📌 SNCF : wagons interdits aux moins de 12 ans et aucun espace dédié aux familles, Sarah El Haïry dénonce une discrimination
Posted 23 janvier 2026 by: Admin

Lancement Discret D’une Classe « Sans Enfants » Qui Fait Débat
Depuis le 8 janvier 2026, la SNCF a discrètement introduit une nouvelle classe baptisée Optimum sur certaines lignes TGV, notamment entre Paris et Lyon. Cette offre premium promet un « espace calme » avec restauration à la place, service personnalisé et flexibilité maximale. La cible affichée : professionnels et travailleurs nomades en quête de sérénité. Mais un détail dans les conditions de vente a déclenché une vague d’indignation : « cet espace calme est accessible à partir de 12 ans ».
En clair, les enfants sont exclus de ces wagons. La SNCF précise que « les plus petits sont bien sûr les bienvenus dans le reste du train », mais la formulation n’apaise pas les critiques. Pour la première fois, l’entreprise publique instaure une barrière d’âge explicite dans son offre commerciale. Une ligne rouge que beaucoup jugent franchie.
La mesure, révélée par actu.fr et BFM Business, n’avait fait l’objet d’aucune communication officielle. Aucun communiqué de presse, aucune annonce publique. Juste une mention dans les petites lignes des conditions de vente. Cette discrétion interroge : la SNCF anticipait-elle la polémique ? L’entreprise se défend de toute volonté d’exclusion, arguant répondre à une demande spécifique de sa clientèle affaires. Mais le symbole reste puissant : pour gagner en tranquillité, il faudrait désormais bannir les enfants.

Levée De Boucliers : Associations Et Haute-Commissaire À L’enfance Montent Au Créneau
La révélation de cette classe réservée aux adultes a provoqué une réaction immédiate. C’est l’association Les Adultes de demain qui a sonné l’alerte sur Instagram, dénonçant « une ligne rouge franchie » par la première entreprise publique de transport français. Le message a rapidement enflammé les réseaux sociaux, où les termes « discrimination », « honte » et « vision anti-famille » se multiplient dans les commentaires.
L’indignation atteint les plus hautes sphères. Sur Parents.fr, Sarah El Haïry, Haute-Commissaire à l’enfance, se dit « sidérée » par cette initiative. Sa déclaration est sans ambiguïté : « Lorsqu’on donne le sentiment que le confort des adultes passe par l’absence d’enfants, c’est choquant ». Elle rappelle que voyager avec des enfants n’est pas une anomalie à corriger, mais une réalité quotidienne à accompagner.
La Haute-Commissaire pointe surtout un déséquilibre révélateur : pendant que la SNCF développe une offre « no kids », aucune alternative kid-friendly équivalente n’émerge. Pas de wagons ludiques, pas d’espaces élargis pour les poussettes, pas de rangements adaptés aux familles. Cette asymétrie interroge les priorités d’un service public censé servir l’ensemble des citoyens, enfants compris. La question sous-jacente reste entière : faut-il systématiquement choisir entre confort adulte et présence des plus jeunes ?

La SNCF Tente De Justifier Une Décision Sous Le Feu Des Critiques
Face à la tempête médiatique, la SNCF a rapidement activé sa communication de crise. Sur BFM Business, Gaëlle Babault, directrice des offres TGV Inoui, relativise la portée de la mesure : l’espace Optimum ne concerne que 39 places, soit moins de 8% d’un TGV, et uniquement en semaine. Un périmètre limité censé démontrer que l’entreprise n’exclut pas massivement les familles.
La dirigeante s’appuie sur les chiffres pour rassurer : « Nos trains sont pensés pour tous, et bien évidemment pour les familles. Chaque année, plus de 300 000 enfants voyagent à bord grâce à notre service Junior & Cie ». L’argument vise à rappeler l’engagement historique de l’entreprise envers les jeunes voyageurs. Mais il peine à dissiper le malaise créé par cette segmentation.
Plus révélateur encore, la SNCF reconnaît avoir longtemps résisté à la pression de certains clients exigeant des espaces « 100% sans enfants ». Cet aveu involontaire confirme l’existence d’une demande clientèle insistante, à laquelle l’entreprise publique a finalement cédé. En tentant de satisfaire une frange de voyageurs professionnels en quête de silence absolu, la SNCF s’est retrouvée prise entre logique commerciale et mission de service public. Une position inconfortable qui soulève une interrogation plus large sur les véritables priorités d’une entreprise censée servir l’intérêt général.

Un Débat De Société : Service Public Versus Segmentation Commerciale
Cette polémique soulève une question de fond qui dépasse largement le cadre ferroviaire : comment une entreprise publique peut-elle concilier les attentes contradictoires de ses usagers sans bafouer les principes d’égalité d’accès ? D’un côté, des professionnels en quête de tranquillité pour travailler. De l’autre, des familles qui revendiquent leur droit légitime à voyager sans être stigmatisées.
Sarah El Haïry pointe du doigt une contradiction majeure : « On ne peut pas appeler à relancer la natalité tout en excluant les enfants du quotidien ». Son constat expose un malaise plus profond sur la place réservée aux enfants dans l’espace public. Encourager les naissances d’une main tout en créant des zones d’exclusion de l’autre relève d’une schizophrénie politique que la Haute-Commissaire refuse d’accepter.
Le véritable angle mort de cette controverse réside ailleurs : si la SNCF conçoit une offre premium pour ceux qui recherchent le calme, pourquoi ne développe-t-elle pas une véritable offre kid-friendly en contrepartie ? Wagons ludiques, espaces élargis pour les poussettes, rangements adaptés, divertissements intégrés : autant de services qui répondraient aux besoins spécifiques des familles voyageuses.
En privilégiant une logique de séparation plutôt que d’accompagnement, la SNCF révèle ses priorités commerciales. Reste à savoir si une entreprise publique peut se permettre de traiter certains usagers comme une nuisance à contenir, plutôt que comme des voyageurs à servir.










