📌 Manon disparue, son compagnon en fuite en Algérie avec leur bébé : un féminicide redouté en Loire-Atlantique
Posted 20 avril 2026 by: Admin
Depuis la fin du mois de mars, Manon Relandeau, 31 ans, éleveuse à Saint-Étienne-de-Montluc en Loire-Atlantique, n’a plus donné signe de vie. Le lendemain de sa disparition présumée, son compagnon a pris la fuite vers l’Algérie en emmenant leur fille Inaya, âgée de 15 mois. Le parquet de Nantes a ouvert une enquête pour meurtre par conjoint et enlèvement de mineur, plaçant la thèse du féminicide au premier plan.
En bref
- —Manon Relandeau, 31 ans, sans nouvelles depuis fin mars
- —Son compagnon a fui en Algérie avec leur bébé de 15 mois
- —Enquête pour meurtre ouverte, corps toujours introuvable
Une disparition alarmante, une enquête pour meurtre
C’est le vendredi 3 avril, à la veille du week-end de Pâques, que des proches de Manon Relandeau ont donné l’alerte. Cela faisait déjà plusieurs jours qu’ils n’avaient plus aucune nouvelle d’elle, son silence s’étendant depuis la fin du mois de mars — une absence qu’aucun de ceux qui la connaissaient ne s’expliquait.

Dès l’ouverture de l’enquête, les gendarmes ont déployé un dispositif conséquent : surveillance héliportée sur la commune et ses alentours, scellés apposés sur le domicile familial. Malgré ces moyens engagés, le corps de la jeune femme n’a pas été retrouvé à ce jour, tout comme le suspect.
Le procureur de la République de Nantes, Antoine Leroy, a confirmé le 20 avril l’ouverture d’une instruction pour meurtre par conjoint et enlèvement de mineur. L’hypothèse du meurtre de Manon, suivie d’une fuite organisée de son compagnon, est la piste privilégiée par les enquêteurs.
Portrait d’une femme de terrain, que rien n’aurait fait partir
Originaire de Chantonnay, en Vendée, Manon Relandeau s’était installée depuis trois ans à Saint-Étienne-de-Montluc. Elle y gérait une pension équestre et élevait des vaches nantaises, une race locale emblématique. Pour ses voisins, c’était une jeune femme discrète, souriante, profondément attachée à sa terre et à ses bêtes.

Dans le village, les témoignages convergent : on la décrit comme une « bosseuse » qui vouait une passion entière à ses animaux. « Elle n’aurait jamais abandonné ses chevaux », confie un proche — une phrase qui résume à elle seule l’incompréhension générale face à son silence soudain et total. C’est précisément ce détail qui a convaincu ses proches d’alerter les autorités.
Depuis l’annonce de l’enquête, la discrétion règne dans la commune. Interrogés par les journalistes, les habitants se montrent peu diserts. « C’est déjà assez grave, on ne dira rien », a simplement répondu l’un d’eux, témoignant d’une communauté sous le choc.
Le compagnon en fuite en Algérie : une traque aux obstacles diplomatiques
La veille du signalement, le 2 avril, le compagnon de Manon — un homme de 41 ans — a embarqué à l’aéroport de Nantes à destination de l’Algérie, emportant avec lui la petite Inaya. Selon les éléments recueillis par l’enquête, il aurait depuis lors contacté plusieurs personnes sans jamais révéler sa localisation précise.

La traque du suspect se heurte à un obstacle de taille : l’Algérie ne procède pas à l’extradition de ses ressortissants vers des pays étrangers. Les enquêteurs doivent donc s’appuyer sur des canaux de coopération judiciaire internationale, souvent longs et soumis à la volonté diplomatique des deux parties. Une contrainte qui place les autorités françaises dans une position d’attente inconfortable.
La petite Inaya, 15 mois, est elle aussi au cœur des recherches. Dans le cadre de l’enquête pour enlèvement de mineur, son sort préoccupe autant les enquêteurs que celui de sa mère. À ce stade, aucune information publique ne permet de préciser les conditions dans lesquelles l’enfant se trouve.
L’extradition, un obstacle juridique majeur
L’Algérie ne procède pas à l’extradition de ses propres ressortissants, en application d’un principe partagé par de nombreux États. Lorsqu’un ressortissant algérien soupçonné de crime se réfugie en Algérie, la France ne peut que solliciter une coopération judiciaire bilatérale, sans pouvoir contraindre Alger à livrer le suspect. L’issue dépend alors de négociations diplomatiques dont le calendrier échappe entièrement aux enquêteurs.
Une série noire : quand les féminicides se terminent en fugues à l’étranger
L’affaire de Saint-Étienne-de-Montluc n’est pas isolée. En mars 2026, la France a été secouée par le dossier des disparues de l’Aveyron : Audrey et Angela, l’ex-femme et la compagne de Cédric Prizzon, ancien policier, ont été retrouvées mortes au Portugal. Prizzon avait organisé sa fuite à l’étranger avec ses enfants avant d’être finalement interpellé. Selon les enquêteurs, il aurait contraint son fils de 12 ans à monter la garde pendant qu’il dissimulait les corps.

Ces affaires ravivant également le souvenir de l’affaire Xavier Dupont de Ligonnès, qui remonte à tout juste quinze ans. Ce père de famille nantais, soupçonné du meurtre de son épouse et de ses quatre enfants, n’a jamais été retrouvé et demeure introuvable à ce jour — un cas qui a profondément marqué l’inconscient collectif français.
Au-delà des coïncidences, ces dossiers posent une question de fond : celle de la capacité des institutions à protéger les femmes menacées avant qu’il ne soit trop tard, et à interpeller des suspects qui ont eu le temps d’organiser leur fuite hors de portée. Un débat que ces affaires successives ne manqueront pas de relancer.
Trois semaines après la disparition de Manon Relandeau, les enquêteurs se trouvent face à une impasse provisoire : pas de corps retrouvé, un suspect hors de portée, et une enfant de 15 mois dont le sort demeure inconnu. Si la thèse du féminicide est aujourd’hui la plus sérieusement envisagée par le parquet de Nantes, seul l’aboutissement de l’enquête permettra d’établir la vérité. Survenant quelques semaines à peine après le dénouement tragique de l’affaire des disparues de l’Aveyron, ce dossier rappelle avec une brutalité renouvelée que les violences conjugales mortelles ignorent les frontières. Les défis judiciaires et diplomatiques qui attendent les autorités françaises constitueront autant d’épreuves pour la capacité de la France à obtenir justice, même au-delà de ses propres frontières.










