📌 Nigeria : Un client reçoit 775 000 euros par erreur bancaire et les dépense : un an de prison ferme et 162 000 euros à rembourser
Posted 30 janvier 2026 by: Admin

L’Erreur Informatique Qui Transforme Un Client En Millionnaire
Fin janvier 2026, le Nigeria entre dans le club très fermé des catastrophes bancaires internationales. La FirstBank reconnaît avoir transféré accidentellement 1,3 milliard de nairas, soit l’équivalent de 775 000 euros, sur le compte d’un client en 2025. Un « system glitch », selon les termes officiels, a provoqué cette défaillance monumentale du système informatique. La somme colossale n’a pas été immédiatement bloquée, laissant le bénéficiaire libre d’y accéder.
Cette bévue s’inscrit dans une série troublante d’erreurs bancaires récentes. En 2025, une institution américaine avait fait les gros titres en virant 81 000 milliards de dollars au lieu de 280 dollars. Si l’ampleur diffère, le mécanisme reste identique : un bug informatique aux conséquences financières démesurées, une détection tardive, et un bénéficiaire face à une fortune tombée du ciel.
L’enquête de la Commission nigériane contre les délits économiques et financiers (EFCC) révèle que le temps de réaction insuffisant de la banque a permis au client d’agir. Selon les autorités, il a rapidement transféré une part importante vers les comptes bancaires de sa mère et de sa sœur. Le reste a financé l’achèvement d’un projet de construction personnel et un train de vie soudainement fastueux. Entre la défaillance technique et le signalement officiel, la fenêtre d’opportunité s’est révélée suffisante pour disperser les fonds illégalement acquis.

Quand La Fortune Illégale Finance Un Train De Vie Fastueux
Les relevés bancaires reconstitués par l’EFCC dressent un portrait précis de l’utilisation des fonds. Dès la détection de la somme sur son compte, le bénéficiaire identifié par les initiales O.E.K. a orchestré une dispersion stratégique de l’argent. Les transferts vers sa mère et sa sœur ne relevaient pas du hasard : cette répartition visait à diluer la traçabilité des mouvements financiers avant toute intervention des autorités.
Le reste des 775 000 euros a alimenté des dépenses immédiates. L’achèvement d’un projet de construction personnel figurait parmi les priorités du bénéficiaire. Les enquêteurs ont également documenté l’adoption d’un mode de vie radicalement transformé. « L’achèvement de son projet de construction et le financement d’un nouveau train de vie fastueux », précise le communiqué officiel cité par The Guardian Nigeria. Cette conversion frauduleuse des fonds s’est opérée en quelques semaines, avant que la FirstBank ne signale formellement l’anomalie.
La rapidité d’action du client contraste avec la lenteur de réaction de l’établissement bancaire. Entre le virement accidentel et l’alerte aux autorités, plusieurs semaines se sont écoulées. Ce délai a permis la concrétisation de transactions irréversibles : travaux achevés, dépenses de luxe engagées, argent fragmenté sur multiples comptes. L’EFCC a dû déployer un traçage financier approfondi pour reconstituer l’intégralité du parcours des fonds détournés.

La Traque Des Fonds Par L’EFCC : Une Récupération Massive
Ce travail de reconstitution a porté ses fruits. L’EFCC a réussi à localiser 480 000 euros répartis sur différents comptes bancaires liés au bénéficiaire et à ses proches. Les transferts vers la mère et la sœur d’O.E.K., initialement destinés à brouiller les pistes, ont été identifiés grâce au croisement des données bancaires. Ces sommes ont été restituées à la FirstBank sous forme de traites bancaires, selon les autorités.
La récupération ne s’est pas limitée aux comptes des membres de la famille. L’établissement bancaire a pu annuler des virements encore en cours de traitement vers le compte du client. Cette intervention technique a permis de rapatrier 180 000 euros supplémentaires avant leur validation définitive. Au total, plus de 660 000 euros des 775 000 euros initialement détournés ont été récupérés, soit environ 85 % de la somme virée par erreur.
L’efficacité du traçage financier contraste avec la défaillance initiale du système informatique. « Le suspect a volé une somme propriété de First Bank Plc, en la convertissant frauduleusement à son propre usage », indique l’acte d’accusation. Cette formulation juridique précise a permis d’enclencher des poursuites pour vol, malgré l’origine accidentelle du virement. Le dossier constitué par l’EFCC comprenait l’ensemble des mouvements bancaires, des témoignages et des preuves matérielles des dépenses engagées.
Face à ces éléments, O.E.K. a reconnu les faits et plaidé coupable devant la Haute Cour de l’État d’Edo. Cette admission ouvrait la voie à un jugement rapide, dont la sévérité allait marquer les esprits.

Verdict Sans Appel : Prison Et Remboursement Obligatoire
Le 19 janvier 2026, la Haute Cour de l’État d’Edo a rendu sa décision. O.E.K. a été condamné à un an d’emprisonnement ou au paiement d’une amende de 5 millions de nairas (environ 3 000 euros). Ce principe du « Fine in lieu of Imprisonment » offre au condamné la possibilité d’échapper à la détention en réglant une sanction financière, sauf disposition contraire de la loi.
Faute d’avoir réglé l’amende lors de l’audience, la peine de prison s’est appliquée automatiquement. Cette incarcération ne solde toutefois pas l’intégralité de ses obligations financières. À l’issue de sa détention, O.E.K. devra encore rembourser le solde du virement initial, soit 162 000 euros restants, directement à la FirstBank. En acceptant la détention plutôt que l’amende, il n’a finalement échappé qu’à cette sanction immédiate de 3 000 euros, sans se soustraire à l’obligation de restitution.
Cette double sanction illustre la position ferme de la justice nigériane face aux détournements de fonds, même lorsque l’origine provient d’une erreur technique. « Le suspect a converti frauduleusement à son propre usage une somme propriété de First Bank Plc », rappelle l’acte d’accusation. La reconnaissance de culpabilité a accéléré la procédure, mais n’a pas atténué la sévérité du jugement.
Au-delà de l’aspect juridique, cette affaire soulève des questions sur la responsabilité des établissements bancaires en cas de défaillance informatique et sur les mécanismes de contrôle qui auraient pu prévenir ce détournement dès les premières heures.










