📌 Décès d’un nourrisson : enquête ouverte sur les laits Nestlé rappelés dans 60 pays pour contamination bactérienne

Posted 22 janvier 2026 by: Admin

Le Drame Qui Déclenche L’Enquête
Le Centre de crises sanitaires a confirmé mardi le décès d’un nourrisson ayant consommé du lait infantile produit par Nestlé. Cette révélation, relayée par Radio France et Ouest France, marque un tournant dans la crise sanitaire qui secoue le géant suisse de l’agroalimentaire depuis plusieurs semaines.
« Un signalement, c’est-à-dire une situation grave qui nécessite des investigations épidémiologiques, a été remonté auprès de la Direction générale de la Santé et concerne le décès d’un nourrisson », précise le service dépendant du ministère de la Santé. Cette déclaration déclenche immédiatement une investigation épidémiologique et alimentaire d’envergure pour établir les circonstances exactes du drame.
Les autorités sanitaires françaises restent toutefois prudentes dans leurs conclusions. « L’imputabilité de ce décès avec la consommation du produit incriminé dans le rappel n’est pas établie à ce stade », souligne le Centre de crises sanitaires. Cette réserve méthodologique n’empêche pas l’ouverture d’une enquête approfondie visant à déterminer si un lien de causalité existe entre la consommation du lait infantile et le décès du bébé.
À ce jour, il s’agit du seul signalement grave transmis aux autorités depuis le début de la campagne de rappel qui touche les marques Guigoz et Nidal. Les investigations se poursuivent pour éclaircir les zones d’ombre entourant ce dossier sensible.

Une Contamination Bactérienne À Grande Échelle
Cette tragédie s’inscrit dans un contexte de rappel massif orchestré par Nestlé depuis plusieurs semaines. Les laits infantiles Guigoz et Nidal sont retirés de la vente dans une soixantaine de pays, dont la France, en raison de la présence potentielle de Bacillus cereus, une bactérie susceptible de provoquer des troubles digestifs sévères.
Les risques sanitaires identifiés par les autorités sont multiples : diarrhées, vomissements et complications parfois graves chez les nourrissons. Cette contamination bactérienne expose les plus vulnérables à des pathologies digestives qui peuvent nécessiter une hospitalisation d’urgence.
Face à l’ampleur de la crise, Philipp Navratil, patron de Nestlé, a présenté des excuses publiques mi-janvier. Le géant suisse est accusé par plusieurs ONG d’avoir tardé à réagir face aux premiers signaux d’alerte. « Je tiens à vous rassurer sur le fait qu’aucun cas de maladie liée aux produits touchés n’a été confirmé jusqu’à présent », a déclaré le dirigeant, qualifiant le rappel de mesure « de précaution ».
Cette position officielle contraste avec l’ampleur du dispositif déployé. Un rappel préventif dans soixante pays suggère une contamination industrielle majeure, même en l’absence de cas confirmés. Les parents se retrouvent confrontés à une situation d’incertitude : leurs enfants ont-ils réellement été exposés à un danger sanitaire ou s’agit-il simplement d’une précaution maximale ?

Les Témoignages Alarmants Des Familles
Cette incertitude se dissipe brutalement pour certains parents lorsqu’ils découvrent que les symptômes de leur enfant coïncident avec la consommation des lots rappelés. Après l’annonce du rappel, les centres antipoison et les agences régionales de santé ont été massivement sollicités par des familles inquiètes.
Sur Radio France, une mère relate l’hospitalisation d’urgence de son bébé de deux mois en décembre. « Fièvre » et « vomissements » obligent une admission aux urgences. Après plusieurs jours d’hospitalisation, le nourrisson regagne le domicile familial, mais les troubles digestifs persistent pendant des semaines.
Ce n’est qu’en janvier, lors de la consultation du site RappelConso, que cette mère réalise que trois boîtes de lait consommées par son enfant figurent sur la liste des produits contaminés. Cette découverte tardive soulève une question troublante : combien de familles ont ignoré pendant des semaines l’origine potentielle des symptômes de leur bébé ?
Ces témoignages révèlent un décalage critique entre l’apparition des premiers cas cliniques et la communication publique du rappel. Des nourrissons ont souffert de complications digestives graves sans que leurs parents ne puissent identifier immédiatement la source du problème. La multiplication des sollicitations auprès des autorités sanitaires suggère que ces situations ne constituent pas des cas isolés, mais reflètent une exposition collective aux produits potentiellement contaminés.

Dispositif D’Urgence Et Réaction De Nestlé
Face à cette multiplication de signalements, le ministère de la Santé appelle sans détour les familles concernées à cesser immédiatement toute consommation des lots listés sur RappelConso. Un numéro vert dédié, le 0800100409, a été mis en place pour orienter les consommateurs inquiets vers le service client de Nestlé.
Cette mobilisation sanitaire contraste avec la position officielle du groupe suisse. Sollicité mardi par l’AFP, Nestlé France affirme n’avoir « pas connaissance de cas avéré de maladie ou décès lié à la consommation de leur lait infantile ». Une déclaration qui entre en tension avec les témoignages recueillis par les centres antipoison et les agences régionales de santé.
Comment expliquer cet écart entre les remontées terrain et la communication du géant agroalimentaire ? Plusieurs hypothèses se dessinent : une sous-notification des cas par les familles auprès de l’industriel, un délai d’investigation qui retarde la confirmation des liens de causalité, ou une définition restrictive de ce qui constitue un « cas avéré ».
Le dispositif d’urgence déployé par les autorités françaises témoigne néanmoins de la gravité de la situation. Alors que Nestlé maintient sa ligne défensive en l’absence de preuves formelles, les investigations épidémiologiques se poursuivent pour établir définitivement si la bactérie Bacillus cereus a effectivement causé des dommages sanitaires. Cette enquête déterminera les responsabilités et pourrait redéfinir les protocoles de surveillance dans l’industrie du lait infantile.










