📌 Sécurité : 24 villes mobilisées alors que les policiers dénoncent l’effondrement de l’autorité et appellent les citoyens à manifester avec eux
Posted 31 janvier 2026 by: Admin

La Mobilisation Citoyenne : Quand La Police Appelle La Population À L’aide
Ce samedi 31 janvier, un événement sans précédent se déroule dans 24 villes de France. Les syndicats de police, menés par Alliance Police nationale, franchissent une ligne jamais traversée : ils appellent les citoyens à défiler à leurs côtés. Une inversion des rôles qui révèle l’ampleur du désarroi.
« On appelle à l’aide, c’est la seule solution qui nous reste », confie Fabien Vanhemelryck, Secrétaire général d’Alliance Police nationale. Ses mots sonnent comme un aveu d’impuissance : « Il faut une prise de conscience citoyenne. On sait que la population protège et aime sa police mais bientôt, on ne pourra plus assurer la sécurité des personnes et des biens, aujourd’hui on nous abandonne. »
Le slogan scandé dans les rues ne laisse aucune ambiguïté : « stop aux promesses sans actes, stop à l’effondrement de l’autorité, stop à l’insécurité, stop à l’impunité ». Quatre formules qui résument des années de frustration accumulée, de signaux d’alarme ignorés, de dégradation progressive des conditions d’exercice.
Cette mobilisation citoyenne inédite traduit une réalité simple : ceux qui protègent demandent désormais protection. Les gardiens de l’ordre appellent au secours, conscients que leur capacité opérationnelle s’érode jour après jour. Une démarche exceptionnelle qui témoigne d’une situation devenue intenable sur le terrain.

Violences Quotidiennes : Le Terrain Devenu Zone De Combat
Cette détérioration de l’autorité se mesure désormais en agressions répétées. En septembre dernier, un policier de la BAC à Tourcoing subit une attaque d’une violence inouïe. L’incident n’est pas isolé : il cristallise une réalité que vivent « des milliers de policiers », selon Fabien Vanhemelryck.
« C’est l’exemple concret de ce qu’on dénonce dans cette mobilisation », poursuit le responsable syndical auprès de RMC. « La violence est devenue gratuite et omniprésente comme l’insécurité et on n’arrive plus à éradiquer le problème. Des collègues sont épuisés physiquement et psychologiquement et celui de Tourcoing sera choqué pendant longtemps. »
Le constat s’alourdit : « Il n’y a plus une intervention qui se passe bien ». Chaque appel cache désormais un danger potentiel. « Il y a des millions d’interventions et dans chaque intervention, il y a un danger plus fort qu’avant », alerte Vanhemelryck.
Les témoignages de terrain confirment cette escalade. Une policière relate une situation devenue courante : « On a des gens qui nous appellent pour un tapage nocturne, et derrière ce sont des dizaines de jeunes qui nous attendent avec des mortiers d’artifices. C’est un piège et ils veulent nous tuer. »
La vocation initiale – « protéger la veuve et l’orphelin » – se heurte à une réalité brutale : les interventions de routine se transforment en guets-apens meurtriers. Le métier a changé de nature. Les forces de l’ordre ne gèrent plus des incidents, elles affrontent des embuscades calculées où leur intégrité physique est systématiquement menacée.

L’Effondrement De L’Autorité : Quand La Peur Change De Camp
Cette violence systématique révèle un basculement plus profond : « les gens n’ont plus peur de la police ». Ce constat, prononcé par plusieurs agents interrogés par RMC, marque une rupture historique dans le rapport entre forces de l’ordre et population.
L’absence de crainte face à l’uniforme génère une multiplication des altercations où les policiers se retrouvent en position de vulnérabilité. « On se sent exposés », confie une policière. Cette inversion du rapport de force transforme chaque intervention en épreuve psychologique autant que physique.
Les conséquences sur les effectifs sont mesurables. « Des collègues sont épuisés physiquement et psychologiquement », rappelle Fabien Vanhemelryck. Le cas du policier de Tourcoing illustre cette usure : « il sera choqué pendant longtemps ». Le trauma ne se limite plus aux incidents exceptionnels – il devient la norme d’un métier où la menace permanente érode le moral des troupes.
Cette érosion de l’autorité compromet l’efficacité opérationnelle. Quand la dissuasion ne fonctionne plus, quand l’uniforme n’impose plus le respect, la capacité même à maintenir l’ordre public s’effondre. Les syndicats le martèlent dans leur slogan : « stop à l’effondrement de l’autorité, stop à l’impunité ».
Face à cette dégradation, les forces de l’ordre réclament des actes concrets. Mais au-delà des violences quotidiennes, c’est leur environnement de travail lui-même qui symbolise l’abandon institutionnel qu’ils dénoncent.

Indigence Matérielle : Le Symbole Du « Commissariat De La Honte »
L’abandon dénoncé par les syndicats ne se limite pas aux interventions sur le terrain. Il se matérialise dans les locaux mêmes où exercent les agents. Le commissariat de Perpignan (Pyrénées-Orientales) cristallise cette dégradation : surnommé « commissariat de la honte », il expose les policiers à des conditions indignes.
Inondations récurrentes, remontées de matières fécales, présence de rats : le quotidien des agents s’apparente davantage à celui d’un bâtiment abandonné qu’à celui d’un lieu de service public. Ces conditions insalubres ne relèvent pas de l’incident isolé – elles persistent depuis des mois malgré les alertes répétées.
Cette situation illustre le décalage entre les discours officiels et la réalité des moyens alloués par l’État. « Stop aux promesses sans actes », martèlent les syndicats dans leur slogan. L’exigence de nouveaux locaux, qualifiée d’urgente, reste lettre morte tandis que les agents continuent de servir dans des bâtiments délabrés.
Le symbole est puissant : comment exiger le respect de l’autorité quand ceux qui l’incarnent travaillent dans des conditions qui les huent? Cette indigence matérielle nourrit le sentiment d’humiliation ressenti par les forces de l’ordre et alimente leur colère. Elle légitime leur appel à l’aide lancé aux citoyens ce 31 janvier, dernière tentative pour obtenir la reconnaissance qu’ils estiment mériter.










