📌 Delphine Wespiser affirme que le jeûne prolongé détruit les cellules cancéreuses : la polémique sur W9
Posted 24 février 2026 by: Admin

Le Dérapage En Direct : Quand Le Régime Devient Discours Médical
Le plateau de Tout beau, tout neuf sur W9 a connu un glissement troublant ce vendredi 20 février. L’émission devait explorer les raisons de l’échec des régimes. Elle a basculé vers un terrain autrement plus sensible : celui des affirmations médicales non vérifiées.
Delphine Wespiser, de retour dans l’équipe de Cyril Hanouna, a détaillé sa pratique personnelle : une semaine complète de jeûne chaque année. Face au médecin Patrick Martini, qui recommandait un jeûne intermittent de 16 heures, l’ancienne Miss France a défendu une approche radicalement plus longue. Plusieurs jours sans s’alimenter auraient, selon elle, des « effets positifs sur la santé ».
La discussion a rapidement franchi la ligne rouge. De la simple évocation d’une pratique personnelle, la chroniqueuse est passée à des déclarations catégoriques sur les vertus thérapeutiques du jeûne prolongé. Un glissement qui n’a échappé à personne, surtout lorsqu’elle a martelé : « C’est hyper important de dire ça aux gens ».
Le médecin présent sur le plateau préconisait une approche mesurée. Delphine Wespiser, elle, transformait son témoignage en prescription universelle. Ce décalage entre prudence médicale et conviction personnelle affichée comme vérité générale a immédiatement cristallisé l’attention. Et pour cause : les mots qui ont suivi allaient déclencher une polémique d’une tout autre ampleur.

L’Autophagie Miracle : Les Affirmations Qui Choquent
C’est précisément à ce moment que les propos de Delphine Wespiser ont franchi le point de non-retour. L’ancienne Miss France a introduit un concept scientifique détourné de son contexte : l’autophagie. « Après le troisième jour, le corps passe en autophagie. Cela veut dire qu’il va manger et détruire toutes les cellules qui ne sont pas bonnes, les cellules cancéreuses », a-t-elle affirmé sans nuance.
La chroniqueuse a poursuivi avec une explication encore plus tranchée : « À partir de trois jours, le corps comprend qu’il n’aura plus de nourriture de l’extérieur. Et il mange tout ce qui est dégueu. Plus longtemps tu restes sans manger, plus longtemps ça nettoie et peut enlever des maladies ».
Ces déclarations présentent le jeûne prolongé comme un traitement anticancéreux accessible à tous. Aucune source médicale n’est citée. Aucune mise en garde n’accompagne ces affirmations. La formule « hyper important de dire ça aux gens » transforme une conviction personnelle en message de santé publique.
Le vocabulaire employé amplifie le problème : « détruire », « manger », « nettoyer », « enlever des maladies ». Des termes simples qui suggèrent une solution miracle face à des pathologies graves. Cette simplification extrême d’un mécanisme biologique complexe, présentée comme vérité universelle sur un plateau de télévision nationale, a immédiatement déclenché une vague d’indignation. Car au-delà des mots, c’est la responsabilité d’une personnalité publique face à un sujet aussi sensible que le cancer qui était désormais scrutée.

Le Contexte Personnel Qui Interroge
Ces affirmations prennent une dimension particulière à la lumière du combat mené par Roger, le compagnon de Delphine Wespiser. Depuis 18 mois, celui-ci lutte contre un cancer lié au papillomavirus, localisé à la gorge. « Un cancer trop bête qui s’attrape comme un virus », confie-t-elle à Ici-Paris.
L’animatrice a vécu cette épreuve au plus près : « C’était ma deuxième maison puisque j’y étais 12 heures par jour et je dormais là-bas ». Des mois d’hôpital, d’angoisse et d’accompagnement qui ont manifestement marqué sa perception de la maladie et des moyens d’y faire face.
Son témoignage révèle une résilience impressionnante : « Même quand tout le monde pensait que c’était fini, je savais que deux semaines après je l’emmènerais avec moi au Mexique ». Elle assure aujourd’hui que Roger « va bien ».
Ce parcours personnel éclaire sans doute l’origine de ses convictions sur le jeûne et l’autophagie. Face à l’impuissance ressentie durant la maladie d’un proche, certains se tournent vers des approches alternatives. Mais ce contexte, aussi légitime soit-il dans la sphère privée, ne saurait justifier la diffusion de recommandations médicales non sourcées sur un plateau télévisé national.
Car c’est précisément cette frontière entre expérience personnelle et discours public qui a déclenché l’indignation des téléspectateurs et des internautes.

La Déferlante Numérique Et La Question De La Responsabilité
La réaction sur les réseaux sociaux ne s’est pas fait attendre. Dès la diffusion de l’émission, X (ex-Twitter) s’est enflammé avec des centaines de messages dénonçant le danger de tels propos. « Elle est ultra dangereuse votre pote ! », « Elle va nous dire que le jeûne soigne le cancer. C’est très grave de dire ça », « Il faut que quelqu’un la recadre. Qu’elle y croie, soit, mais pas ça à la télé ».
Ces interpellations révèlent une préoccupation centrale : la distinction entre conviction personnelle et discours médiatique. Les internautes ne contestent pas le droit de Delphine Wespiser à pratiquer le jeûne prolongé dans sa vie privée, mais dénoncent la diffusion d’affirmations médicales non vérifiées sur une chaîne nationale.
Certains ont directement alerté l’Arcom, l’autorité de régulation de l’audiovisuel, rappelant le cadre déontologique qui encadre les émissions télévisées. Le sujet du cancer, particulièrement sensible, impose une responsabilité accrue aux animateurs et chroniqueurs. Des milliers de malades et leurs proches regardent ces émissions en quête d’informations fiables.
La polémique soulève une question plus large : jusqu’où va la liberté d’expression des personnalités médiatiques sur des sujets de santé publique ? Entre témoignage personnel et recommandation médicale, la frontière reste floue sur les plateaux de télévision, au risque de brouiller le message auprès du grand public.










