📌 Réseaux sociaux interdits aux moins de 15 ans : Emmanuel Macron active la procédure accélérée pour une application dès septembre 2026
Posted 25 janvier 2026 by: Admin

L’Annonce Présidentielle : Une Accélération Législative Inédite
Dans une vidéo confidentielle obtenue par BFMTV, Emmanuel Macron adresse des remerciements personnels à la députée Ensemble pour la République Laure Miller, rapporteure de la Commission d’enquête sur les effets de TikTok. « Je voulais te remercier de tout le travail fait avec Anne Le Hénaff et son équipe », déclare le chef de l’État, saluant la proposition de loi qui interdira l’accès aux réseaux sociaux aux mineurs de moins de 15 ans.
Le président franchit un cap décisif : il demande au gouvernement d’engager la procédure accélérée pour permettre une application « dès la rentrée prochaine ». Cette démarche, réservée aux textes prioritaires, témoigne d’une volonté politique sans précédent sur ce dossier. « Ce texte va nous permettre de concrétiser une ambition que nous portons depuis plusieurs années, qui est pour moi très importante et qui fait l’objet d’un engagement fort que j’ai pris auprès des Françaises et des Français », affirme-t-il.
L’examen du texte débute dès lundi à l’Assemblée nationale, en première lecture, dans le cadre de la niche parlementaire EPR. Le calendrier législatif se resserre drastiquement : de la discussion parlementaire à la mise en œuvre effective avant septembre 2026, le gouvernement se donne moins de huit mois pour transformer cette promesse en réalité contraignante pour les plateformes numériques.

Un Combat Présidentiel De Huit Ans Pour La Régulation Numérique
Cette accélération s’inscrit dans une stratégie de long terme. Emmanuel Macron rappelle son engagement « dès 2018, à l’Unesco » pour la régulation des plateformes numériques. Le président évoque les initiatives successives portées dans le cadre du Forum de Paris sur la Paix, notamment la création d’un laboratoire dédié à la protection des enfants face aux dangers du numérique.
La trajectoire législative démontre une escalade progressive. « Nous avons aussi porté plusieurs textes de loi ces dernières années pour protéger les enfants et les adolescents face aux écrans, aux portables », énumère-t-il, citant la loi Studer, celle de Laurent Marcangeli visant à instaurer une majorité numérique et à lutter contre la haine en ligne, ainsi que la loi sur le numérique.
Cette nouvelle proposition se veut pourtant plus radicale. Le président salue un « texte beaucoup plus simple » qui traduit directement la promesse faite : interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans, tout en étendant l’interdiction des portables dans les lycées. Huit ans après les premières discussions internationales, la France franchit le pas d’une interdiction pure, abandonnant les approches de régulation au profit d’une mesure coercitive assumée.

Le Message Politique : « Le Cerveau De Nos Enfants N’Est Pas À Vendre »
Cette radicalité assumée s’accompagne d’un discours de souveraineté inédit. « Le cerveau de nos enfants et de nos adolescents n’est pas à vendre. Leurs émotions ne sont pas à vendre, ni par les plateformes américaines, ni par des algorithmes chinois », affirme Emmanuel Macron dans la vidéo obtenue par BFMTV. La formule, percutante, érige la question en enjeu de souveraineté nationale face aux géants technologiques étrangers.
Le président cible explicitement les acteurs internationaux. En nommant les « plateformes américaines » et les « algorithmes chinois », il transforme la protection des mineurs en bataille géopolitique. Le message est clair : la France refuse que le développement cognitif de sa jeunesse soit monétisé par des intérêts économiques échappant au contrôle national.
Cette posture marque une rupture avec les approches de régulation partenariale. Fini les négociations avec Meta, TikTok ou Snapchat pour des chartes d’autorégulation. Le texte proposé par Laure Miller impose une interdiction sans négociation, positionnant l’État comme unique garant de la santé mentale des adolescents. La simplicité du dispositif – une limite d’âge stricte – vise justement à éviter toute interprétation ou contournement par les plateformes.
Cette approche frontale soulève pourtant la question de l’applicabilité concrète d’une telle mesure face à des entreprises technologiques disposant de ressources juridiques et techniques considérables.

L’Australie Comme Modèle : 4,7 Millions De Comptes Supprimés En Un Mois
Face aux interrogations sur l’applicabilité d’une interdiction radicale, la France dispose désormais d’un précédent international probant. L’Australie, devenue le 10 décembre 2024 la première nation à interdire les réseaux sociaux aux moins de 16 ans, a supprimé 4,7 millions de comptes en seulement un mois. Ces chiffres, communiqués par le Premier ministre Anthony Albanese, démontrent qu’une mesure coercitive fonctionne techniquement.
« Pendant les vacances scolaires, les jeunes, au lieu de passer leur temps sur leurs appareils, ont lu des livres, ont échangé avec leurs proches et ont eu des interactions enrichissantes », se félicite le dirigeant australien. Son témoignage révèle un changement comportemental immédiat : la contrainte législative a effectivement modifié les pratiques numériques des adolescents. Les parents, ajoute-t-il, ont retrouvé « l’esprit tranquille, sans s’inquiéter de ce que leurs enfants consultent en ligne ».
Ce benchmark international apporte une réponse factuelle aux sceptiques. Loin d’être une utopie réglementaire, l’interdiction australienne a produit des résultats mesurables et rapides. La proposition de Laure Miller s’inscrit explicitement dans ce sillage, avec une différence notable : la barre d’âge fixée à 15 ans au lieu de 16.
Reste à déterminer si les plateformes américaines et chinoises accepteront aussi facilement de se conformer à la législation française qu’elles l’ont fait en Australie, dans un contexte géopolitique autrement plus tendu.










