📌 Sénégal : les peines pour homosexualité passent de 5 à 10 ans de prison selon le nouveau projet de loi
Posted 26 février 2026 by: Admin

Le Sénégal Durcit Sa Législation Anti-LGBT
Le 24 février 2026, Ousmane Sonko a franchi un cap répressif majeur. Le Premier ministre sénégalais a annoncé un projet de loi doublant les peines contre l’homosexualité : de 1 à 5 ans actuellement, les sanctions passeraient à 5 à 10 ans de prison. « Toute personne qui aura commis un acte contre-nature sera punie d’un emprisonnement de 5 à 10 ans », a-t-il déclaré sans détour.
Cette annonce survient dans un climat déjà tendu. Depuis plusieurs semaines, une vague d’arrestations frappe le pays, visant des individus pour homosexualité présumée. Même des célébrités n’échappent pas à cette répression intensifiée, révélant l’ampleur de la campagne menée par les autorités.
Ce durcissement contraste violemment avec les évolutions observées ailleurs. La Thaïlande a récemment légalisé le mariage gay, tandis que l’Irlande du Nord a autorisé l’union entre personnes du même sexe et l’avortement. Le Sénégal, lui, choisit la voie inverse : celle d’une criminalisation renforcée qui pourrait marquer un tournant dans la répression des droits LGBT en Afrique de l’Ouest.
Mais le projet ne se limite pas au durcissement des peines. Il introduit des dispositions juridiques inédites qui étendent considérablement le champ de la répression.

Une Définition Juridique Inédite De L’Homosexualité
Le texte franchit une étape sans précédent : pour la première fois, le code pénal sénégalais inscrirait noir sur blanc une définition explicite de l’homosexualité. « Tout acte sexuel ou à caractère sexuel entre deux personnes du même sexe constitue un acte contre nature », précise Ousmane Sonko. Cette formulation juridique ne relève pas du simple durcissement : elle constitue une codification inédite qui ancre la répression dans un cadre légal renforcé.
Jusqu’ici, la législation sénégalaise condamnait l’homosexualité sans la définir précisément. Ce flou laissait place à l’interprétation. Désormais, la qualification d’« acte contre nature » devient officielle, donnant aux autorités un arsenal répressif clairement délimité. Cette caractérisation englobe tout acte « sexuel ou à caractère sexuel », élargissant potentiellement le champ d’application bien au-delà des relations intimes stricto sensu.
Cette inscription marque un tournant législatif majeur en Afrique de l’Ouest. En fixant les contours juridiques de ce qui constitue un « acte contre nature », le Sénégal institutionnalise la discrimination et facilite les poursuites. Les implications sont immédiates : moins de zones grises, plus de condamnations possibles.
Pourtant, cette codification n’est qu’un volet du projet. Une autre disposition, moins médiatisée, vise directement ceux qui oseraient défendre les droits LGBT.

La Criminalisation De L’Apologie De L’Homosexualité
Au-delà de la répression des actes, le projet de loi cible une nouvelle catégorie de « coupables » : ceux qui soutiennent publiquement les personnes LGBT. « Toute personne qui aura fait l’apologie de l’homosexualité sera punie d’un emprisonnement de 3 à 7 ans », déclare Ousmane Sonko. Cette disposition inédite transforme la simple expression d’un soutien en délit passible de prison.
Concrètement, défendre les droits des personnes homosexuelles, relayer des témoignages, participer à des campagnes de sensibilisation ou même exprimer publiquement une opinion favorable pourrait désormais conduire derrière les barreaux. Les militants associatifs, journalistes, artistes et citoyens risquent jusqu’à sept années d’incarcération pour avoir osé prendre la parole.
Cette extension de la répression ne vise plus seulement les individus LGBT, mais quiconque refuse de les condamner. Le texte instaure un climat de censure généralisé où la liberté d’expression se heurte frontalement à l’arsenal législatif. Les organisations de défense des droits humains dénoncent une dérive autoritaire qui musèle toute voix dissidente.
L’impact dépasse la simple dimension juridique : en criminalisant le discours de soutien, le gouvernement sénégalais isole davantage une communauté déjà marginalisée et dissuade toute solidarité publique. Cette stratégie répressive pourrait transformer le Sénégal en zone de silence forcé sur les questions LGBT.
Reste désormais à savoir si les députés valideront ce texte controversé.

Un Projet De Loi En Attente De Validation Parlementaire
Cette annonce fracassante d’Ousmane Sonko ne constitue pour l’instant qu’un projet. Le texte doit encore franchir l’étape décisive du vote à l’Assemblée nationale, où les députés sénégalais décideront de son adoption définitive. Rien ne garantit que cette législation durcissant drastiquement la répression verra effectivement le jour.
Pourtant, le climat actuel laisse présager une issue favorable au gouvernement. Depuis plusieurs semaines, une vague d’arrestations frappe le pays, ciblant des personnes soupçonnées d’homosexualité, dont plusieurs célébrités. Ces interpellations révèlent un terrain déjà préparé à la répression, où les forces de l’ordre agissent avec une détermination renouvelée.
Cette séquence législative survient dans un contexte international paradoxal. Pendant que la Thaïlande autorise le mariage homosexuel et que l’Irlande du Nord légalise l’union entre personnes du même sexe, le Sénégal emprunte la direction opposée. Le contraste souligne l’écart croissant entre les pays progressant vers l’égalité des droits et ceux renforçant l’arsenal répressif.
Pour la communauté LGBT sénégalaise, chaque jour compte. En attendant le verdict parlementaire, des vies restent en suspens entre la crainte d’une législation encore plus sévère et l’espoir fragile d’un rejet du texte. Les organisations internationales de défense des droits humains observent attentivement ce processus législatif, conscientes que son issue déterminera l’avenir de milliers de personnes.










