Gisèle Pelicot poursuit sa prise de parole publique, cette fois autour de sa reconstruction. À 73 ans, celle qui est devenue un symbole de la lutte contre les violences sexuelles raconte l’amour retrouvé, la confiance reconstruite et l’espoir qu’elle veut transmettre.
En bref
- —Gisèle Pelicot a 73 ans
- —Elle a retrouvé l’amour
- —Son procès a marqué la France
Une prise de parole devenue symbole
L’histoire de Gisèle Pelicot a profondément marqué l’opinion publique. Pendant des années, elle a été droguée par son ex-mari, Dominique Pelicot, puis violée alors qu’elle était inconsciente. Les faits ont ensuite été documentés par des vidéos que Dominique Pelicot avait lui-même conservées, permettant à la justice de mesurer l’ampleur du dossier.

Au moment du procès, Gisèle Pelicot a fait un choix rare : renoncer à l’anonymat et accepter que les audiences soient publiques. Ce geste a donné une portée nationale, puis internationale, à une affaire qui aurait pu rester confinée au huis clos judiciaire.
Sa formule, devenue centrale dans le retentissement du dossier, est simple : la honte doit changer de camp. En assumant une parole publique, Gisèle Pelicot a déplacé le regard, non plus vers la victime, mais vers les auteurs et vers les mécanismes de violences sexuelles longtemps passés sous silence.
Au Hay Festival, le récit d’une reconstruction
Après le procès, Gisèle Pelicot a prolongé son témoignage dans un livre, Et la joie de vivre, paru en février 2026. L’ouvrage revient sur l’épreuve traversée, mais aussi sur ce qui a suivi : la possibilité de se relever après une violence extrême.

Elle a présenté ce récit au Hay Festival, au pays de Galles, un rendez-vous littéraire international organisé à Hay-on-Wye. Devant le public, elle n’a pas seulement évoqué les crimes subis : elle a aussi parlé de reconstruction, de sérénité et de la place retrouvée dans sa propre vie.
Selon l’Associated Press, ses mémoires ont été publiés en 22 langues. Cette diffusion illustre la dimension internationale prise par son témoignage, bien au-delà du cadre judiciaire français.
Lors de cette intervention, Gisèle Pelicot était accompagnée de sa fille, Caroline Darian. Elle a souligné sa fierté de partager ce moment avec elle, rappelant le rôle de sa famille dans ce long parcours de parole et de réparation.
Pour comprendre
L’affaire Pelicot a eu un retentissement exceptionnel parce que la victime a accepté que le procès soit public. Ce choix a transformé une procédure criminelle en débat national sur les violences sexuelles, la honte imposée aux victimes et la responsabilité des agresseurs.
L’amour retrouvé à 73 ans
C’est l’un des aspects les plus personnels de sa prise de parole récente : Gisèle Pelicot dit avoir retrouvé l’amour auprès de Jean-Loup Agopian. Elle explique que cette relation l’a elle-même surprise, car elle ne pensait pas pouvoir faire de nouveau confiance à un homme.

« Je ne pensais pas que cela puisse arriver, surtout à mon âge », a-t-elle confié, selon des propos rapportés par La Dépêche et repris dans l’article source. Elle ajoute qu’elle ne voulait pas vraiment « tomber amoureuse », mais que « la vie en a décidé autrement ».
Cette relation n’efface pas ce qu’elle a vécu. Elle s’inscrit plutôt dans le récit d’une reconstruction lente, où la confiance redevient possible sans nier la violence du passé.
Gisèle Pelicot résume cette étape par une phrase forte : « On peut tomber amoureux à tout âge. » Dans son cas, cette affirmation prend un sens particulier, car elle vient après une trahison intime et des violences commises dans un cadre conjugal.


