📌 Rachida Dati sur le voile en France : « C’est très dangereux quand il devient un symbole politique »
Posted 26 février 2026 by: Admin

L’Affrontement Médiatique Entre Rachida Dati Et Manon Aubry Sur Le Voile
Le débat sur le voile connaît un rebondissement spectaculaire sur les plateaux télévisés. En janvier dernier, Sonia Mabrouk interpelle frontalement Manon Aubry sur CNews, l’accusant de tenir un double discours. La journaliste pointe du doigt la contradiction apparente de la députée LFI : défendre le port du voile en France tout en gardant le silence sur les violences subies par les Iraniennes qui le retirent. « Beaucoup d’Iraniennes vous reprochent de défendre le voile des fillettes et de ne rien dire quand des femmes sont brûlées au visage par de l’acide parce qu’elles ont retiré leur voile », lance-t-elle sans détour.
La réponse de Manon Aubry ne se fait pas attendre. La députée européenne établit une distinction nette entre les deux contextes nationaux. « Est-ce qu’en Iran, les femmes ont la liberté ou le choix de porter le voile ? La réponse est non et c’est la raison pour laquelle ce régime opprime les femmes », affirme-t-elle. Puis vient la formule qui va enflammer le débat : « En Iran, c’est un bout de tissu qui opprime les femmes ». Une qualification qui refuse toute comparaison avec la situation française, où selon elle, la question de la liberté se pose différemment.
Cette expression « bout de tissu » devient immédiatement le point de friction qui va cristalliser l’affrontement politique à venir.

La Riposte Virulente De Rachida Dati : « Ce N’est Pas Qu’un Bout De Tissu »
Cette formulation ne reste pas sans réponse. Quelques jours plus tard, Rachida Dati débarque sur le même plateau de CNews, face à Sonia Mabrouk. Fille de parents musulmans, la ministre de la Culture revendique d’emblée une légitimité particulière sur ce sujet sensible. « Les femmes sont toujours les premières victimes d’une dictature, d’une autocratie, de violence et de ces meurtres », rappelle-t-elle, posant le décor d’une analyse qui dépasse la simple question vestimentaire.
Puis vient l’attaque directe. Rachida Dati cible frontalement la réduction opérée par Manon Aubry : « De dire que ce voile est ‘un bout de tissu’… Je vais vous dire : autant pour les femmes qui le portent en conscience, pour certaines, elles disent ‘en liberté’ ». La ministre reconnaît ainsi la dimension de choix personnel, mais refuse catégoriquement la banalisation du symbole. Sa démonstration se fait plus incisive : « Ça n’est pas qu’un bout de tissu, c’est autre chose. C’est un symbole pour certains religieux et pour d’autres, politique ».
La phrase suivante claque comme un avertissement : « Quand les deux sont combinés, c’est très dangereux ». Rachida Dati ne se contente pas de corriger une formulation maladroite. Elle alerte sur la convergence entre dimension religieuse et projet politique, refusant de dissocier le tissu du contexte idéologique qui l’entoure.

Un Désaccord Idéologique Sur La Définition Du Symbole Voilé
Cette divergence de cadrage révèle un fossé intellectuel profond. Pour Rachida Dati, qualifier le voile de « bout de tissu » relève de l’irresponsabilité politique : « J’ai trouvé ça irresponsable de dire que c’est un bout de tissu », martèle-t-elle sans détour. La répétition devient stratégie argumentative : « Ce n’est pas un bout de tissu », insiste-t-elle à plusieurs reprises, refusant toute réduction matérialiste d’un objet qu’elle considère comme chargé de sens.
La ministre opère toutefois une distinction cruciale. Elle reconnaît que certaines femmes portent le voile « en conscience » et « en liberté », admettant ainsi la possibilité d’un choix personnel authentique. Mais cette concession ne tempère pas sa vigilance : le voile demeure un symbole dual, simultanément religieux et politique, dont la combinaison constitue selon elle un danger réel.
Cette analyse s’inscrit dans une lecture géopolitique plus large. Rachida Dati rappelle que « les femmes sont toujours les premières victimes d’une dictature, d’une autocratie, de violence ». Le voile devient ainsi un marqueur révélateur : tantôt expression d’une spiritualité libre, tantôt instrument d’un projet idéologique coercitif. Entre vision matérialiste et approche symbolique, le débat oppose deux grilles de lecture irréconciliables du même objet.

Le Rappel Du Cadre Légal Français : Un Débat Prétendument Tranché
Face à cette controverse symbolique, Rachida Dati oppose l’argument d’autorité du droit. « Ce débat, on l’a depuis longtemps mais il a été tranché », affirme-t-elle sur le plateau de C à vous, balayant d’un revers de main toute velléité de rouvrir le dossier. La ministre dresse alors l’inventaire des trois interdictions républicaines : « Il n’y a pas de signe religieux en milieu scolaire. Dans le sport, ça a été tranché. En compétition sportive, il n’y a pas de signe religieux. »
Cette énumération méthodique vise à établir un consensus juridique inattaquable. Depuis la loi de 2004 bannissant les signes religieux ostensibles à l’école, jusqu’aux récentes directives sportives, Rachida Dati présente ce cadre législatif comme l’expression achevée d’un équilibre républicain. L’interdiction s’étend désormais aux services publics et aux compétitions officielles, dessinant une géographie stricte de la laïcité à la française.
« Voilà qui est clair », conclut-elle d’un ton péremptoire. Cette formule lapidaire cherche à clore définitivement un débat qu’elle juge artificiel. Pour la ministre, la question n’est plus politique mais administrative : le droit a parlé, les institutions doivent appliquer. Pourtant, cette volonté de sanctuariser le cadre légal bute sur une réalité têtue : les revendications identitaires persistent, alimentant une tension sociale que la seule invocation du droit peine à dissoudre.










