📌 RER : 200 euros d’amende pour une vidéo sans écouteurs, la SNCF justifie la verbalisation par la lutte contre les incivilités
Posted 26 février 2026 by: Admin

L’Incident Qui Fait Débat : 200 Euros D’Amende Pour Une Vidéo Sans Écouteurs
Un simple trajet matinal dans le RER parisien vient de coûter 200 euros à Lakhdar, commercial de 27 ans. Son tort ? Avoir regardé des vidéos Instagram sans écouteurs, la batterie de ses oreillettes étant déchargée. Une sanction qui révèle le durcissement des autorités face aux nuisances sonores dans les transports en commun.
« Une équipe de la police ferroviaire est arrivée à mon niveau et m’a dit qu’on allait sortir à la prochaine station », raconte l’usager, encore sous le choc de cette intervention. « Ils sont arrivés vraiment brutalement, sans prévenir, sans aucun avertissement préalable. » Le motif retenu : usage sonore excessif. Pourtant, Lakhdar assure que le volume de son téléphone était « peu élevé ».
L’amende initiale, non réglée immédiatement, est passée à 200 euros. Une somme qui représente, selon le verbalisé, « presque deux fois une journée de travail en France ». Face à ce qu’il juge disproportionné, le jeune homme compte contester auprès du médiateur des transports, tout en précisant qu’il s’acquittera du montant si sa contestation échoue.
Cette verbalisation n’est pas un cas isolé. Elle s’inscrit dans une politique de tolérance zéro que la SNCF assume pleinement pour garantir la tranquillité des voyageurs. Mais cette fermeté est-elle justifiée ou excessive ?

La Position Ferme De La SNCF Et Des Usagers
Cette politique de répression assumée trouve ses défenseurs. Contactée par RTL, la SNCF rappelle que ses agents disposent d’un pouvoir de verbalisation pour assurer la tranquillité des voyageurs et lutter contre les incivilités. Une prérogative qu’ils utilisent de manière « assez régulière », selon François Delétraz, président de la Fédération nationale des associations d’usagers des transports (Fnaut).
Pour lui, l’amende de 200 euros infligée à Lakhdar n’a rien d’abusif. « Le nombre d’incivilités qu’on peut avoir dans les transports en commun est quand même phénoménal », déplore-t-il. Entre les pieds posés sur les sièges, les conversations téléphoniques en haut-parleur et la musique sans écouteurs, le catalogue des nuisances quotidiennes s’allonge. « À un moment, ce n’est plus possible. »
L’argument central de François Delétraz repose sur un principe simple : le droit au calme. « Les gens ont le droit de voyager tranquillement et ils n’ont pas à écouter ou la musique ou les conversations des autres. » Une position qui reflète l’exaspération croissante des usagers face à des comportements jugés irrespectueux, et qui justifie selon lui une répression systématique.
Cette fermeté ne fait pourtant pas l’unanimité, comme en témoigne la volonté de Lakhdar de contester. Reste que pour les associations d’usagers, la multiplication des sanctions constitue l’unique rempart contre une dégradation progressive du climat dans les transports.

Une Stratégie De Tolérance Zéro Assumée
Ce positionnement ferme s’inscrit dans une doctrine répressive que François Delétraz revendique pleinement. « Il y a énormément de verbalisations pour incivilité », confirme-t-il, avant d’encourager la SNCF, la RATP et les autorités locales à verbaliser massivement. Loin d’être anecdotique, cette multiplication des sanctions répond à une logique préventive précise.
La théorie défendue par la Fnaut repose sur un mécanisme d’escalade : « La moindre incivilité en entraîne une autre. » Selon cette analyse, tolérer un comportement jugé inapproprié ouvrirait la voie à des infractions plus graves. D’où la nécessité d’intervenir dès la première manifestation de manquement au règlement, aussi mineure puisse-t-elle paraître.
« Il faut contrer toutes les incivilités dès le début », insiste François Delétraz. « C’est le seul moyen pour que les gens n’aient pas un ressenti d’insécurité dans le train ou dans les métros. » L’objectif affiché dépasse la simple question du bruit : il s’agit de restaurer un climat de sérénité en montrant que les règles s’appliquent systématiquement.
Cette approche de tolérance zéro soulève toutefois une interrogation : où se situe la frontière entre répression nécessaire et sévérité excessive ? La contestation de Lakhdar illustre ce débat, tandis que le cadre juridique révèle que les sanctions peuvent aller bien au-delà des 200 euros qui l’ont surpris.

Le Cadre Légal : Jusqu’à 750 Euros D’Amende Possible
Les 200 euros infligés à Lakhdar pourraient sembler disproportionnés, mais le Code des transports autorise en réalité des sanctions bien plus lourdes. « Dans les espaces et véhicules affectés au transport public de voyageurs ou de marchandises, il est interdit à toute personne de faire usage, sans autorisation, d’appareils ou instruments sonores, ou de troubler la tranquillité d’autrui par des bruits ou des tapages », stipule le texte réglementaire.
Cette disposition ne se limite pas à une simple recommandation : elle s’accompagne d’un arsenal répressif conséquent. Le plafond légal de l’amende peut atteindre 750 euros, soit près de quatre fois le montant contesté par le commercial francilien. Un chiffre qui replace la verbalisation dans son contexte juridique et relativise la sévérité apparente de la sanction.
L’application stricte de ce cadre vise à garantir le respect d’un principe fondamental dans les transports collectifs : la tranquillité des usagers. L’interdiction formelle englobe tout usage sonore non autorisé, qu’il s’agisse de musique, de conversations téléphoniques amplifiées ou, comme dans le cas présent, de vidéos visionnées sans écouteurs.
Cette base légale confère aux agents ferroviaires une marge d’intervention étendue. Elle légitime également la stratégie de verbalisation massive défendue par les associations d’usagers, tout en ouvrant un débat sur l’équilibre entre fermeté réglementaire et appréciation des circonstances individuelles.










