📌 Karine Le Marchand : des propos sur les minorités dans le RER provoquent une saisine de l’Arcom par des députés
Posted 10 février 2026 by: Admin

Le Dérapage Télévisé Qui Enflamme Les Réseaux Sociaux
Lundi 9 février 2026, Karine Le Marchand provoque une onde de choc médiatique. Invitée sur le plateau de CNews face à Pascal Praud pour promouvoir son documentaire Les nouveaux Français, 100 ans d’immigration, l’animatrice vedette de M6 tient des propos qui embrasent instantanément les réseaux sociaux. La séquence, captée et diffusée en quelques heures sur Twitter, suscite une polémique d’ampleur nationale.
Le contexte rend le dérapage d’autant plus paradoxal : venue défendre un documentaire consacré à l’histoire de l’immigration en France, Karine Le Marchand partage un souvenir personnel qui détonne radicalement avec l’objectif promotionnel de sa venue. Face à Pascal Praud, elle évoque une anecdote marquante de son arrivée à Paris depuis Nancy, sa ville natale où elle a grandi.
La viralité de l’extrait témoigne d’un malaise collectif. En quelques heures, la vidéo circule massivement, accompagnée de commentaires indignés et d’analyses critiques. Ce qui devait être une opération de communication classique pour promouvoir un documentaire se transforme en crise médiatique majeure, plaçant l’animatrice au cœur d’une controverse sur la perception de l’altérité et les représentations raciales dans l’espace public français.

Les Propos Qui Ont Choqué : Retour Sur Une Anecdote Personnelle Controversée
Ce qui déclenche l’indignation, ce sont les mots précis prononcés par Karine Le Marchand. Face caméra, l’animatrice raconte son arrivée à la station Châtelet : « Je me souviens, j’étais à Châtelet, vous avez vu ma tête, j’ai vu le RER arriver et j’ai vu tous ces noirs et tous ces musulmans, ces Arabes, enfin ces gens qui avaient des têtes que je n’avais pas l’habitude de voir ».
Le récit se poursuit avec un aveu troublant : « Je n’ai pas pu m’empêcher d’avoir eu un peu peur. Et puis, j’ai vite pris l’habitude et je n’ai plus eu peur des gens qui avaient des têtes étrangères ». Cette confession d’une peur spontanée face à des apparences physiques différentes cristallise immédiatement les critiques. L’emploi des termes « noirs », « musulmans », « Arabes » dans une même énumération amalgame origines, couleurs de peau et religions.
Karine Le Marchand justifie cette réaction par son parcours : à Nancy, elle affirme avoir été « la seule de mon école avec ma sœur à avoir cette tête-là », évoquant sa propre apparence métissée. Ce contraste entre son enfance nancéienne et sa découverte du métro parisien constitue le cœur de son anecdote, mais la formulation employée soulève des questions sur les stéréotypes raciaux véhiculés, même involontairement. L’expression « têtes étrangères » résonne comme une réduction de l’identité à l’apparence physique, alimentant la controverse qui enfle déjà sur les plateformes numériques.

Réactions Politiques : L’Arcom Saisie Par Plusieurs Députés
La diffusion de l’extrait sur les réseaux sociaux provoque une réaction politique immédiate. Dès le lendemain, plusieurs députés annoncent avoir saisi l’Arcom, l’autorité de régulation de la communication audiovisuelle. Ersilia Soudais, députée de la France Insoumise, publie sur X : « Propos racistes de Karine Le Marchand, accueillis par des rires complices. Est-on surpris de cet énième dérapage sur CNews ? Je saisis l’Arcom ».
Léa Balage El Mariky, députée écologiste, emboîte le pas et confirme également avoir déclenché la procédure officielle. La qualification de « propos racistes » ne laisse aucune ambiguïté sur l’interprétation des élues. La mention des « rires complices » vise directement l’attitude du plateau, suggérant une complaisance face aux déclarations de l’animatrice.
Cette escalade institutionnelle transforme un incident télévisuel en affaire politique. L’expression « énième dérapage sur CNews » inscrit l’événement dans une série supposée de controverses similaires, ciblant autant la chaîne que son invitée. La saisine de l’Arcom enclenche désormais un examen formel des propos tenus, avec d’éventuelles sanctions à la clé. La machine régulatrice est en marche, tandis que Pascal Praud s’apprête à justifier sa gestion de la séquence.

La Défense De Pascal Praud : Entre Reconnaissance Partielle Et Relativisation
Confronté à la polémique, Pascal Praud reconnaît un point « contestable » dans les propos de son invitée. Selon TV Magazine, le présentateur admet que l’utilisation du mot « musulman » n’est « pas juste ». « On ne voit pas un musulman, comme on ne voit pas un chrétien non plus. Ce n’est pas inscrit sur le front », argumente-t-il, établissant une distinction sémantique pour circonscrire la maladresse.
Mais le journaliste refuse d’y voir un discours raciste. « Elle dit « j’ai peur », et moi j’ai interprété qu’elle jouait. Elle n’a pas peur, c’est une formule de style, elle met en scène ce moment », affirme-t-il. Cette théorie de la « mise en scène narrative » vise à dédramatiser l’incident en le requalifiant comme procédé rhétorique. Praud insiste : « Si vous prenez ça au premier degré, elle n’a pas eu peur de voir des noirs dans le RER, je ne pense pas que ce soit ça ».
Le présentateur accepte néanmoins l’éventualité d’une intervention de l’Arcom, déclarant : « Je l’ai laissé dire ce qu’elle avait à dire. On peut considérer que l’Arcom va intervenir, pourquoi pas ». Cette concession minimale n’empêche pas sa défense d’opposer interprétation littérale et intention supposée, un argument qui peine à convaincre ceux qui ont saisi l’autorité de régulation.










