📌 Apolline de Malherbe : l’Arcom adresse une mise en garde à BFMTV pour des sondages sans sources cités dans son émission
Posted 17 février 2026 by: Admin

Une Émission Sous les Projecteurs de l’Arcom : le Contexte du Dérapage
Tout commence le 16 juin dernier sur le plateau de Face à face. Ce jour-là, Apolline de Malherbe reçoit Frédéric Ancel, docteur en géopolitique, pour décrypter l’un des conflits les plus explosifs de l’actualité internationale : les bombardements israéliens ciblant les installations nucléaires et militaires iraniennes. L’invité y analyse les stratégies militaires en présence et évoque le spectre d’une guerre perpétuelle entre Téhéran et Tel-Aviv.
Une séquence qui, en apparence, s’inscrit dans le traitement habituel de l’info en continu. Sauf qu’elle va déclencher une série de signalements d’internautes, suffisamment nombreux pour contraindre l’Arcom à saisir l’affaire en assemblée plénière début novembre.
Le régulateur de l’audiovisuel prend le temps de l’analyse. Près de cinq mois séparent la diffusion de l’émission de la publication officielle de sa décision, intervenue le 4 février. Un délai qui témoigne du sérieux avec lequel l’autorité a examiné chaque échange, chaque chiffre avancé à l’antenne ce soir-là.
Car derrière cette interview sur le conflit irano-israélien, c’est une question de fond qui se pose : où s’arrête l’analyse géopolitique et où commence l’obligation de rigueur factuelle ? Une distinction que l’Arcom va trancher avec une précision chirurgicale dans son avis, en ciblant un élément précis de l’intervention de Frédéric Ancel.

Le Cœur du Problème : des Sondages Sans Sources Cités en Direct
L’Arcom n’a pas blanchi BFMTV en bloc. Son analyse distingue avec soin deux types de contenus diffusés lors de cette même interview.
D’un côté, les analyses géopolitiques de Frédéric Ancel sur les frappes israéliennes : le régulateur les juge acceptables, estimant qu’elles « n’engageaient que leur auteur ». Un expert invité à décrypter un conflit peut émettre des opinions tranchées — c’est précisément ce qu’on lui demande.
De l’autre, les chiffres. Et c’est là que l’affaire bascule.
En direct, le spécialiste avance qu’« un peu plus des deux tiers de la population israélienne seraient critiques envers la politique gouvernementale à Gaza ». Une statistique présentée comme un fait établi, sans qu’aucune source ne soit mentionnée à l’antenne. Pour l’Arcom, ces données sont « dénuées de sources » — une formulation lapidaire qui résume l’essentiel du grief retenu contre la chaîne.
La frontière que pointe ici le régulateur est claire : une opinion s’assume, un chiffre se vérifie et se cite. Diffuser une statistique non sourcée sur un sujet aussi sensible que le conflit israélo-palestinien revient à lui conférer une autorité qu’elle ne possède pas nécessairement. C’est précisément ce glissement que l’Arcom refuse de cautionner, au nom des règles de rigueur et de transparence qui s’imposent aux chaînes d’information continue.
Un manquement en apparence technique, mais dont la portée symbolique va bien au-delà de cette seule émission.

La Sanction : un Carton Jaune Symbolique, mais Lourd de Sens
Ce glissement entre opinion et fait non sourcé n’est pas resté sans réponse. Après examen en assemblée plénière début novembre, l’Arcom a publié sa décision le 4 février — et son verdict mérite d’être lu avec attention.
Aucune sanction formelle n’a été prononcée contre BFMTV ni contre Apolline de Malherbe. Le régulateur a opté pour une « mise en garde » officielle, se contentant « d’appeler l’attention » de la chaîne sur une exigence pourtant fondamentale : citer systématiquement les sources des données chiffrées et des sondages diffusés à l’antenne.
Un carton jaune, donc. Mais l’absence de sanction ne doit pas masquer la réalité de ce signal.
Une mise en garde de l’Arcom n’est jamais anodine dans le paysage audiovisuel français. Elle s’inscrit dans un dossier, constitue un précédent documenté et peut peser lourd en cas de récidive. Pour une chaîne d’information continue dont la crédibilité repose précisément sur la rigueur factuelle, être rappelée à l’ordre sur la vérification de statistiques représente un camouflet éditorial — même formulé avec mesure.
Concrètement, l’Arcom impose à BFMTV une vigilance renforcée sur chaque donnée chiffrée diffusée en direct. Une contrainte qui dépasse largement la seule émission du 16 juin et interroge les pratiques éditoriales de la chaîne dans leur ensemble. Car cette décision ne survient pas isolément.

Un Schéma Qui Se Répète : Apolline de Malherbe Dans le Viseur du Régulateur
Car cette décision ne survient effectivement pas isolément. Moins de deux mois plus tôt, le 8 janvier, l’Arcom était déjà intervenue « fermement » après une séquence tout aussi explosive dans la matinale d’Apolline de Malherbe.
Ce jour-là, l’avocat Alain Jakubowicz, invité sur le plateau, avait comparé Jean-Luc Mélenchon à Joseph Goebbels — une déclaration fracassante restée sans recadrage immédiat à l’antenne. L’Arcom avait alors averti la chaîne pour maîtrise insuffisante de l’antenne, estimant que la journaliste n’avait pas réagi avec la fermeté attendue face à des propos aussi chargés.
Apolline de Malherbe s’était certes désolidarisée des déclarations de son invité — mais a posteriori, sur les réseaux sociaux. Un geste perçu comme tardif par le régulateur, qui attend une intervention en temps réel, pas un correctif numérique post-diffusion.
Deux affaires distinctes, deux émissions différentes, mais un point commun révélateur : dans les deux cas, la gestion des invités et la validation des propos en direct sont au cœur du grief. Ce schéma répété place la journaliste sous une surveillance éditoriale renforcée, au moment même où les débats politiques et géopolitiques atteignent une intensité rarement égalée à l’antenne.
Pour l’Arcom, le message est clair : la liberté de parole des invités ne saurait exonérer les chaînes de leur responsabilité éditoriale. Une ligne que BFMTV devra désormais tenir avec une précision accrue.










