Les matins de semaine, je n’ai pas envie de réfléchir. Je veux quelque chose de simple, rapide, et qui me donne l’impression de prendre soin de moi sans me prendre la tête. Ce jus corossol-goyave-tomate, c’est exactement ça.

Dans le verre, c’est un rose-orangé profond, presque corail, avec une texture légèrement épaisse qui colle un peu aux parois quand tu le penches. Ça sent le tropical immédiatement — le corossol apporte une douceur laiteuse, la goyave une note acidulée presque florale, et la tomate ancre tout ça dans quelque chose de plus rond, plus terreux. Le premier gorgé surprend. Après le troisième, tu te demandes pourquoi tu ne l’avais pas fait avant.
Pourquoi vous allez adorer cette recette
Les ingrédients en détail

Corossol, goyave, tomates et un filet de citron : des fruits simples qui font du bien quand on les combine.
- Le corossol : C’est le cœur de la recette. Tu le reconnais à sa peau verte épaisse couverte de petites épines molles. La chair est blanche, fibreuse, gorgée d’eau — avec un parfum qui rappelle à la fois l’ananas et la vanille. Choisis-le mou sous les doigts, comme une poire trop mûre. S’il est encore ferme, laisse-le deux ou trois jours à température ambiante. Dans les épiceries antillaises ou asiatiques, tu le trouves souvent en morceaux congelés — ça marche très bien pour ce jus.
- La goyave : Prends-la bien mûre — jaune tirant vers le rose, avec une légère pression qui cède sous les doigts. La chair rouge à l’intérieur colore le jus d’un rose plus profond. Si tu n’en trouves pas de fraîche, le jus de goyave pur sans sucre ajouté est un remplacement honnête — deux bouchons suffisent.
- Les tomates : Pas besoin de tomates fancy ici. Des tomates rondes bien mûres du marché, c’est parfait. L’important c’est qu’elles soient vraiment rouges jusqu’au cœur et qu’elles sentent quelque chose. Une tomate sans odeur ne donnera rien de bon dans ce jus. En hiver, la tomate pelée en boîte sans sel ajouté est une alternative tout à fait correcte.
- Le citron ou le miel (en option) : Le citron est mon choix par défaut — quelques gouttes seulement, ça réveille tout et équilibre le côté sucré du corossol. Le miel, c’est pour les matins où tu veux quelque chose de plus enveloppant. Toutes fleurs, acacia, peu importe — une petite cuillère suffit, pas plus.
Pourquoi je ne commence plus ma journée sans ce verre
Il y a des matins où tout va trop vite. Le café est encore chaud, les enfants sont déjà en retard, et manger quelque chose de correct semble impossible. C’est là que ce jus a changé mes habitudes. Pas de vaisselle compliquée, pas de technique à maîtriser. La texture est plus épaisse qu’un jus industriel — presque veloutée — et cette densité-là, ça cale vraiment. Le corossol, surtout, a quelque chose de crémeux une fois mixé, qui donne au jus une consistance proche d’un smoothie léger. Tu n’as pas faim pendant deux heures.

La partie que tout le monde rate : préparer le corossol
Le corossol, c’est le plus intimidant des trois. La peau est épaisse et couverte d’excroissances, et la chair est très fibreuse — pleine de grosses graines noires qu’il faut absolument retirer avant de mixer. Si tu en laisses une seule, elle libère un goût amer que tu sentiras directement. Prends le temps de passer les doigts dans la chair blanche, de déchirer les fibres à la main plutôt que de tout couper au couteau — tu repères mieux les graines comme ça. La chair a une texture humide, un peu cotonneuse, qui colle légèrement aux doigts. Une fois dans le blender, tout ça devient lisse en quinze secondes.
L’ordre dans le blender — ça change vraiment quelque chose
Commence par les tomates. Elles sont les plus aqueuses et elles font office de base liquide qui aide le blender à démarrer sans effort. Ajoute ensuite la goyave — si elle est très mûre, elle se décompose presque toute seule. Le corossol en dernier, avec le verre d’eau. Lance à vitesse maximale une bonne dizaine de secondes. Le son passe d’un bruit de cailloux broyés à un ronronnement lisse et régulier — c’est le signal que c’est prêt. Si la texture te semble trop épaisse, ajoute un filet d’eau. Si elle est trop liquide, tu avais une goyave particulièrement juteuse. Ce n’est pas grave.
Les variantes que j’ai testées (et ce qui ne marche pas)
En été, quelques glaçons avant de mixer donnent une boisson presque frappée, très agréable quand il fait chaud. Une pointe de gingembre râpé — vraiment une pointe — apporte un côté légèrement piquant qui réveille bien le palais. Ce qui ne marche pas, en revanche : le lait ou les laits végétaux. La tomate tourne et la texture devient étrange, granuleuse, peu ragoûtante. Reste sur l’eau ou, si tu veux quelque chose de plus festif, un peu de jus d’orange fraîchement pressé à la place de l’eau — c’est plus sucré, mais ça fonctionne.

Conseils & astuces
- Bois-le dans les vingt minutes qui suivent le mixage — après, la couleur s’oxyde et vire au brun-rouille, ce qui ne change pas vraiment le goût mais décourage un peu à regarder.
- Si le corossol congelé est tout ce que tu trouves, laisse-le dégeler la veille au soir dans un bol au frigo — il rendra un peu d’eau, la saveur reste intacte et le mixage est encore plus facile.
- Filtre le jus dans une passoire fine si tu veux quelque chose de plus lisse — les fibres du corossol laissent parfois des petits morceaux qui dérangent certaines personnes.

Où trouver du corossol en France ?
Le corossol frais se trouve principalement dans les épiceries antillaises, africaines ou asiatiques dans les grandes villes. En dehors de ces enseignes, cherche en rayon surgelé sous le nom ‘guanábana’ ou ‘soursop’ — la version congelée fonctionne très bien pour ce jus et est souvent plus facile à travailler.
Combien de temps se conserve ce jus au réfrigérateur ?
Quatre à cinq heures maximum dans un bocal hermétique bien fermé. Au-delà, il s’oxyde et la couleur vire au brun. Si tu le prépares la veille, c’est limite — remue bien avant de boire et ne t’attends pas à retrouver exactement la même couleur qu’au mixage.
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