📌 Barrage électoral : 63% des Français prêts à bloquer LFI au second tour, 18 points de plus que contre le RN
Posted 26 février 2026 by: Admin

Le Basculement De L’Opinion : LFI Désormais Plus Rejetée Que Le RN
Un sondage BFTMV publié ce mercredi 25 février révèle un retournement historique de l’opinion publique française : 63% des électeurs déclarent qu’ils feraient barrage à La France insoumise au second tour d’une élection, contre 45% face au Rassemblement national. Un différentiel de 18 points qui marque une première dans le paysage politique français.
Les clivages politiques dessinent une cartographie saisissante. Dans le camp présidentiel, 81% des sympathisants rejettent LFI, contre 66% pour le RN. À droite, le contraste atteint son paroxysme : 90% s’opposeraient à LFI, tandis que seulement 31% feraient barrage au parti de Marine Le Pen. La gauche elle-même n’échappe pas à cette dynamique : 30% de ses électeurs refuseraient LFI au second tour, proportion qui grimpe à 82% face au RN.
Ce basculement intervient dans un contexte où les responsables politiques multiplient les appels à isoler le parti de Jean-Luc Mélenchon. Les lignes traditionnelles de l’échiquier politique français se brouillent, redéfinissant les contours du rejet démocratique. Pour la première fois, un parti de gauche radicale suscite davantage d’opposition qu’une formation d’extrême droite dans l’opinion générale, bouleversant les repères établis depuis des décennies.

L’Affaire Deranque, Catalyseur D’Une Stratégie Politique Inédite
La mort de Quentin Deranque le 14 février à Lyon a déclenché une reconfiguration des alliances politiques. L’affaire implique sept suspects mis en examen, dont Jacques-Elie Favrot, assistant parlementaire du député insoumis Raphaël Arnault, cofondateur de La Jeune Garde antifasciste. Ce drame a fourni le prétexte à une offensive politique sans précédent.
Jordan Bardella a saisi l’occasion pour réclamer un élargissement du « cordon sanitaire » historiquement brandi contre son propre parti. Son objectif affiché : « isoler La France Insoumise ». Une inversion stratégique qui trouve un écho inattendu dans le camp présidentiel. Aurore Bergé a qualifié LFI de parti « anti-France » sur CNews puis BFMTV le 22 février, allant jusqu’à suggérer au RN de retirer ses candidats « dans les villes où LFI peut gagner ». Le lendemain, elle réaffirmait sa ligne : « ni RN, ni LFI. Jamais, ni l’un ni l’autre », formule reprise le 25 février par la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon.
Le politologue Philippe Marlière décrypte dans Le Monde une « dynamique confusionniste » où l’extrême droite et la droite « assimilent LFI et terrorisme d’ultragauche », facilitant la « banalisation du RN ». Cette convergence tactique entre formations opposées redistribue les lignes de démarcation du paysage politique français, transformant un drame en opportunité stratégique.

Gauche Fragmentée : Hollande Rompt, Doucet Temporise
Cette redistribution des équilibres politiques provoque des ruptures au sein même de la gauche. François Hollande, député socialiste de Corrèze, a tranché le 18 février sur BFMTV : « la relation avec LFI est rompue ». L’ancien président, élu en 2024 sous la bannière du Nouveau Front populaire, estime que La France insoumise « a manqué à ses engagements ». Il exclut toute alliance pour les prochaines échéances et juge que Jean-Luc Mélenchon ne devrait pas figurer au second tour de la prochaine présidentielle.
Cette position de rupture recueille l’assentiment de 70% des Français selon le sondage. Les sympathisants socialistes l’approuvent massivement à 88%, révélant une fracture nette avec le reste de la coalition de gauche, plus divisée sur la question.
Sur le terrain lyonnais pourtant, le pragmatisme électoral l’emporte sur les considérations idéologiques. Le maire écologiste Grégory Doucet s’est déclaré prêt le 24 février à « travailler » avec sa rivale insoumise Anaïs Belouassa Cherifi pour le second tour des municipales. Cette alliance reste toutefois conditionnée : pas de désarmement de la police municipale, exclusion de toute personne « impliquée dans des violences ». Une ligne rouge qui témoigne des tensions persistantes, même lorsque la nécessité électorale impose des compromis tactiques.

Impact Électoral Et Recomposition Des Alliances Municipales
Ces tensions se traduisent par une absence de consensus stratégique face aux prochaines échéances électorales. L’affaire Deranque a détérioré l’image de LFI pour 44% des Français, tandis que 52% estiment que cela n’a rien changé. La dégradation touche particulièrement les électeurs d’Ensemble et du RN, mais aussi près d’un électeur du Nouveau Front populaire sur quatre et quatre sympathisants socialistes sur dix.
Sur les municipales, les Français se divisent : 21% privilégient un accord excluant LFI, 15% une alliance l’incluant, 36% rejettent tout accord et 28% ne se prononcent pas. Au sein même du NFP, les positions divergent radicalement. Une majorité d’électeurs de la coalition (52%) souhaite un accord intégrant La France insoumise, contre 33% favorables à une alliance sans ce mouvement et 7% opposés à tout rapprochement.
Les sympathisants socialistes affichent une ligne inverse : 72% privilégient un accord excluant LFI. Cette fracture stratégique illustre la difficulté de la gauche à construire une unité électorale durable. Entre rupture assumée et pragmatisme local, les formations progressistes naviguent désormais dans un paysage politique profondément reconfiguré, où les alliances traditionnelles ne répondent plus aux nouvelles attentes de leur électorat.










