📌 Mélenchon annonce sa stratégie pour faire chuter Bayrou : « Le 23 septembre, nous déposerons… »

Posted 23 août 2025 by: Admin
L’Appel À La Mobilisation Générale
Jean-Luc Mélenchon a franchi un cap décisif ce vendredi 22 août. Devant des milliers de militants réunis aux universités d’été de La France insoumise, le leader de gauche radicale a dévoilé une stratégie politique coordonnée aux contours particulièrement précis.
« Il faut que le 10 septembre soit un jour de blocage général, c’est à dire, pour ce qui concerne le salariat, que le 10 septembre ce soit la grève générale », a-t-il lancé avec une détermination qui tranche avec les appels habituels à la mobilisation. Cette fois, l’ancien candidat à la présidentielle ne s’est pas contenté d’un simple appel à manifester.
La révélation majeure de ce discours tient dans le calendrier politique minutieusement orchestré que Mélenchon a dévoilé : « Il nous faut la grève générale le 10 septembre parce que le 23 septembre, nous déposerons la motion de censure pour faire tomber le gouvernement de M. Bayrou ».
Cette stratégie en deux temps dévoile une approche inédite : utiliser la pression de la rue pour affaiblir l’exécutif avant de porter le coup de grâce parlementaire. Le leader insoumis a d’ailleurs précisé que « le 10 septembre, ça peut être une étape, mais il faut évidemment construire d’autres perspectives », suggérant que cette mobilisation s’inscrit dans un plan plus vaste.
L’accord affiché avec Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, renforce cette stratégie de coordination entre forces politiques et syndicales.
Le Mouvement « Bloquons Tout » Prend De L’Ampleur
Cette coordination entre Mélenchon et la dirigeante cégétiste s’explique par l’émergence d’un phénomène politique inédit. Né spontanément sur les réseaux sociaux, le mouvement « Bloquons tout » a pris une ampleur que même ses initiateurs n’avaient pas anticipée.
« Personne ne sait comment tout ça s’est engagé, mais des milliers de gens s’y sont ralliés d’entrée de jeu », a reconnu le leader insoumis, décrivant un phénomène viral politique aux contours encore flous mais à la dynamique redoutable.
Le ralliement des forces de gauche s’est opéré par vagues successives. La France insoumise a été la première à apporter son soutien, suivie par les Écologistes, les communistes, puis finalement les socialistes. Cette convergence exceptionnelle témoigne de la capacité fédératrice d’un mouvement pourtant dépourvu de structure classique.
Du côté syndical, la mobilisation s’organise méthodiquement. La CGT et Force ouvrière ont programmé des réunions de leurs instances internes la semaine prochaine pour décider des actions concrètes. Plusieurs fédérations syndicales ont déjà rejoint l’appel à « tout bloquer » du 10 septembre.
« Ce que tout le monde sait, c’est que d’entrée de jeu, il s’est créé des assemblées citoyennes et qu’il va s’en créer encore d’autres », a précisé Mélenchon. Cette structuration horizontale du mouvement révèle une forme d’organisation politique émergente qui échappe aux canaux traditionnels.
Les Revendications Contre Le Plan Bayrou
Ces assemblées citoyennes émergentes portent des revendications précises qui cristallisent le mécontentement populaire face aux orientations budgétaires du gouvernement. Au cœur de la contestation : un rejet catégorique du plan Bayrou pour le budget 2026 de la France.
Les manifestants dénoncent principalement l’insuffisance des mesures de justice fiscale dans les propositions gouvernementales. Cette opposition traduit une fracture profonde entre les attentes sociales et les arbitrages économiques de l’exécutif.
Le timing du mouvement n’est pas fortuit. En ciblant spécifiquement le projet budgétaire 2026, les organisateurs s’attaquent à un moment clé du calendrier politique où les grandes orientations économiques se dessinent pour les années à venir.
« Plus de justice fiscale et un rejet du plan Bayrou pour le budget 2026 de la France » : cette double exigence résume l’essence d’un mouvement qui entend peser sur les choix budgétaires avant leur adoption définitive.
La spontanéité apparente du mouvement masque en réalité une conscience politique aiguë des enjeux économiques. Les participants démontrent une compréhension fine des mécanismes budgétaires et de leur impact social, transformant une protestation digitale en véritable contre-proposition politique.
Cette montée en puissance des revendications économiques annonce un automne social tendu, où les questions de répartition des richesses occuperont le devant de la scène politique.
La Stratégie Politique De Mélenchon
Face à cette effervescence sociale annoncée, Jean-Luc Mélenchon doit composer avec les accusations de récupération politique qui pèsent sur son parti. Le leader insoumis anticipe ces critiques en adoptant une posture de retrait stratégique.
« Notre stratégie est d’aider et de servir le mouvement », martèle-t-il pour écarter toute suspicion d’instrumentalisation. Cette déclaration révèle une approche calculée : plutôt que de revendiquer la paternité du mouvement, LFI préfère se positionner en facilitateur d’une colère populaire qu’elle n’a pas créée.
L’accord affiché avec Sophie Binet confirme cette tactique d’effacement apparent. En se déclarant « 100 % d’accord » avec la secrétaire générale de la CGT, pourtant plus prudente sur la mobilisation, Mélenchon tente de légitimer sa démarche par une caution syndicale.
Cette stratégie du « suivisme assumé » masque mal l’évidente coordination politique. Les Insoumis ont effectivement été « les plus prompts à appeler au soutien » de ces appels au blocage, révélant une réactivité qui trahit une veille permanente des mouvements sociaux.
Le calendrier précis établi par Mélenchon – grève le 10, censure le 23 – démontre que derrière l’apparente spontanéité se cache une mécanique politique rodée. Une orchestration qui pourrait bien déterminer l’efficacité réelle de cette mobilisation d’automne.