Quand ses pieds touchent enfin le sable, son corps crie grâce. Pourtant, Austin court encore 2 kilomètres jusqu’à trouver un téléphone. L’appel aux secours révèle une lucidité stupéfiante : « J’ai besoin d’hélicoptères, j’ai besoin d’avions, j’ai besoin de bateaux, ma famille est en mer. » Sa voix reste étrangement calme, presque détachée. Le choc, probablement.
Dès qu’il raccroche, Austin s’effondre. Son corps vient d’accomplir l’équivalent de deux marathons selon les médecins. Mais à des centaines de kilomètres au large, trois personnes dérivent toujours dans l’obscurité, ignorant si leur sauveur a survécu.

Le Sauvetage Et Ses Séquelles : Entre Culpabilité Et Soulagement
L’appel d’Austin déclenche une mobilisation massive. Police maritime, hélicoptères, équipes spécialisées scrutent les eaux noires de la baie du Géographe. À 20h30, après 8 à 10 heures à dériver en pleine mer, Joanne, Beau et Grace sont enfin localisés à près de 14 kilomètres au large. Accrochés à leurs paddles, tremblants de froid mais vivants, ils portent toujours leurs gilets de sauvetage.
Pendant ce temps, Austin reprend conscience au Busselton Health Campus. Seul. Aucune nouvelle de sa famille. La terreur l’envahit : « Je me suis rendu compte qu’ils avaient disparu, j’ai pensé qu’ils étaient morts », raconte-t-il. La culpabilité le submerge immédiatement. « Je me sentais très coupable. Je me suis dit : ‘Oh non, je n’ai pas été assez rapide’ ».
Cette torture psychologique ne dure heureusement que quelques instants. Le personnel médical lui apprend que sa mère, son frère et sa sœur sont sains et saufs. Quelques blessures légères, de l’hypothermie, mais tous hors de danger.
Austin quitte l’hôpital sur béquilles, les jambes ravagées par un effort que les médecins comparent à deux marathons consécutifs. Son corps porte les stigmates d’un exploit qui aurait pu basculer dans la tragédie à chaque seconde. Mais la famille Appelbee est réunie. Vivante. Grâce à un adolescent de 13 ans qui a refusé de lâcher prise.

