
Une étude du bureau Pouget Consultants et du groupement Ignes, menée sur près de 9 millions de DPE, révèle que 43 % des logements français sont insuffisamment équipés en volets ou stores extérieurs. La proportion monte à 50 % pour les maisons individuelles.
L’expert Simon Blin résume l’ampleur du problème thermique : «deux mètres carrés de vitrage, c’est l’équivalent d’1 kW de chauffage allumé en permanence dans le logement». Une formule qui éclaire concrètement pourquoi certains appartements deviennent rapidement invivables dès que les températures grimpent.
Suspension du loyer : la loi actuelle ne prévoit aucun droit automatique pour le locataire
Sur le plan juridique, les revendications se heurtent à un mur. Selon le site service-public.gouv.fr, «le loyer et les charges sont à payer pendant toute la durée du bail», et seul un juge peut décider de bloquer temporairement le versement du loyer hors charges. Aucune disposition n’autorise aujourd’hui un locataire à cesser de payer au motif que son logement est trop chaud.

Même la démarche de poser soi-même des volets se révèle semée d’obstacles. Les règlements de copropriété, les demandes d’autorisation préalables, et l’avis des Architectes des Bâtiments de France — qui concerne près d’un logement sur trois selon Alexis Damia — bloquent souvent toute initiative individuelle.
Faute de solutions accessibles, le baromètre Verian-Somfy révèle que 17,5 % des Français collent des couvertures de survie à leurs fenêtres pour tenter de limiter la chaleur. Simon Blin précise que la méthode a une logique : «tant que c’est entre le soleil et le vitrage, vous coupez le rayonnement».
149 députés ont déjà signé une proposition de loi pour rendre les volets obligatoires en location
La proposition de loi transpartisane, soutenue par 149 députés, constitue le levier législatif central mis en avant par les militants. Elle créerait un droit pour tout locataire d’exiger l’installation de protections solaires extérieures et de brasseurs d’air dans son logement, au même titre que d’autres équipements considérés comme indispensables.

La pétition «Pas de volets, pas de loyer», en atteignant plusieurs milliers de signatures en quelques jours, entend peser sur ce débat parlementaire et forcer le gouvernement à inscrire ce texte à l’ordre du jour. L’association Droit Au Logement, qui co-porte la campagne, y voit un enjeu de précarité énergétique d’été, symétrique à celui du chauffage en hiver.

