📌 Ségolène Royal en Algérie : son plaidoyer pour l’amitié franco-algérienne divise jusqu’à provoquer un ras-le-bol sur RMC
Posted 30 janvier 2026 by: Admin

Les Relations Franco-Algériennes Au Point De Rupture
L’été 2024 marque un tournant brutal dans l’histoire diplomatique franco-algérienne. En envisageant de soutenir le plan d’autonomie marocain pour le Sahara occidental, Paris abat une carte que l’Algérie reçoit comme un coup de poignard dans le dos. Ce qui n’était jusqu’alors qu’une série de malentendus se transforme en rupture profonde. Les ambassadeurs désertent leurs postes, la machine diplomatique se grippe, et les vieux démons de l’histoire refont surface avec une violence inédite.
La situation s’envenime davantage début 2026 après la diffusion sur France 2 de l’émission Complément d’enquête titrée « Rumeur et coups tordus : la guerre secrète France-Algérie ». Le reportage provoque la fureur d’Alger, qui y voit une nouvelle provocation. Les canaux officiels sont désormais fermés, les échanges diplomatiques au point mort. Entre les deux rives de la Méditerranée, le silence s’installe, lourd de rancœurs accumulées et de non-dits qui empoisonnent le dialogue.
Face à cette impasse, certaines voix s’élèvent pour tenter de renouer le fil. Parmi elles, celle de Ségolène Royal, qui décide d’agir en marge des circuits officiels.

L’Initiative Solo De Ségolène Royal À Alger
Alors que les canaux diplomatiques restent gelés, Ségolène Royal pose ses valises à Alger et décide de jouer sa propre partition. La présidente de l’association France-Algérie multiplie les gestes forts, allant jusqu’à s’entretenir longuement avec le président Abdelmadjid Tebboune. Pour l’ancienne ministre, réparer ce lien historique n’est pas une option, mais un devoir. Son plaidoyer pour le respect de la souveraineté algérienne trouve un écho certain de l’autre côté de la Méditerranée.
Pourtant, à Paris, le ton est glacial. Lors de sa conférence de presse du 29 janvier 2026, le ministère des Affaires étrangères tient à préciser qu’il s’agit d’une pure « initiative personnelle ». Une manière polie de dire que Ségolène Royal voyage sans mandat officiel. Le Quai d’Orsay prend ses distances, soulignant le caractère non mandaté de cette démarche. Un désaveu à peine voilé qui révèle le décalage entre l’action individuelle de Royal et la ligne officielle française.
Cette démarcation n’empêche pas l’ex-candidate à la présidentielle de poursuivre son entreprise de réconciliation, convaincue que le dialogue doit primer sur les postures politiciennes.

Le Plaidoyer De Royal Pour La Reconstruction Du Lien Historique
Après son entrevue avec Abdelmadjid Tebboune, Ségolène Royal prend la parole et ne mâche pas ses mots. « Je suis très honorée de l’audience que vient de m’accorder monsieur le président Abdelmadjid Tebboune, qui prouve sa volonté de dialogue dès lors que le respect et la considération sont également au rendez-vous », déclare-t-elle. Pour l’ancienne ministre, la reconstruction de l’amitié entre la France et l’Algérie est un devoir envers les jeunes générations des deux rives.
Son discours cible directement ceux qui, selon elle, alimentent les tensions. « Il faut faire reculer les postures politiciennes, les provocations, les discours qui déchirent de la part de ceux qui ne veulent pas que l’Algérie avance et qui ne veulent pas encore admettre la souveraineté nationale de l’Algérie », martèle-t-elle. Une reconnaissance explicite qui tranche avec la prudence habituelle des officiels français.
Sur la question mémorielle, Royal adopte une position d’équilibriste. « La mémoire n’est jamais une rente ni une culpabilité héréditaire, c’est une vérité des blessures et des traumatismes qui doivent être nommés, réparés, excusés, sans je ne sais quelle contrepartie », affirme-t-elle. Un message qui appelle à la réconciliation sans conditions préalables, mais qui ne fait pas l’unanimité en France.

Réactions Contrastées : Entre Nécessité Et Provocation
Sur le plateau des Grandes Gueules sur RMC, Alain Marschall ouvre le débat sur le déplacement de Ségolène Royal. L’animateur donne la parole à Noël, auditeur franco-algérien, dont la réaction illustre toute la complexité du sujet. « Je pense que ce voyage est nécessaire déjà pour mettre un petit peu les choses au point », affirme-t-il d’emblée.
Mais l’auditeur refuse la lecture simpliste des responsabilités. « Quand j’entends que les provocations viennent surtout de l’Algérie, moi, ça me fait bondir. Il y a des provocations, effectivement, qui viennent du régime algérien. Moi-même, je suis un opposant au régime algérien. Je suis militaire au Rassemblement pour la Culture et la Démocratie », précise-t-il. Une position nuancée qui ne l’empêche pas de pointer les origines du conflit.
Sa conclusion provoque un malaise palpable : « Je suis désolé, mais les provocations vont commencer par la France au niveau colonial ». Une référence historique que le plateau des Grandes Gueules balaye immédiatement, refusant de remonter à « cette époque lointaine ». Cette tension révèle l’impasse du débat franco-algérien : comment construire l’avenir quand le passé reste un champ de mines que certains veulent traverser et d’autres contourner ?










