📌 40 ans chez Auchan, elle reçoit une médaille et découvre ce qu’on lui cache vraiment

Posted 28 novembre 2025 by: Admin
Quarante Ans De Loyauté, Effacés En Un Jour
Au magasin Auchan de Roncq, Yolande Descamps pensait terminer sa carrière dignement. Quatre décennies de service impeccable méritaient bien cela. Mais le scénario qu’elle a vécu relève d’une brutalité difficilement concevable. La veille de la traditionnelle cérémonie interne de remise des médailles du travail, elle est convoquée à un entretien préalable. L’objet : son licenciement.
Le lendemain, elle reçoit pourtant sa médaille Grand Or, celle qui célèbre justement 40 ans de bons et loyaux services. Une reconnaissance officielle en apparence honorable. Sauf qu’au moment même où l’entreprise salue publiquement sa fidélité, Yolande sait déjà qu’elle n’a plus de poste. Pas de pot de départ organisé par ses collègues. Pas de discours chaleureux. Juste un « merci, au revoir » froid et impersonnel, comme si quatre décennies pouvaient s’effacer d’un claquement de doigts.
Le contraste est saisissant. D’un côté, l’hommage formel gravé dans le métal. De l’autre, une mise à l’écart brutale qui laisse pantois. Pour Yolande Descamps, relayée par La Voix du Nord, ce n’est pas seulement une injustice personnelle. C’est le symbole d’un système qui semble avoir perdu toute notion de loyauté envers ceux qui l’ont servi pendant des années. Cette histoire individuelle s’inscrit dans un contexte bien plus large que l’enseigne traverse actuellement.
Auchan En Pleine Tempête Sociale
Ce contexte, c’est un véritable séisme qui secoue l’enseigne de la galaxie Mulliez depuis plusieurs semaines. Le mercredi 5 novembre 2025, la direction d’Auchan a dévoilé un plan de restructuration massif qui a pris de court des milliers de salariés. Les chiffres donnent le vertige : 2 389 emplois menacés sur l’ensemble du groupe.
La répartition des suppressions révèle l’ampleur du bouleversement. 784 postes rayés dans les sièges, 915 dans les magasins, et 466 supprimés via la fermeture pure et simple de trois hypermarchés et d’un supermarché. Au total, dix magasins sont condamnés à disparaître. Pour les syndicats, c’est un cataclysme social. Franck Martineau, représentant FO cité par Le Monde, dénonce une situation « catastrophique » et « scandaleuse ».
Derrière ces statistiques froides se cachent des drames humains bien réels. Des employés qui, comme Yolande Descamps, ont consacré des décennies à l’entreprise se retrouvent brutalement confrontés à l’incertitude. La violence de l’annonce contraste avec les discours rassurants de la direction, qui évoque des mesures d’accompagnement et quelques créations de postes dans le drive. Mais pour les 2 389 concernés et leurs milliers de collègues terrifiés, ces promesses sonnent creux face à la réalité du choc.
L’histoire de Yolande illustre parfaitement cette brutalité systémique. Car son licenciement cache une autre dimension, bien plus contestable.
Un Licenciement Déguisé Selon L’Employée
Cette dimension contestable, Yolande Descamps la dénonce sans détour. Reconnue travailleuse handicapée et en convalescence après un burn-out professionnel, elle espérait réintégrer un service adapté à sa situation. Une attente légitime, encadrée par le droit du travail. Mais les propositions formulées par l’entreprise n’en tenaient apparemment pas compte.
Selon elle, ce licenciement n’a rien d’un simple aléa administratif. Elle y voit une « suppression d’emploi déguisée », maquillée derrière une déclaration d’inaptitude. Une stratégie qui permettrait à l’employeur de contourner les obligations légales liées au statut de travailleur handicapé. L’accusation est grave et touche au cœur des protections sociales censées garantir le maintien dans l’emploi des personnes fragilisées.
Pour Yolande, la médaille Grand Or reçue la veille devient alors un symbole dérisoire. Quarante ans de service effacés par une procédure qu’elle juge déloyale. La reconnaissance formelle d’un côté, l’éviction brutale de l’autre. Ce contraste illustre la violence d’un système qui célèbre la fidélité tout en se débarrassant de ceux qu’il considère désormais comme un poids.
L’affaire finira devant les prud’hommes, où les arguments juridiques se substitueront aux émotions. Mais au-delà du cas individuel de Yolande, c’est toute une ambiance qui s’est installée dans les magasins Auchan.
Climat De Terreur Dans Les Magasins
Cette ambiance, les délégués syndicaux la décrivent sans fard. « Les gens sont en pleurs », confie Caroline Blot, représentante CFDT, résumant d’une phrase le climat de détresse qui s’est abattu sur les équipes. Loin des euphémismes habituels, son témoignage révèle une réalité bien plus brutale que les communiqués officiels ne le laissent entendre.
La restructuration frappe sans distinction. Même les chefs de secteur, pourtant épargnés lors des précédentes vagues de licenciements, se retrouvent cette fois dans la ligne de mire. Personne n’est à l’abri, et cette généralisation de la menace amplifie le sentiment d’insécurité collective.
Face à ce séisme, la direction d’Auchan tente de rassurer en évoquant des mesures d’accompagnement et quelques créations de postes dans le secteur du drive. Mais pour les 2 389 employés concernés et leurs milliers de collègues terrifiés par l’avenir, ces annonces sonnent désespérément creux. Les créations promises ne compensent en rien l’hémorragie en cours.
Pendant ce temps, Yolande Descamps prépare son dossier pour les prud’hommes. Son affaire deviendra peut-être un symbole, celui d’une loyauté trahie et d’une reconnaissance qui n’aura été que de façade. Au-delà des batailles juridiques et des plans comptables, c’est un choc profondément humain qui marque cette crise. Et dont les cicatrices mettront des années à se refermer.










