
Une Pratique Controversée En Déclin
Cette tragédie ravive le débat sur l’avenir de la tauromachie en Espagne. Le pays organise encore environ 1.500 corridas par an, souvent programmées lors des fêtes religieuses, mais les chiffres gouvernementaux confirment un déclin progressif de cette tradition séculaire.
La mort de Ricardo Ortiz rappelle celle de Víctor Barrio, dernier torero professionnel tué en arène en 2016 à Teruel. Huit ans séparent ces deux drames, témoignant de la rareté relative de tels accidents mortels dans le cadre des spectacles eux-mêmes. Mais l’incident de Malaga souligne que le danger ne se limite pas au face-à-face public : les coulisses, le déchargement, la manipulation quotidienne des animaux comportent aussi des risques létaux.
Le clivage sociétal reste profond. Les opposants dénoncent la barbarie d’une pratique qu’ils jugent anachronique, tandis que ses défenseurs revendiquent un art ancestral profondément ancré dans l’identité nationale. Entre ces deux visions inconciliables, les arènes se vident progressivement, les nouvelles générations se détournent d’un spectacle qui peine à justifier sa place dans l’Espagne contemporaine.
La « Corrida Picassiana » aura finalement lieu ce samedi saint, mais elle portera désormais le poids d’un deuil qui dépasse la seule communauté tauromachique.

