📌 Jordan Bardella et les casiers judiciaires : « Le B3 ne liste que les crimes de plus de deux ans ferme », sa clarification après la polémique

Posted 14 janvier 2026 by: Admin
Les Déclarations De Soutien À Marine Le Pen : Un Positionnement Stratégique
Le procès en appel de Marine Le Pen dans l’affaire des assistants parlementaires européens a révélé une facette stratégique du leadership de Jordan Bardella. Ce mardi 13 janvier 2026, à la veille de l’audience, le président du RN a affiché son « soutien total » à celle qu’il présente comme son mentor, condamnée en novembre 2024 pour détournement de fonds publics.
Face aux journalistes, Bardella a soigneusement esquivé toute ambition présidentielle directe. « Je ne suis pas candidat à l’élection présidentielle », a-t-il martelé. Pourtant, son discours trahit une inquiétude stratégique : une peine d’inéligibilité contre Marine Le Pen serait « profondément inquiétante pour la démocratie », selon ses termes rapportés par Le Monde.
Ce positionnement calculé entre fidélité affichée et préservation d’options futures illustre l’équilibre délicat du jeune président du RN. En brandissant l’argument démocratique plutôt que la défense judiciaire, il se place en gardien des institutions tout en maintenant une loyauté indéfectible à la figure tutélaire du parti. Une posture qui n’a pas échappé aux observateurs politiques, d’autant que ses propres déclarations sur les casiers judiciaires allaient bientôt le rattraper.
Le Revirement Sur Le Casier Judiciaire : Quand Les Propos Choquent
Quelques semaines avant son soutien affiché à Marine Le Pen, Jordan Bardella s’était pourtant montré inflexible sur les condamnations judiciaires. En novembre 2024, sur le plateau de BFMTV, il avait déclaré sans ambiguïté qu’« une personne condamnée en justice ne pouvait se présenter sous l’étiquette du Rassemblement National ». Une position radicale qui résonnait alors comme un avertissement direct adressé à son propre camp.
La réaction ne s’est pas fait attendre. Face à l’ampleur de la polémique, le président du RN a dû clarifier ses propos quelques jours plus tard dans Les Grandes Gueules sur RMC. C’est lors de cette intervention qu’il a lâché cet aveu révélateur : « Je ne pensais pas que ça allait choquer et déclencher trois jours de polémique ». Une reconnaissance rare de maladresse communicationnelle pour celui qui incarne pourtant la nouvelle génération du parti.
Ce rétropédalage médiatique illustre les tensions internes du RN face à ses contradictions. Entre discours de fermeté judiciaire et protection des cadres historiques, Bardella a découvert les limites d’une doctrine trop stricte. Sa tentative de nuancer son propos en évoquant les subtilités juridiques du casier B3 n’a que partiellement éteint la controverse, laissant planer des questions sur la cohérence de la ligne du parti face aux affaires judiciaires.
Les Subtilités Du Casier Judiciaire B3 : L’Explication Technique
C’est précisément pour justifier ce virage que Jordan Bardella a dégainé son argumentaire juridique. « Quand on veut être parlementaire, il faut un casier judiciaire vierge », a-t-il martelé sur RMC, avant d’apporter une précision capitale : « Et au RN depuis très longtemps, on demande un casier judiciaire pour quelqu’un voulant être candidat à une élection ».
La nuance réside dans le type de casier consulté. Le président du RN a révélé que l’exigence du parti porte exclusivement sur le casier judiciaire B3, celui accessible aux administrations et employeurs. « Sauf que le casier judiciaire auquel vous avez accès, c’est le B3, celui des crimes et délits condamnables à des peines de prison ferme de plus de 2 ans », a-t-il détaillé. Une distinction technique qui change la donne : toutes les condamnations n’y figurent pas automatiquement.
Cette argumentation permet au RN de maintenir officiellement son exigence de « casier vierge » tout en ménageant une marge d’interprétation pour certains cas. Selon cette logique, une éventuelle condamnation de Marine Le Pen, si elle reste en dessous du seuil des deux ans ferme, ne constituerait pas un obstacle réglementaire. Une gymnastique juridique qui laisse entrevoir la volonté du parti de protéger sa figure historique tout en préservant l’apparence d’une doctrine intransigeante.
Le Cas Frédéric Boccaletti : La Doctrine Du Droit À La Rédemption
Cette marge d’interprétation n’a pas tardé à être mise à l’épreuve avec le cas de Frédéric Boccaletti. Le député RN du Var traîne dans son passé une condamnation autrement plus lourde : un an de prison dont six mois ferme pour violences en réunion en 2000, avec quatre mois d’incarcération effectifs avant une libération pour raisons médicales.
Face aux questions sur cette situation embarrassante, Jordan Bardella a dégainé une défense inattendue. « Il a été mis au ban du parti politique il y a 25 ans pendant 10 ans », a-t-il rappelé, avant d’invoquer un principe de réhabilitation : « On a aussi le droit, lorsqu’on a passé sa peine, de passer à autre chose ». Le président du RN a même élevé le débat en affirmant que « la cour suprême dans une démocratie, c’est le peuple français », transférant ainsi le jugement final aux électeurs plutôt qu’aux instances judiciaires.
Cette philosophie de la seconde chance révèle une doctrine à géométrie variable. Jordan Bardella a pris soin de tracer une ligne de démarcation : « Il est normal qu’on vérifie que vous n’ayez pas commis un braquage, un vol ou une agression ». Un argument qui soulève pourtant une contradiction flagrante, puisque Boccaletti a précisément été condamné pour des violences. L’indulgence affichée contraste singulièrement avec la fermeté proclamée, suggérant que la rigueur du RN s’applique différemment selon les profils concernés.










