de réintroduction d’une espèce déjà extrêmement rare dans le massif jurassien.










