Alors que Patrick Bruel s’apprête à entamer sa tournée anniversaire « Alors Regarde 35 », un collectif féministe réclame l’annulation de plusieurs de ses concerts. En cause : les accusations de violences sexuelles et de viol visant le chanteur, portées par neuf femmes à ce jour. La controverse relance un débat de fond sur la place des artistes mis en cause dans l’espace public.
En bref
- —Neuf femmes accusent Patrick Bruel, trois plaintes déposées dont une pour viol
- —Le concert du 4 juillet à Salon-de-Provence reste maintenu
- —Le maire refuse d’annuler, invoquant la présomption d’innocence
Un collectif féministe monte au créneau contre la tournée
Le collectif Salon Féministe a pris la parole publiquement pour exiger l’annulation du concert de Patrick Bruel prévu le 4 juillet 2026 à Salon-de-Provence. Ces militantes ont adressé leur demande directement au maire de la ville, dénonçant ce qu’elles qualifient d’« affront à toutes les victimes ».

Leur mobilisation s’inscrit dans un contexte judiciaire lourd : neuf femmes ont accusé le chanteur de violences sexuelles, et trois plaintes ont été déposées à ce jour, dont une pour viol. Une nouvelle plainte a par ailleurs été déposée récemment en Belgique, renforçant la pression autour de l’artiste.
Pour le collectif, maintenir les concerts revient à ignorer la parole des plaignantes. Cette prise de position illustre une tension croissante dans la société française entre le droit à exercer une activité professionnelle et la responsabilité morale des organisateurs d’événements publics.
La présomption d’innocence au cœur du débat
Face aux demandes du collectif, le maire de Salon-de-Provence a refusé d’annuler la date. Il a justifié sa position en déclarant : « Mettre quelqu’un au pilori sans que la justice ait tranché, ce n’est pas possible », selon France 3.

De son côté, Patrick Bruel conteste l’ensemble des accusations et entend poursuivre ses engagements scéniques. La tournée « Alors Regarde 35 » reste donc maintenue dans son intégralité, sans modification du programme annoncé.
Ce positionnement rouvre un débat récurrent dans le monde culturel : jusqu’où la présomption d’innocence protège-t-elle un artiste de toute conséquence publique avant un jugement définitif ? La question divise profondément l’opinion et les acteurs du secteur musical.
L’affaire Bruel en bref
Les accusations contre Patrick Bruel ont émergé publiquement dans le contexte du mouvement #MeToo en France. Plusieurs femmes ont pris la parole pour dénoncer des comportements de l’artiste, menant au dépôt de plaintes formelles. L’affaire a pris une nouvelle dimension avec l’annonce d’une plainte déposée en Belgique, pays où il doit se produire fin juin 2026.
Une tournée anniversaire sous haute tension
La tournée « Alors Regarde 35 » devait célébrer trente-cinq ans de carrière de l’artiste, avec une quarantaine de dates programmées du nord au sud de la France jusqu’à la fin de l’année 2026.

Parmi les prochaines échéances, Patrick Bruel est attendu en Belgique le 28 juin 2026 au Bastogne Summer Festival, quelques jours seulement avant la date contestée de Salon-de-Provence. La nouvelle plainte déposée en Belgique rend ce déplacement particulièrement sensible.
Ce qui devait être une célébration musicale se transforme ainsi en épreuve médiatique et judiciaire. Chaque étape de la tournée est désormais scrutée, aussi bien par les fans que par les associations féministes et les médias.
Un débat qui dépasse la seule figure de Bruel
Au-delà du cas Patrick Bruel, cette mobilisation illustre une dynamique plus large dans la société française. Les collectifs féministes cherchent à peser sur les décisions des élus et des organisateurs de spectacles, en dehors de toute procédure judiciaire formelle.


