📌 Réseaux sociaux interdits aux moins de 15 ans : amendes jusqu’à 6% du chiffre d’affaires pour TikTok et Instagram dès 2027
Posted 27 janvier 2026 by: Admin

L’Interdiction Votée : Une Première Européenne En Marche
L’Assemblée nationale vient de franchir un cap historique. Les députés ont approuvé l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ans, une proposition de loi Renaissance portée par Laure Miller et soutenue massivement par le gouvernement et Emmanuel Macron lui-même. TikTok, Instagram, Snapchat : ces plateformes devront bientôt fermer leurs portes aux adolescents français les plus jeunes.
Cette décision positionne la France comme pionnière en Europe. Seule l’Australie a osé franchir ce pas avant elle, en interdisant l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 16 ans début décembre dernier. Paris s’apprête donc à devenir le deuxième pays au monde à adopter une législation aussi restrictive pour protéger la santé mentale des mineurs face aux dangers numériques.
Le texte doit maintenant passer l’épreuve du Sénat. Anne Le Hénanff, ministre du Numérique, s’est engagée à ce que l’examen ait lieu « dans les semaines à venir ». Une promesse qui témoigne de l’urgence politique autour de ce dossier sensible. Si le Sénat valide cette proposition, la France entrera dans une nouvelle ère de régulation numérique, marquant un tournant radical dans la protection de l’enfance à l’heure du tout-connecté.
Cette révélation politique majeure cristallise des années de débats sur l’impact des réseaux sociaux sur le développement des adolescents. Le vote positif des députés traduit une volonté ferme de ne plus reculer face aux géants du numérique.

Calendrier Accéléré : Rentrée 2026 Dans Le Viseur
Le gouvernement ne perd pas de temps. L’interdiction entrera en vigueur dès la rentrée 2026 pour tous les nouveaux comptes créés sur les plateformes visées. Une première étape qui marquera un tournant concret dans la vie numérique des adolescents français.
Mais le dispositif ne s’arrête pas là. D’ici le 1er janvier 2027, une vérification d’âge généralisée sera déployée pour l’ensemble des utilisateurs, y compris ceux possédant déjà un compte actif. Anne Le Hénanff a insisté sur cette échéance : aucun mineur de moins de 15 ans ne devra pouvoir accéder aux réseaux sociaux, qu’il s’agisse d’un profil récent ou ancien.
Ce calendrier en deux temps révèle une stratégie claire : agir vite sur les nouveaux inscrits tout en se donnant le temps nécessaire pour mettre en place un système de contrôle robuste sur les millions de comptes existants. La députée Laure Miller a confirmé que le texte prévoit explicitement que « l’accès à un service de réseau social en ligne fourni par une plateforme en ligne est interdit aux mineurs de quinze ans ».
Cette volonté d’accélération contraste avec l’échec de la loi de 2023 sur la majorité numérique, restée lettre morte. Cette fois, l’exécutif semble déterminé à transformer les mots en actes. Reste à savoir si les plateformes joueront le jeu ou tenteront de résister.

Sanctions Massives : Jusqu’à 6% Du Chiffre D’Affaires
La question des sanctions constitue le nerf de la guerre. Sans menace crédible, l’interdiction risquerait de rejoindre le cimetière des lois inappliquées. Laure Miller l’a martelé sans détour : « Les plateformes ne respectant pas l’interdiction seront passibles de sanctions pouvant s’élever jusqu’à 6% de leur chiffre d’affaires ».
Pour TikTok, Instagram ou Snapchat, ces chiffres représentent des montants colossaux. Une amende à 6% du chiffre d’affaires mondial d’une plateforme comme Meta pourrait atteindre plusieurs milliards d’euros. De quoi inciter même les géants du numérique à la conformité.
Cette fermeté juridique s’appuie sur une leçon douloureuse : l’échec cuisant de la loi 2023 instaurant une majorité numérique à 15 ans, jamais appliquée faute d’arsenal contraignant. Le législateur a retenu la leçon en s’arrimant cette fois au règlement européen DSA (Digital Services Act), qui encadre strictement les services numériques.
La publication par la Commission européenne de nouvelles lignes directrices cet été a ouvert une brèche juridique décisive. Ces orientations autorisent désormais les États membres à réguler l’accès aux réseaux sociaux selon l’âge dans leur droit national, sans contradiction avec le cadre européen.
Cette conformité au DSA transforme une ambition politique en outil juridique opérationnel. Les plateformes ne pourront plus invoquer le droit européen pour échapper à leurs obligations. Le piège se referme.

Vérification D’Âge : Le Défi Technique Et Éthique
Reste désormais à transformer cette armature juridique en dispositif opérationnel. Car sans système de vérification d’âge fiable, l’interdiction demeurera lettre morte. Les travaux sont en cours au niveau européen pour élaborer une solution à la fois efficace et respectueuse des libertés individuelles.
Gabriel Attal a esquissé les contours du mécanisme envisagé : un « tiers de confiance » indépendant, qui ne serait « ni l’État ni les plateformes de réseaux sociaux ». Cette entité neutre pourrait procéder par reconnaissance faciale ou téléchargement de documents d’identité. Une architecture visant à garantir la protection des données personnelles tout en assurant un contrôle rigoureux.
L’équation s’avère complexe. La reconnaissance faciale soulève des interrogations sur la surveillance et la vie privée des mineurs. Le téléchargement de pièces d’identité expose à des risques de piratage ou de détournement de données sensibles. Chaque option charrie son lot de dérives potentielles.
Plusieurs députés ont souligné l’inévitabilité des contournements par les adolescents déterminés. Fausses déclarations, comptes empruntés, VPN : les parades techniques ne manqueront pas. Face à ces objections, Laure Miller a tranché d’une réplique aussi brève que déterminée : « Mais est-ce une raison pour renoncer ? »
Cette réponse cristallise la philosophie du texte. Non, la loi ne sera pas hermétique. Oui, des failles existeront. Mais le législateur assume ce pari : mieux vaut une protection imparfaite qu’une démission collective face aux ravages documentés des réseaux sociaux sur la santé mentale des plus jeunes.









