📌 Dépression Leonardo : 3 000 personnes évacuées et 180 litres d’eau par m² en Andalousie, l’Espagne redoute un nouveau drame après les 230 morts de Valence
Posted 4 février 2026 by: Admin

La Dépression Leonardo : Un Phénomène Météorologique « Extraordinaire »
L’Aemet, l’agence météorologique nationale espagnole, ne mâche pas ses mots : les précipitations qui s’abattent ce mercredi sur le sud de l’Espagne sont « extraordinaires ». La dépression Leonardo frappe avec une violence rare, déversant des quantités d’eau considérables sur une région déjà gorgée par les pluies hivernales. À Grazalema, le maire Carlos García témoigne d’une « nuit extrêmement intense » : depuis minuit, 180 litres d’eau par mètre carré se sont déjà abattus sur la commune.
L’alerte rouge, le niveau maximal de vigilance, a été déclenchée dans les zones de Cadix et Ronda. Rubén del Campo, porte-parole de l’Aemet, expose la réalité du danger : « Les sols sont très saturés, les cours d’eau charrient déjà beaucoup d’eau et peuvent connaître des crues très, très importantes ». Le cocktail est explosif. Des terrains imbibés d’eau, incapables d’absorber davantage, couplés à des rivières déjà gonflées, créent les conditions idéales pour des glissements de terrain et des inondations majeures.
Le Portugal voisin n’est pas épargné. L’Institut national de la mer et de l’atmosphère prévoit « des précipitations persistantes et parfois fortes » accompagnées de chutes de neige, de vents violents et d’une forte agitation maritime. La dépression Leonardo ne connaît pas de frontières et menace toute la péninsule ibérique jusqu’à samedi.

Évacuations Massives Et Mesures D’urgence : L’Andalousie Face Au « Pire Des Scénarios »
Face à cette menace imminente, les autorités andalouses ont orchestré une mobilisation sans précédent. 3 000 personnes ont été évacuées par précaution, tandis que la quasi-totalité des écoles régionales ont fermé leurs portes, à l’exception notable de la province d’Almeria, à l’extrémité orientale. Les déplacements sont fortement déconseillés sur l’ensemble du territoire concerné.
Le trafic ferroviaire a été paralysé. La Renfe, opérateur national, a suspendu l’essentiel de ses liaisons en Andalousie, contraignant des milliers de voyageurs à revoir leurs plans. Sur le terrain, l’unité militaire de secours (UME) a été déployée en renfort, prête à intervenir dans les zones les plus vulnérables.
Les services de secours régionaux reconnaissent sans détour la gravité de la situation : « le pire des scénarios envisagés » est en train de se dérouler. Pourtant, ils se veulent rassurants quant à l’efficacité du dispositif préventif mis en place. Juan Manuel Moreno, président de la région, avait d’ailleurs appelé dès mardi à une « extrême prudence », anticipant l’intensité exceptionnelle de Leonardo.
Cette réactivité massive des autorités ne doit rien au hasard. Elle s’inscrit dans une mémoire collective encore vive, marquée par un drame récent qui hante toujours l’Espagne.

Le Spectre Des Inondations D’octobre 2024 : Une Espagne Traumatisée
Cette mobilisation exceptionnelle puise sa source dans un traumatisme encore brûlant. En octobre 2024, des inondations catastrophiques ont frappé la région de Valence, emportant plus de 230 vies. L’Espagne porte encore les stigmates de ce drame, et les autorités ont juré de ne plus jamais laisser la tragédie se répéter.
Le président régional Juan Manuel Moreno en a fait une ligne rouge. Son appel à l’« extrême prudence » lancé dès mardi traduit cette détermination à éviter tout nouveau bilan humain. Chaque évacuation, chaque école fermée, chaque train immobilisé : autant de mesures qui incarnent les leçons tirées de Valence.
Cette vigilance exacerbée s’explique aussi par une réalité climatique implacable. La péninsule ibérique se situe désormais en première ligne du dérèglement climatique. Depuis plusieurs années, le pays enchaîne vagues de chaleur interminables et épisodes pluvieux dévastateurs, dans une alternance aussi brutale qu’imprévisible. Les sols saturés, les cours d’eau déjà en crue : tout concourt à transformer chaque dépression en menace potentiellement mortelle.
Alors que Leonardo déverse ses trombes d’eau sur l’Andalousie, le Portugal voisin n’est pas épargné. Le phénomène franchit les frontières, frappant à un moment particulièrement délicat pour le pays lusitanien.

Le Portugal Également Submergé Avant Son Second Tour Présidentiel
Au Portugal, la dépression Leonardo complique sérieusement le calendrier démocratique. Alors que le pays s’apprête à voter dimanche pour le second tour de l’élection présidentielle, les intempéries bouleversent la vie quotidienne des citoyens. Près de 200 incidents ont été recensés mercredi matin : inondations urbaines, chutes d’arbres, glissements de terrain.
Les régions de Lisbonne et de l’Algarve concentrent l’essentiel des dégâts. L’ensemble du littoral portugais demeure placé en alerte orange, tandis que l’Institut national de la mer et de l’atmosphère (IPMA) prévoit une aggravation dans la nuit de mercredi à jeudi. L’organisme annonce des « précipitations persistantes et parfois fortes », accompagnées de chutes de neige, vents violents et forte agitation maritime.
Le timing ne pourrait être plus critique. Ces intempéries, prévues jusqu’à samedi avec une courte accalmie vendredi, surviennent dans un pays encore convalescent. La dépression Kristin, qui a frappé la semaine dernière, a déjà fait cinq morts et environ 400 blessés. La protection civile ne signale heureusement aucune victime pour le moment, mais l’inquiétude grandit à mesure que Leonardo déploie sa puissance sur la péninsule ibérique. Les électeurs portugais devront affronter les urnes sous des cieux menaçants.










