La députée LFI Mathilde Panot a appelé, ce dimanche 25 mai, à l’annulation de la tournée de Patrick Bruel, accusé d’agressions sexuelles et de viols par une trentaine de femmes. Invitée du Grand Jury de RTL, elle a estimé que les programmateurs devaient prendre leurs responsabilités, invoquant un risque concret pour les travailleuses et les fans.
En bref
- —Une trentaine de femmes accusent Patrick Bruel de violences sexuelles
- —Panot réclame l’annulation d’une tournée de plus de 40 villes
- —Elle dénonce une impunité liée à la notoriété de l’artiste
Un appel clair à l’annulation de la tournée
Mathilde Panot a été catégorique lors de son passage dans l’émission Le Grand Jury sur RTL : la tournée de Patrick Bruel doit être annulée. Le chanteur prévoit de se produire dans plus de quarante villes en France et en Belgique.

Pour la députée, la responsabilité incombe directement aux programmateurs. « C’est au programmeur de prendre cette responsabilité », a-t-elle affirmé, sans ambiguïté.
Elle a également évoqué le rôle des assurances, qu’elle appelle à intégrer des clauses spécifiques autour des « questions de violences sexistes et sexuelles pour raison d’annulation ».
L’affaire Patrick Bruel
Patrick Bruel, chanteur français de renommée nationale, fait l’objet d’accusations d’agressions sexuelles et de viols portées par une trentaine de femmes. Parmi les accusatrices figure notamment Flavie Flament. L’affaire a rapidement suscité des réactions dans les sphères médiatique et politique françaises.
La protection des femmes au cœur de l’argumentaire
La principale justification avancée par Mathilde Panot est la protection des femmes susceptibles d’être exposées lors de cette tournée. « Il y a un risque notamment pour les travailleuses qui seraient sur cette tournée, mais aussi pour les fans qui s’y rendraient », a-t-elle déclaré.

La députée a également apporté son soutien explicite aux femmes qui « voudraient exercer leur droit de retrait si ces concerts venaient à continuer », soulignant l’importance de les protéger de toute exposition à ce type de violences.
Elle a aussi tenu à saluer le courage de celles qui ont témoigné dans cette affaire, parmi lesquelles figure notamment Flavie Flament.
Présomption d’innocence et crédibilité de la parole des femmes
Mathilde Panot a pris soin de rappeler l’existence de la présomption d’innocence dont bénéficie Patrick Bruel, tout en défendant ce qu’elle appelle une « présomption de crédibilité de la parole des femmes ».

Elle a insisté sur le nombre et la nature des témoignages, qu’elle a qualifiés de « glaçants », évoquant des accusations de viols, de viol sur mineur et d’attouchements sexuels portées par une trentaine de femmes.
Pour la députée, l’ampleur des témoignages justifie, à minima, l’arrêt des concerts avant que l’affaire ne soit jugée. « Le minimum qui doit être fait est que les concerts soient arrêtés », a-t-elle insisté.
Une dénonciation plus large : culture du viol et impunité
Au-delà du cas Patrick Bruel, Mathilde Panot a dénoncé ce qu’elle considère comme un phénomène systémique. « C’est symptomatique de la manière dont il y a, à la fois, une culture du viol dans ce pays et une impunité qui est faite sous le fait de notoriété », a-t-elle déclaré.

La députée a regretté « un système qui se répète », laissant entendre que la célébrité d’un accusé constitue trop souvent un facteur d’impunité dans la société française.


