📌 Mélenchon sort du silence : « Nous appelons à faire tomber ce gouvernement immédiatement »

Posted 19 août 2025 by: Admin
Les Insoumis En Première Ligne Du Mouvement « Bloquons Tout »
Alors que la mobilisation du 10 septembre prend forme sur les réseaux sociaux, La France insoumise franchit le pas. Ce week-end, Jean-Luc Mélenchon et ses troupes ont officialisé leur soutien à ce mouvement protéiforme qui appelle à « mettre la France à l’arrêt » pour contester le plan d’économies de François Bayrou.
Dans une tribune publiée samedi dans La Tribune du dimanche, les insoumis lancent un appel sans ambiguïté : « Nous demandons à tous ceux qui partagent nos principes et notre volonté d’action pour en finir avec le gouvernement Bayrou de se mettre immédiatement au service des collectifs locaux qui proposent cette mobilisation et à tout faire pour sa réussite. »
Cette prise de position marque un tournant stratégique. Tandis que les autres formations politiques observent encore prudemment cette contestation naissante, LFI devient la première force politique à avaliser officiellement l’appel au blocage. Un positionnement précoce qui révèle une tactique mûrement réfléchie face à un mouvement initialement spontané.
L’enjeu dépasse le simple soutien à une mobilisation. Pour les insoumis, il s’agit de canaliser cette colère diffuse contre les 43 milliards d’euros d’économies annoncées par le gouvernement Bayrou, transformant un ras-le-bol dispersé en opposition politique structurée.
La Leçon Des Gilets Jaunes : Ne Plus Rater Le Train
Cette transformation stratégique ne doit rien au hasard. « Les insoumis ne veulent pas reproduire la même erreur que lors des gilets jaunes, et soutenir le mouvement une fois que le coup est déjà parti », révèle Bruno Cautrès, chercheur au Centre de recherches politiques de Sciences-Po. Un aveu qui éclaire la précipitation de LFI à endosser ce mouvement encore balbutiant.
L’enjeu va au-delà du simple timing politique. « Monter dans le train avant qu’il parte permet aussi de réinterpreter le message initial, qui était au départ plutôt un appel à bloquer le pays sur des thèses souverainistes et de ras-le-bol fiscal, donc pas vraiment la tasse de thé des insoumis », poursuit l’expert. LFI veut élargir la cible en donnant une tonalité plus à gauche à cette contestation protéiforme.
La manœuvre porte ses fruits. Alors que les premiers appels circulaient sur des thématiques souverainistes, le message s’enrichit désormais de revendications sociales : hausses de salaires, pensions de retraites, « résistance » au capitalisme. « Quand on parle d’union populaire, c’est de ça qu’on parle chez les insoumis : augmenter les salaires, abroger la réforme des retraites, taxer plus les riches », confirme Antoine Léaument, député LFI de l’Essonne.
Des appels au boycott des grandes enseignes et au retrait d’argent des banques émergent désormais dans les rangs des manifestants. La récupération politique prend forme, métamorphosant un mouvement fiscal en offensive anti-gouvernementale.
Double Pression : Bayrou Dans Le Viseur, Le PS Sous Surveillance
Cette offensive anti-gouvernementale s’articule autour d’un objectif précis : faire plier François Bayrou. « La revendication principale, c’est que le plan Bayrou qui a été annoncé avant l’été soit retiré », martèle Manuel Bompard sur France Info. 43 milliards d’euros d’économies que les insoumis entendent torpiller par tous les moyens.
Le timing n’est pas innocent. Ce mouvement intervient « à la veille d’une rentrée qui s’annonce compliquée pour l’exécutif, où tout le monde se demande si le siège éjectable sous François Bayrou va s’activer lors des débats budgétaires », observe Bruno Cautrès. Les syndicats ont déjà promis des grèves, les insoumis prévoient une tournée dans les lycées : la pression monte de toutes parts.
Mais LFI joue sur un second tableau, tout aussi stratégique. Lors du précédent budget, Bayrou avait survécu grâce à un accord tacite avec le Parti socialiste. Cette fois, les insoumis surveillent étroitement leurs partenaires de gauche. « J’ai lu que le PS ne voulait pas des 43 milliards d’euros de Bayrou, mais que 20 ou 30 ça pourrait leur aller », raille Antoine Léaument.
La menace est claire : « Évidemment, quand il y a une forte mobilisation populaire, ça peut donner du courage à certains au moment d’appuyer sur le bouton de la censure ». Une motion que LFI déposera dès la rentrée, espérant cette fois entraîner les socialistes dans sa chute programmée de Bayrou.
Un Pari Calculé Aux Risques Limités
Cette stratégie offensive ne relève pas de l’improvisation. Pour les insoumis, ce soutien au mouvement du 10 septembre constitue un pari calculé aux bénéfices multiples. « Je me sens assez proche du mot d’ordre, plus de justice sociale, mais aussi du mode d’action, avec une forme de radicalité contre le capitalisme », assume Antoine Léaument. Des appels au boycott des grandes enseignes et au retrait massif d’argent des banques circulent déjà parmi les soutiens du blocage.
La France insoumise mise sur cette radicalisation assumée pour créer une dynamique populaire. « C’est dans l’action que se crée de la conscience commune. Chez les gilets jaunes, il y avait un peu de tout au départ, mais les discussions ont finalement abouti à des conclusions pas très éloignées de ce que l’on défend », rappelle le député de l’Essonne.
L’analyse des risques demeure favorable à LFI. « Les insoumis n’ont pas trop à perdre avec ce soutien au mouvement de contestation », confirme Bruno Cautrès. Le seul écueil identifié ? « Que la mayonnaise ne prenne pas le 10 septembre ». Un échec qui n’empêcherait pas pour autant la chute programmée de François Bayrou, déjà « le Premier ministre le plus impopulaire de la Ve République ».
Entre tournée dans les lycées et motion de censure annoncée, les insoumis multiplient les fronts. Une stratégie tous azimuts qui transforme chaque initiative en levier supplémentaire contre un gouvernement fragilisé.