Un Historique De Dérapages Qui S’Accumule
Ce n’est pas la première fois que Guy Roux choque avec ses déclarations sur le football féminin. En mai 2025, lors du jubilé de Djibril Cissé, l’ancien technicien avait déjà franchi la ligne rouge en qualifiant un match de légendes de « beaucoup plus lent », avant d’ajouter : « on dirait un match de football féminin ». Cette comparaison, perçue comme dégradante, avait déjà suscité des critiques. Moins d’un an après, la récidive est plus frontale encore, avec des propos qui ne laissent aucune place à l’ambiguïté.
À 87 ans, Guy Roux reste une figure historique de l’AJ Auxerre, symbole d’une époque où il a porté le club bourguignon au sommet du football français. Ancien consultant respecté, il incarnait une certaine sagesse du banc. Mais ces deux dérapages successifs révèlent un pattern inquiétant : une vision du football figée dans un temps où les femmes n’avaient pas leur place sur les terrains. Ce qui était autrefois considéré comme de simples « sorties maladroites » devient aujourd’hui une tendance préoccupante, symptôme d’un mépris assumé envers les footballeuses.
Le contraste est saisissant entre l’héritage sportif de l’entraîneur et ces déclarations qui entachent sa réputation. Chaque nouvelle sortie alimente un peu plus l’incompréhension d’un public qui peine à concilier la légende du banc avec ces propos d’un autre âge.

Vague D’Indignation Et Contexte Explosif Dans Le Football Français
Les déclarations de Guy Roux ont provoqué une déferlante de réactions sur les réseaux sociaux, où des milliers de messages dénoncent une vision « rétrograde » et « humiliante » des femmes. Mais la polémique prend une dimension encore plus explosive en raison de son timing : elle survient au moment précis où Daniel Bravo, consultant de beIN Sports, vient d’être suspendu pour des propos sexistes visant l’internationale française Gaëtane Thiney. Cette coïncidence troublante donne l’impression d’une série de dérapages coordonnés, révélant un malaise profond dans le milieu du football français.
En l’espace de quelques semaines, deux figures médiatiques ont publiquement dénigré le foot féminin, créant un climat délétère qui interroge sur la persistance du sexisme dans le sport le plus populaire de France. Sur Twitter et Instagram, supporters et journalistes dénoncent un « problème systémique » qui dépasse les individus. Comment expliquer que des professionnels respectés tiennent encore de tels propos en 2026, alors que la FFF affirme vouloir promouvoir le football féminin à tous les niveaux ?
Pour de nombreux observateurs, ces affaires successives ne sont pas des incidents isolés mais le symptôme d’une culture qui peine à accepter la légitimité des femmes sur les terrains. L’indignation grandit d’autant plus que ces paroles surviennent pendant que les joueuses, elles, continuent de performer et de prouver leur niveau.

